Chronique album : New Order - ∑(No,12k,Lg,17Mif) New Order + Liam Gillick : So it goes.. - Sound Of Violence
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New Order

∑(No,12k,Lg,17Mif) New Order + Liam Gillick : So it goes..

New Order - ∑(No,12k,Lg,17Mif) New Order + Liam Gillick : So it goes..
Chronique Album
Date de sortie : 12.07.2019
Label : Mute Records
45
Rédigé par Emmanuel Stranadica, le 7 juillet 2019
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Aussi étonnant que cela puisse paraitre, New Order n'a jamais été un grand groupe de scène. Indéniables artistes en studio, les fausses notes en live et la voix de Barney qui déraille par moments ont probablement contribué à apposer le statut de culte à la bande de Manchester. Et pourtant ce nouveau disque constitue déjà le quatrième album enregistré en public sorti par les Mancuniens depuis 2011. Celui-ci possède cependant quelque chose de vraiment différent des disques précédents. Au-delà d'avoir été enregistré au Manchester International Festival aux Old Granada Studios en 2017, New Order se sont associés à cette occasion à l'artiste Liam Gillick qui a transformé la scène en un environnement immersif musicalement. Accompagné par un ensemble de douze synthétiseurs, les cinq musiciens ont réussi une performance stupéfiante pendant cinq soirs.

Débutant avec le long instrumental Times Change, extrait de Republic, l'album très souvent décrié par les fans, celui-ci donne ainsi le ton via cette intro pour le moins surprenante. Mais nous sommes loin d'être au bout de nos surprises. Si l'excellente Who's Joe inaugure cette fois le set pour de bon, Dream Attack qui lui fait suite est tout simplement sensationnelle. Alors, certes le son de basse de Peter Hook n'est pas celui de Tom Chapman, son successeur. Cependant, on ne perd pas forcément au change. L'imbuvable Hooky parti, le groupe a retrouvé une véritable cohésion et n'a jamais autant tourné. En tout cas, si le légendaire bassiste n'est plus là, l'intro de Disorder n'en demeure pas moins excellente ! Ian Curtis, mort il y a bientôt de cela quarante ans, Bernard Sumner n'a pas non plus le timbre incomparable du leader de Joy Division. Cela s'entend d'ailleurs à la fin de ce morceau où son remplaçant a du mal à monter et rend la fin un peu poussive. A contrario, la rarement jouée en live Ultraviolence est tout bonnement addictive. Pas forcément très simple de lui enchaîner la ténébreuse In A Lonely Place, et pourtant. All Day Long radoucit toutefois un peu l'atmosphère, ce titre n'étant lui non plus souvent interprété en live.

Puis le ton change littéralement. Shellshock, Guilt Is A Useless Emotion et Sub-culture (à l'intro électronique totalement méconnaissable) transforment la salle de concert en véritable dancefloor. Car ce qui caractérise New Order depuis le milieu des années 80, c'est d'avoir bon nombre de leurs morceaux remixés en long, en large et en travers. Bizarre Love Triangle revue et corrigée pour l'occasion permet au public de continuer à se déhancher pendant encore pas loin de six minutes. Mais la remarquable intelligence de ce concert, c'est justement de ne pas avoir sombré dans l'habituelle liste de classiques : la série Bizarre Love Triangle, True Faith, Blue Monday et Love Will Tear Us Apart qui, à la longue, est un peu usée jusqu'à la corde. Au contraire avec Vanishing Point, extraite du toujours impeccable Technique, un sérieux coup de frais est apporté à la setlist. Certes on se serait bien passés de Plastic, seul extrait du tout dernier album studio du groupe, mais ne faisons pas la fine bouche avec l'étonnante dernière partie de concert qui nous attend.

A commencer par la stupéfiante relecture de Your Silent Face. Métamorphosée électroniquement, la chanson conserve un charme fou. Decades quant à elle se trouve divinement remaniée et modernisée. La chanson de Joy Division retentit de manière allégée avec ces longues nappes synthétiques qui lui vont à merveille. Elegia second instrumental du concert, souvent utilisé comme intro, connaît elle aussi une version corrigée avec davantage de synthétiseurs que d'accoutumée. Le final du concert est également mémorable. Joy Division une fois encore à l'honneur avec la dynamique Heart & Soul et l'inattendue face b Behind Closed Doors se glisse en guise de conclusion d'un concert passionnant et réussi. Encore une fois retouchée la version se fait subtile et efficace et permet à New Order d'achever plus d'une heure et trente minutes de concert de la plus belle des manières.

New Order réussissent donc avec brio cette expérience live assez hors du commun. En exhumant certaines chansons enfouies dans les tréfonds de leur discographie depuis belle lurette, les anglais ont rendu la setlist sacrément passionnante. On rêve que les prochaines dates de leur prochaine tournée soient du même acabit !
tracklisting
    01. Times Change
  • 02. Who's Joe
  • 03. Dream Attack
  • 04. Disorder
  • 05. Ultraviolence
  • 06. In A Lonely Place
  • 07. All Day Long
  • 08. Shellshock
  • 09. Guilt Is A Useless Emotion
  • 10. Sub-Culture
  • 11. Bizarre Love Triangle
  • 12. Vanishing Point
  • 13. Plastic
  • 14. Your Silent Face
  • 15. Decades
  • 16. Elegia
  • 17. Heart & Soul
  • 18. Behind Closed Doors
titres conseillés
    Dream Attack - Ultraviolence - Decades
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