Leur retour s'était longtemps fait attendre depuis
Right Thoughts, Right Words, Right Action, sorti en 2013, et leur échappée avec les
Sparks qui avait donné vie au supergroupe
FFS. Cette longue phase d'attente a pris fin en milieu de semaine, avec l'annonce par l'incontournable formation écossaise de la sortie de son cinquième album,
Always Ascending, pour février prochain. Alors que les studios parisiens Motorbass avaient accueilli une partie des sessions d'enregistrement de cet album, c'est à nouveau dans la capitale que le groupe a célébré cette annonce, en donnant un concert exceptionnel au Point Éphémère le soir-même.
C'est une formation quelques peu différente de celle que l'on aura connu pendant des années qui monte sur scène ce soir-là, sous les applaudissements d'une salle évidemment comble. Dino Bardot, ancien membre de
1990s, aussi originaire de Glasgow, remplace à la guitare Nick McCarthy, dont le départ avait été annoncé l'année dernière. Franz Ferdinand accueille également un cinquième membre aux claviers, Julian Corrie, connu aussi sous le pseudonyme
Miaoux Miaoux, dont l'importance dans l'évolution sonore du groupe n'allait pas tarder à être démontrée.

Jouer un concert dont la setlist est à moitié composée de nouvelles chansons serait un exercice périlleux pour tout artiste, mais c'était sans compter sans toutes les qualités scéniques d'un groupe qui a l'avantage de tenir son public dans le creux de sa main dès son entrée en scène. Mêlant habilement classiques et morceaux inconnus, le groupe entraîne ses fans dans une euphorie généralisée d'une heure vingt, comme ils savent habilement les créer. Ceux qui ne se seront pas laissés prendre dès les premières notes de
Lazy Boy en début de set ne pourront résister à l'imparable
No You Girls, hymne rock imparable, assortie de
Love Illumination et de
Take Me Out qui suivent rapidement.
À mesure que des nouvelles chansons sont dévoilées,
Always Ascending semble inaugurer une phase inédite dans l'évolution sonore du groupe. Celui-ci fait la part belle aux nappes de synthés et à des rythmiques dansantes parfois proches du disco, qui transforment le Point Éphémère en dancefloor à la fin du set principal avec
Glimpse Of Love et
Feel The Love Go. Après quatre albums, Franz Ferdinand osent réarranger leur formule, et pour le meilleur. Anciens et nouveaux titres se succèdent sans accrocs et forment à eux-deux un ensemble des plus réussis, tirant encore vers le haut la qualité des sets du groupe.

Ce n'est pas le rappel qui viendra contredire cette affirmation, ouvert sur
Always Ascending, continué sur le classique
Ulysses, puis sur un
Jacqueline surprise demandé par un membre du public. Il y a quelque chose chez Franz Ferdinand qui reste indémodable, et survit au passage des années, aussi entêtant qu'au premier jour. Alors que les écossais achèvent, cette fois pour de bon, le concert sur
This Fire, les commentaires fusent et sont unanimes. La puissante aura du groupe, aujourd'hui encore, reste définitivement inchangée.