Après avoir écumé les salles aux quatre coins de la planète ces dernières années suite à une longue période de séparation, la tournée en Europe de WU LYF menait cette semaine la formation mancunienne au Trianon à Paris pour une date très attendue tant par le public local que la formation en elle-même. Un état de fait que Ellery Roberts ou Tom McClung confirmeront notamment durant la soirée. L’occasion idéale de pouvoir jauger du potentiel scénique de leur second album,
A Wave That Will Never Break, dans l’écrin que constitue ce lieu incontournable du boulevard Rochechouart.

Après une première partie assurée par les français de Schøøl, c’est sur le coup de 21h que le quartet prend possession des lieux, accompagné par un cinquième musicien multi-instrumentiste également préposé aux chœurs. Si la date n’est pas complète, en témoigne le second balcon dont l’accès restera fermé ce soir, le public a malgré tout répondu présent en masse et va vite se montrer prompt à répondre au doigt et à l’œil aux moindres sollicitations de la formation dont Ellery Roberts ou Tom McClung seront les seuls porte-parole ce soir.
Résolument rock bien qu’empruntant des chemins de travers plus pop ou arrangés sur les compositions les plus récentes jouées ce soir, le set de WU LYF prend rapidement des airs de messes sous l’impulsion du frontman du groupe, toujours prompt à haranguer les fans prêts à répondre à la moindre de ses invectives tandis qu'il arpente sans cesse la scène. Si l’entame de la prestation se veut somme toute sage,
Spitting Blood sert de détonateur ce soir, la fosse et le balcon s’animant instantanément dès les premières notes du titre jouées. Il en sera souvent de même tout au long de leur prestation : si les compositions du groupe les plus récentes sont systématiquement ponctuées d’applaudissements nourris, notamment
The Fool avant lequel le frontman du groupe incitera le public à ne pas hésiter à se déhancher sans retenue, ce sont bien les titres extraits d’un
Go Tell Fire to the Mountain devenu culte au fil des années qui vont faire monter la température tout au long de la soirée.

Lancé par des sons d’orgue,
We Bros constitue l’un des temps forts du concert et provoque un regain d’entrain au sein du public, avant que Tom McClung ne prenne une fois encore la parole en français pour afficher le soutien du groupe à la cause lycéenne ou à la Palestine, et initier des champs antifascistes immédiatement repris en chœur par une salle enthousiaste.
L Y F puis
Concrete Gold permettent ainsi d’enfoncer le clou avant que
Wave ne se déroule sous la forme d’une lente montée en puissance délicatement pop dans une premier temps avant de verser dans des envolées rock par la suite. Après quelques minutes de pause, le rappel voit le groupe tirer ses deux dernières cartouches, tout d'abord avec
A New Life Is Coming voyant Tom McClung prendre le lead au chant avant d'être rejoint par Ellery Roberts, puis
Heavy Pop sous forme d'ultime retour vers les premières heures de gloire de la formation.
Peut-être moins intenses et flamboyantes qu'à la grande époque, les interprétations de WU LYF en live ont gagné aujourd'hui en maturité, profondeur et maîtrise, à l'image d'un groupe ayant su trouver sa place et retrouver un public qui étaient siens à ses débuts.