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Chronique Album
Date de sortie : 02.07.2012
Label : Invada Records/Differ-ant
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Rédigé par Maxime Delcourt, le 1er juillet 2012
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Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’avec Geoff Barrow on ne voit pas le temps passer. Lorsqu’on se rappelle que le producteur blond vient de franchir le cap des deux décennies d’activité, difficile de ne pas sursauter.

Il faut dire que le temps n’a que très peu de prise sur le cerveau de Portishead, BEAK> et, depuis peu, Quakers. Celui qui n’a cessé de se réinventer en abordant chaque album avec un état d’esprit totalement neuf avance sans limites - comme si les murs d’un studio ne pouvaient être pour lui qu’étanches et infiniment larges. Si Quakers, dont le formidable premier album est sorti il y a quelques semaines, était un projet de rupture, ce deuxième effort studio de BEAK> semble, lui, viser la réconciliation avec ses œuvres de départ. Car, rassurez-vous, Geoff Barrow reste Geoff Barrow : de ceux qui n’ont pas besoin d’en faire trop, de ces producteurs qui n’ont pas besoin de rajouter moult couches sonores pour appréhender une matière tortueuse et vertigineuse.

Ce qui est formidable dans l’œuvre de ce producteur, c’est que tous ses projets peuvent être reliés. Un lien qui est de l’ordre de la filiation, de la transmission mais aussi de la transformation. En écoutant les albums de BEAK>, on pense désormais à ceux de Portishead et réciproquement. On ne peut dès lors ignorer que le cerveau en érection permanente de Geoff Barrow y est pour beaucoup. Car, la belle idée de ce deuxième album, celle dont il ne déviera jamais, est d’offrir une place à la coïncidence et de rester ouvert à l’inconscient. Et le résultat est surprenant : enregistré en direct, >> est une œuvre qui se fiche de l’erreur, préférant un son épuré à l’extrême plutôt qu’un morceau surproduit.

Malgré son identité complexe et radicale, >> fourmille d’idées artisanales et sobres où le trio (car, oui, BEAK> ne peut décemment se limiter aux multiples idées de l’ex-Portishead) multiplie et règle impeccablement les lignes répétitives, les basses vrombissantes et les nappes synthétiques. Soyons francs : >> n’est pas un album qui s’impose par lui-même, clair, net et précis, mais plutôt que l’on élit pour sa méditation et la recherche musicale dont il fait preuve. Ce qui est sommaire, mais musicalement exact.
Si les sessions studio entamées il y a deux ans étaient, du propre aveu de Geoff Barrow, peu concluantes, en raison d’une atmosphère un poil tendu, il est clair que les dernières entreprises ont mené à des chefs-d‘œuvres de post-punk (Wulfstan II et Spinning Top) qui ont le mérite de ne jamais prendre le genre de haut.

Plutôt qu’un produit soigneusement formaté, BEAK> offrent ici un voyage qu’il est facile d’apprécier pour peu que l’on ne rechigne pas à méditer sur ses rythmes krautrock, lents et rotatifs.
tracklisting
    01. The Gaul
  • 02. Yatton
  • 03. Spinning Top
  • 04. Egg Dog
  • 05. Liar
  • 06. Ladies Mile
  • 07. Wulfstan II
  • 08. Elevator
  • 09. Deserters
  • 10. Kidney
titres conseillés
    The Gaul, Wulfstan II, Spinning Top
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