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Malcolm Middleton

A Sleight Of Heart

Malcolm Middleton - A Sleight Of Heart
Chronique Album
Date de sortie : 03.03.2008
Label : Full Time Hobby/PIAS France
35
Rédigé par Kris, le 16 mars 2008
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Le chassé-croisé entre les deux ex-protagonistes d’Arab Strap continue de nouveau cette année avec les poursuites des carrières solo, à quelques mois d’intervalle encore une fois, d’Aidan John Moffat et Malcolm Middleton. Généralement dans l’ombre de son compère, l’an dernier, Middleton avait enfin pris les devants avec un bel album aux variétés étincelantes sur A Brighter Beat. Cette année, tandis que Moffat laisse de côté ses expérimentations avec L. Pierre pour un album concept, Middleton ne dévie que de peu de ses directions initiales. Malcolm joue de la pop-rock, joue de la folk, et le fait généralement assez bien.

Plus friand sur les déviations, cela permet néanmoins à l’Ecossais de définir ses priorités, ses thèmes, ses ambiances sonores selon la même idée directrice. Et s’il demeure une constante inextricable dans l’œuvre de Middleton, c’est son mal-être maladif. L’introspection est sa marque de fabrique, l'auto-dépréciation, sa texture intrinsèque. Cependant, Middleton ne capte que trop bien les vicissitudes de la vie pour la dépeindre ainsi au sein de ses chansons. Avec une robe légère et aux teintes mélancoliques, il parvient sur ce Sleight Of Heart à rendre plus légers les péripéties de son cœur.

Si son précédent album bénéficiait de compositions enjouées, rythmées et finalement très rock, ce Sleight Of Heart (« agilité du cœur ») porte bien son nom en imposant des rythmes fallacieusement retenus lorsque les thèmes s’emportent, ou lorsque les doigts de Middleton s’enjouent tandis que sa tête est au ralenti et se projette au passé, sur les regrets. Plus épuré et plus sobre, la musique de Middleton se contente la majeure partie du temps de sa guitare acoustique et de sa voix de baroudeur désabusé, avec uniquement ce qu’il faut d’emphase accompagnatrice. Qu’ils s’agissent de petite chanson guillerette comme "Week Off", ou de belle ballade plaintive comme "Total Belief" ou l’épique "Love Comes In Waves" aux allures de Bright Eyes, les mouvements sont généreux et n’évoluent pas en cercles fermés, et permettent au dolent guitariste d’extrapoler ses tergiversations existentialistes aux oreilles du monde.

Middleton souhaite également montrer que ses états d’âmes sont communs, pour pouvoir partager son fardeau. Reprenant ainsi des titres proches de son répertoire à son propre compte, tel que "Merguerita Red" de King Creosote et "Just Like Anything" de Jackson C. Frank, mais surtout le "Stay" de Madonna décarcassé de son lest eighties, Middleton montre l’universalité de son tourment et continue de transposer son mal-être comme une déclinaison artistique. Il serait bien évidemment pervers et égoïste que de souhaiter à Malcolm Middleton de continuer à puiser dans sa souffrance, bien que les albums en résultant depuis plus de dix ans en groupe ou en solo soient remarquables. Mais l’Ecossais ne doit probablement pas se rendre compte de son rôle en dehors de soi, au-delà de ses chansons. En extériorisant ses sentiments les plus sombres et déprimants, il permet à ceux qui l’écoutent de se libérer de ces émois partagés. En subissant avant les autres et en le relatant dans ses chansons, il se sacrifie à souffrir. Aux yeux du monde, Malcolm Middleton est un artiste. Aux yeux des nôtres, Malcolm Middleton est un martyr.
tracklisting
    01. Week Off
  • 02. Blue Plastic Bags
  • 03. Total Belief
  • 04. Just Like Anything
  • 05. Follow Robin Down
  • 06. Stay
  • 07. Marguerita Red
  • 08. Love Comes In Waves
  • 09. Hey You
titres conseillés
    Blue Plastic Bags, Total Belief, Love Comes In Waves
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