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Klaxons
Metronomy

Paris, Trabendo - 24 juin 2014

Live-report par Olivier Kalousdian

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Réunir dans une même soirée quelques uns des groupes les plus en vue du moment et qui, à eux seuls, sont capables de s'afficher en headline dans des salles moyennes est une vraie gageure ! En invitant, en showcase, Metronomy, Christine And The Queens, Klaxons ou les Plasticines sur la même scène, Virgin Radio et le Trabendo proposaient en ce 24 juin une Eletrco Pop Party alléchante qui inaugurait une saison des festivals déjà bien partie.

Oui mais, voilà, des concerts qui démarrent en retard, c'est assez courant pour ne plus s'en inquiéter. Mais des concerts qui démarrent avec quarante minutes d'avance, c'est du jamais vu ! En glissant une invitée au milieu de cette programmation déjà bien chargée, en la personne de Yelle, l'organisation s'est vue dans l'obligation d'avancer le début des festivités de 19h40 à 19h précises. Pour celles et ceux qui sont arrivés à l'heure prévue, exit les Plasticines et une bonne partie du concert des Klaxons... un bémol rageant ! Uniquement sur invitations, cette soirée de showcases (installations et durées de set minimisées) assurée par les artistes du label Because Music a fait le plein parmi les auditeurs de Virgin Radio et des habitués des bons plans, à Paris.

Nous avions vu les Klaxons en grande forme et vêtus de costumes à paillettes lors du premier festival de l'année en région parisienne, Chorus. Dans une prestation plus intimiste et sur une scène plus étroite, les quatre Anglais, chouchous des Parisiennes, faisaient, eux aussi la part belle à la présentation de leur nouvel opus, Love Frequency. Au Trabendo, malgré une heure de passage avancée qui va laisser sur le carreau tout ceux arrivés un peu en retard, ils remportent les suffrages du groupe le plus énergique et entraînant, notamment avec un titre récent comme New Reality. Mais c'est encore Atlantis To Interzone, le puissant hit des Klaxons qui remporte la palme ce soir ; notamment au sein d'un public composé à 100% d'invités de la radio ou du label. Pour certains, les Klaxons étaient bien en deçà de leurs prestations habituelles – oubliant qu'il s'agissait là d'un showcase – et pour d'autres, ils étaient quasiment des inconnus qui ont définitivement gagné leur galon dans la mémoire collective d'un Trabendo affichant complet.

Cerise sur le gâteau, déjà bien chargé, Yelle s'annonce donc comme la guest star du soir annoncée tard dans l'après-midi (et sûrement responsable involontaire du décalage de l'horaire). Dur à dire, mais c'est le moment où la majorité du public profite du bar, pris d'assaut dès le début de soirée et du food truck nouvellement installé dans la cour du Trabendo pour un burger « bio » à onze euros... La bretonne, ex-teenager limite scandaleuse (Je Veux Te Voir, hymne à l'érotisme un peu niais, est quand même repris en chœur dans le public) laisse de marbre, malgré sa vision de l'électro pop. Le public est venu pour voir les têtes d'affiche des playlists actuelles.

Et, notamment, le phénomène Christine And The Queens, un nom qui illumine les sourires et fait se déplacer beaucoup de monde depuis la sortie de son titre phare, Saint Claude. Flanquée de deux danseurs sur scène – il n'est jamais facile de faire du live en auto-suffisance musicale – Christine (Héloïse Letissier), du haut de ses vingt-six ans, impressionne par sa maturité technique et scénique. Il est vrai que la nantaise qui a fait hypokhâgne et khâgne, puis l'ENS de Lyon en études théâtrales a tout de l'artiste intello capable de s'adapter à n'importe quel challenge. La facilité avec laquelle elle semble intégrer les domaines d'étude comme les domaines artistiques est déconcertante et si le premier album, Chaleur Humaine, sorti en juin dernier, est assez inégal, un seul titre comme Saint Claude et, surtout, son interprétation scénique qui doit beaucoup au théâtre et à la danse contemporaine, met tout le monde d'accord ! Après Marina And The Diamonds ou Lilly Wood And The Prick (dont elle assura la première partie), voici venir le temps de Christine And The Queens.

Parfait tremplin pour les bidouilleurs électroniques de pop haut de gamme que sont les Metronomy, tête d'affiche de la soirée du Trabendo. Bien sûr, il s'agit d'un showcase et il faut être compréhensif avec la fiche technique réduite et les sets assez courts. Mais installer Joseph Mount au bord de la scène, non surélevée et alors que la salle elle même est plate ou presque, n'était pas l'idée la meilleure. Invisible dès le troisième rang, le chanteur de Metronomy, assis à son clavier pendant tout le concert entonne une quasi totalité – c'est à dire six – de titres issus de leur dernier album, Love Letters. La ballade simpliste éponyme, justement, ou encore Reservoir (de meilleure facture) attaquent bille en tête le set.
Metronomy sont là pour faire la promo de leur dernier album et ne se gênent pas pour le faire. Un album qui, pour certains, sonne comme le futur de la pop intello, mais qui, pour d'autres, a laissé un amer goût de bricolé et de pompé sur les mélodies grand public que des artistes comme Gilbert O'Sullivan (Alone Again) ou tout ceux de la période funk blanc de la côte ouest des États-Unis dans les années 80s/90s ont défriché et épuisé, bien avant eux.

Seule la conclusion laissera le titre The Bay exprimer la vraie richesse imaginative de Joseph Mount et son groupe et délivrera ces mélodies froides et estivales à la fois, si bien senties et démontrant, une fois de plus, que si Metronomy ont du mal à convaincre en live, il est très difficile d'enchaîner après un disque comme The English Riviera qui fut et reste un album exceptionnel à archiver dans les annales.