Live report : Pitchfork Music Festival - Paris - 03.11.2018 - Sound Of Violence
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Pitchfork Music Festival

Paris, du 1er au 3 novembre 2018

Live-report rédigé par Johan le 26 novembre 2018

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Troisième et dernière journée pour le Pitchfork Music Festival. Suite à sa prestation remarquée à Villette Sonique cet été, Lindsey Jordan, AKA Snail Mail, revient avec ses musiciens dans le fameux parc parisien pour un show plus nerveux.

Au vu de ses réactions, la songwriter semble assez surprise de l'enthousiasme du public pour sa musique. « Thank you for having us, this is truly terrifying », lance-t-elle entre deux morceaux. Étonnant tant il semble relativement normal que la musique de Snail Mail soit aussi acclamée, autant pour les arrangements subtils de ses compositions – à l'image de la dernière, Anytime, durant laquelle la chanteuse se retrouve seule avec sa guitare – que pour la voix malléable de la chanteuse.


Grand moment pour les fans de Pavement, groupe culte des années 90 : Stephen Malkmus et ses Jicks débarquent à Paris, parés à défendre leur tout dernier album Sparkle Hard. Le rock relativement classique de la formation de Portland est porté par la voix et la prestance de son leader, terminant une setlist sur un des classiques de Pavement, Starlings Of The Slipstream.

Très certainement amoureux de la France tant on l'aura vu sur scène ces dernières années, Unknown Mortal Orchestra débute ce soir-là sur deux de ses nombreux morceaux cultes, à savoir From The Sun et Ffunny Ffrends. Ruban Nielson et sa bande ont tout compris de l'intérêt de jouer en festival : les artistes ont un timing serré donc la décision a été prise de jouer les compositions fétiches. Tout simplement.
Tout ce qui fait leur intérêt en live est présent : la prestance scénique, l'interaction forte avec leur public – dès la fin de From The Sun, Nielson traverse la fosse pour aller prendre un verre avant de revenir sur scène, le tout en effectuant son solo de guitare impeccable ! Le show sera d'ailleurs, comme à l'accoutumée, parsemé de ces fameux solos, organiques mais millimétrés, qui prennent aux tripes tant le son identitaire s'y fait constamment ressentir.


Plus que jamais, Unknown Mortal Orchestra est un groupe unique, dont il faut bien évidemment suivre la discographie mais qu'il faut obligatoirement assister live tant c'est là que Nielson et ses comparses performent. Entre funk rock identitaire et « jazz fusion expérimental », chaque composition est un monument d'électricité hallucinatoire.
Dès les premières notes de la mirifique mélodie de Multi-Love, le groupe s'attire les applaudissements du public, sans compter sur le succin solo et la batterie infernale de fin. « See you next time », entend-on une fois Can't Keep Checking My Phone terminée. On n'en doute pas.

21h15. Justin Vernon, AKA Bon Iver, fait son apparition sur l'autre scène. Il est ce samedi soir le dernier artiste à monter sur scène avant que ne débarquent les DJs, même si ici la ligne s'avère extrêmement fine, Jeremy Underground faisant danser les derniers fans de Bon Iver et les spectateurs venus danser jusqu'au bout de la nuit (4h...).
On peut d'ailleurs s'étonner qu'un artiste à la folk pop assez obscure se voit être programmé avant ce basculement et fonctionne tout autant qu'un groupe comme Bagarre qui, la veille à la même heure, foutait le bordel avec son rock/électro/hip-hop sauvage.
Vernon se permet ici des lenteurs, des pauses, des silences. 22, A Million est fortement mis en avant par le groupe du Wisconsin tandis que l'on aura uniquement droit qu'à une seule chanson issue de For Emma, Forever Ago, à savoir la grande Creature Fear. Elle sait parler aux fans, tout autant que la poignée de compositions de Bon Iver, dont des Minnesota, WI et Calgary tout simplement envoûtants.

Alors que le festival poursuit dans l'électro, on préfèrera partir du parc de la Villette et laisser la voix cristalline de Justin Vernon nous hanter toute la nuit. A l'image de ses éditions précédentes, le Pitchfork Music Festival Paris aura su proposer une programmation éclectique avec quelques têtes d'affiche de renom qui auront fait déplacer du monde. Une huitième année réussie donc, comme le festival a su nous y habituer jusqu'ici.
artistes
    Michael Rault
    Muddy Monk
    Snail Mail
    Stephen Malkmus & the Jicks
    Unknown Mortal Orchestra
    Bon Iver
    Jeremy Underground
    DJ Koze
    Peggy Gou
    Avalon Emerson
    Daniel Avery