A 13h30, la journée commence par une conférence de presse à l'apéro-camping français, animée par Anita Foldes. Les cinq invités ont des rôles différents et complémentaires sur le site du Sziget :
- András Derdák, organisateur de l'Apéro Camping
- András Berta, directeur international du Sziget (promotion, marketing)
- Dániel Benis, responsable technique (scène, camping, l'éclairage de forêt)
- Dr. Géza Szeles, médecin responsable du Medical Center du Sziget
- Zoltán Mihalik, responsable de la restauration en coulisses des artistes se produisant sur la scène principale

Ce qu'il faut en retenir :
- C'est la première année depuis quatre ans que le Sziget Festival tire à nouveau des bénéfices.
- L'an passé, il y a eu un peu plus de trois cent mille festivaliers sur l'île d'Obuda, nombre déjà dépassé ce vendredi.
- 87 pays sont représentés, dont les principaux sont, dans l'ordre : la Hongrie, la Hollande et la France. Les pays font la demande pour envoyer leurs citoyens.
- Un véritable hôpital de campagne existe sur le site du festival. Il comprend des équipes sur place, accompagnées de traducteurs ainsi que des patrouilles motorisées de prévention/intervention rapide. De plus, tous les postes d'un hôpital classique sont au service des quelques 3000 blessés par an - soit un pourcentage infime de festivaliers.
- Les stars ont des désirs farfelus qu'il est quelquefois difficile de satisfaire. Dans la mesure du possible il vaut mieux tout faire pour les contenter sous peine qu'ils refusent de se produire !

A 17h, avec une demi-heure de retard,
Palma Violets est le premier groupe britannique à entrer en scène sur l'A38. Sam Fryers revêt pour l'occasion un costume gris sous la veste duquel on aperçoit une chemise rouge bariolée, assortie à sa guitare. Il a agrémenté le tout d'un chapeau et de lunettes noirs, façon Blues Brothers. Le bassiste, Chilli Jesson, porte un costume similaire et une élégante chemise blanche. Les londoniens sautent et se donnent vraiment à fond dès le début du set sur
Secrets Of America et
Rattlesnake Highway. Chilli s'amusera à jeter de l'eau sur le public, le rafraîchissant de la chaleur ambiante ajoutée par leur prestation. Les vestes tombent après
On The Beach, à croire que l'on y est vraiment ! Ils vont poursuivre le setlist avec l'incontournable
Best Of Friends et
Last Of The Summer Wine et n'ajouteront qu'un seul rappel,
14, répétant le chiffre durant l'ensemble de la chanson en montant crescendo. Certains titres font penser à The Velvet Uderground et celui-ci en fait partie.

Le décalage de la programmation perdure avec l'arrivée de
Band Of Skulls à 18h30. Les anglais de Southampton, Emma Richardson et Russell Marsden, semblent en négatif/positif : la bassiste brune, coupe au carré et frange courte, porte une chemise blanche alors que celle du guitariste blond est noire. Ils attaquent
Asleep At The Wheel suivi de
Himalayan, extrait de l'album éponyme est sorti très récemment. Les deux chanteurs jouent savamment de leurs voix : ils superposent ou alternent l'aigu de l'une est le plus grave de l'autre, notamment dans
I Feel like Ten Men<, Nine Dead And One Dying et
Hoochie Coochie.
Sur le chemin menant vers la Pop-Rock Main Stage, on peut voir des danseuses haut perchées qui balancent élégamment de gauche à droite en faisant virevolter leurs robes à crinoline. Et pendant ce temps se déroule la Bubble Party. L'organisation du Sziget a fourni aux festivaliers présents ces célèbres récipients de notre enfance munis des petits cercles plastifiés sur lesquels il faut souffler (oui, ceux avec la bille et le labyrinthe dans le couvercle). Après le décompte habituel, des milliers de bulles de savon décollent au-dessus de leurs têtes, formant une nuée de sphères aux couleurs de l'arc-en-ciel. Celles qui disparaissent en explosant sont aussitôt remplacées par d'autres, dans un ballet qui va perdurer au-delà du concert suivant.

Les gallois de
Manic Street Preachers arrivent sur la scène principale à l'heure prévue – 19h30. James Dean Bradfield, costume-cravate noirs et chemise blanche, très classe, contraste avec l'excentricité de Nicky Wire, en veste bleue remplie d'écussons en tout genre (dont un logo de Batman au verso) et jean délavé et tacheté. Les photographes sont si nombreux qu'ils ont dû entrer dans le pit en deux groupes ! Quant au public, il se presse jusqu'à des endroits où il devient impossible de voir les images retransmises par l'un des trois écrans géants. Rien pour les yeux, tout dans les oreilles : le son est excellent, peu importe où l'on se place !
Le groupe va interpréter pas moins de dix-neuf titres. Dans cette généreuse panoplie, les célèbres
Motocycle Emptyness (en ouverture du concert),
Your Love Alone Is Not Enough,
You Stole The Sun From My Heart,
The Everlasting, Show Me The Wonder ou encore
If You Tolerate This Your Children Will Be Next. Ils offrent des valeurs sûres, n'intercalant que deux titres de leur album sorti en juin dernier :
Let's Go To War et
Europa Geht Durch Mich. Les fans sont heureux d'être là et cela se ressent !
Vers 21h30, il faut rester sur la scène principale pour voir
Korn. Le groupe de métal américain pourrait tromper des profanes des rastas tatoués à longues dreadlocks qui le composent. Mais l'initiation se réalise en un éclair... avec le bruit du tonnerre ! Accompagnant l'intro musicale saturée en guitare électrique et basse, la voix de Munky déchire tout. En rappel,
Another Brick In The Wall des Pink Floyd mêle des riffs très saccadés à la voix légèrement enrouée du leader qui, pour l'occasion, s'est (enfin) arrêté de hurler.

Prévue dix minutes après sur l'A38, la chanteuse américaine de RnB,
Kelis, s'offre le luxe d'arriver avec quinze minutes de retard supplémentaires sur une programmation qui en avait déjà pris trente... Vu les caprices de certains artistes, on se demande bien ce que celle-ci n'a pas obtenu ! Sous les huées de ses fans, elle arrive enfin dans une mini robe disco à sequins bleus. Ceux-ci se calmeront dès qu'elle commencera à entonner de sa voix claire et juste
Millionnaire et
Milkshake. Suivront des chansons plus soul de son dernier album. Une prestation sympathique même si elle ne proposera qu'une petite dizaine de titres et n'assouvira aucune demande de rappel.

Lui succèdent, vers minuit, les londoniens vêtus tout de blanc de
Klaxons, alors qu'un déluge - bref mais efficace - vient de s'abattre sur le Sziget. Fort heureusement, sous le chapiteau de l'A38 rien ne filtre ! Le set, très court, est pour beaucoup composé à partir de leur dernier et récent album
Love Frequency. D'anciens titres le complètent, dont les plus attendus sont
Golden Skans (qui a servi en fond sur Umbrella de Rihanna),
Atlantis To Interzone,
It's Not Over Yet,
Magick et
Echoes. Le groupe de nu rave se sera donné à fond ce soir – et ce dès le départ. Peut-être que cette énergie leur a été quelque peu insufflée par la présence des DJ derrière eux ? Toujours est-il que nous sommes ravis de les voir en pleine forme !
Samedi sera encore une journée riche, entre autres grâce à la présence très attendue de Madness !