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Jungle

For Ever

Jungle - For Ever
Chronique Album
Date de sortie : 14.09.2018
Label : XL Recordings
45
Rédigé par Yann Guillo, le 10 septembre 2018
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Avec Heavy California et son vidéo clip jubilatoire, Jungle avaient titillé nos sens. Ils ne nous ont pas déçu en découvrant les rivages gorgés de soleil et soul de ce For Ever, funky en diable.


Avec un Smile introductif et bien nommé, capable de mettre une banane d'enfer à Alain Finkielkraut, s'ouvre une succession d'envolées gospel païennes. D'un coup de potard magique, Jungle ressuscitent la fièvre de la fin des années 1990, où le disco se réinventait à coup de filtres dans tous les clubs de la planète.
Tout est onctueux dans cette jungle hors du temps : les arabesques vocales des chanteurs lead au falsetto omniprésent, les lignes de basses toutes en ondes sensuelles, les claviers vintage, les cocottes de guitare funky, les délicieux chœurs féminins... Chaque note, chaque arrangement, chaque mesure est soigneusement pensé pour être accrocheur et lumineux. Touché.

Mais c'est bien le chant choral de Tom McFarland et Josh Lloyd Watson qui est le point focal de tout l'album. Autour de mélodies finement troussées et entêtantes, le collectif construit des machines à danser supersoniques. On a affaires ici à une sorte de Polyphonic Spree funky cosmique, un Jamiroquai bicéphale qui n'aurait pas oublié son obsession pour Stevie Wonder.

Parmi les plats de résistance, l'excellent et puissant single Heavy California. Plus loin, Casio et ses irrésistibles effluves 80ies, avec un chant parlé/chanté d'une redoutable efficacité rappelant le Metronomy de The English Riviera. Plus loin, la pépite retro-soul Happy Man ressuscite Gnarls Barkley pendant trois minutes et dix secondes. Mais Jungle brillent aussi sur les ballades et mid tempos, comme sur Cherry, plus sombre et introspectif, qui ne perd pourtant jamais son funk. Des titres, légèrement plus expérimentaux, comme House in L.A, Give Over ou Cosurmyne permettent de planer depuis son canapé par-delà des paysages urbains au psychédélisme sombre.

L'album perd légèrement son momentum dans sa deuxième moitié, notamment le temps du fade (More and More) It Ain't Easy qui paraît bien peu inspiré après le feu d'artifice inaugural. For Ever se clôt cependant comme il se doit sur un grand final, avec un Pray roboratif que ses volutes de violons trip-hop portent jusqu'au firmament.

Dans leur ensemble, ces onze titres de For Ever exhalent une insouciance surannée. Comme un rêve d'une époque où faire la fête n'était pas synonyme de fouilles de sécurité, où la 6ème extinction de masse n'avait pas (vraiment) débuté, où les étés à Paris et à Londres n'étaient pas ceux de Phnom Penh et où le Président des États-Unis n'était pas un golfeur peroxydé. Comme le souvenir fugace d'un moment suspendu dans le temps... For Ever.
tracklisting
    01. Smile
  • 02. Heavy, California
  • 03. Beat 54 (All Good Now)
  • 04. Cherry
  • 05. Happy Man
  • 06. Casio
  • 07. Mama Oh No
  • 08. House In LA
  • 09. Give Over
  • 10. Cosurmyne
  • 11. Home
  • 12. (More and More) It Ain't Easy
  • 13. Pray
titres conseillés
    Heavy California, Casio, Cherry, Happy Man
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