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Mystery Jets
The Kooks
White Lies

Paris, Zénith - 17 novembre 2008

Live-report par Jean-Christophe Gé

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Dernière ligne droite pour le Ffestival des Inrockutpibles qui pendant une petite semaine a tenu la plupart de ses promesses avec de belles affiches et deux grosse poignées de groupes extra-ordinaires sur scène. Dommage que la dernière soirée parisienne ait lieu dans un hangar à l'acoustique effroyable, difficile d'y reproduire la magie rock'n'roll des quatre soirées à la Cigale.

Les White Lies commencent devant un Zenith presque vide. Le son est tellement fort qu'il faut être très motivé pour assister au massacre de chansons qui ont l'air pop. Dans ce brouhaha de décibels on discerne des mélodies sirupeuses délivrées par des cow boys en noirs propres sur eux. Comme les Editors qui reprendraient les Killers. A chaque note de basse et chaque coup de grosse caisse, mes dents ont envie de se faire la malle. Malheureusement, aucun des quatre groupes n'aura droit à un son correct, mais pourquoi organise-t-on encore des concerts dans cet endroit, qui plus est, dépourvu de charme et d'histoire ?

Les Mystery Jets prennent place dans l'arène au son d'une sirène annonçant un bombardement qui n'aura pas lieu. Les garçons ont revêtu leurs strass et choisi une setlist plus romantique, peut-être pour séduire les jeunes filles venues pour les Kooks. Ils entament par Hideaway, premier morceau flamboyant de leur second album avant d'enchaîner les titres les plus fleurs bleues de leur répertoire : Half In Love With Elizabeth et Young Love, ça ne s'invente pas. Heureusement, après cet enchaînement Harlequin, ils nous préviennent dans un français quasi excellent « cette chanson s'appelle Alas Agnes, elle est sur notre premier album et vous pouvez danser parce qu'elle est... beat ». Trois titres plus tard, quand ils commencent Umbrellahead à la guitare acoustique et sur fond d'accordéon en annonçant « merci beaucoup c'est notre dernière chanson », deux effroyables vérités s'écrasent sur ma tête. Il n'y aura pas de Zoo Time et Mystery Jets n'aura joué que sept titres sans avoir le temps de se mettre en place dans un set qui a manqué de nervosité.

Changement radical de style pour le troisième groupe de la soirée, parenthèse électro-pop brésilienne dans cette affiche très guitares anglaises, un peu à l'image du festival. Dans ses passages les plus électroniques, CSS double sa batterie de boucles rythmique et augmente sa dance d'une section rock. Dans ses moments les plus rocks, CSS déploient trois guitares et une méchante section rythmique basse-batterie. Résultat, de l'énergie brute pour danser et une matière trop facile à pourrir pour la sono cracra du zénith. Le public réagit plutôt bien dans la fosse et le groupe se donne à fond. « Merci de venir un lundi »... oui de rien, mais finalement c'est encore mieux de commencer la semaine en faisant la fête. Pour Music Is My Hot Hot Sex, Lovefoxxx troque sa combinaison smoking pour une tenue fleurie, plus vulgaire que sexy. Ils adorent jouer cette chanson, et particulièrement en France. On ne demande qu'à les croire, et il est vrai que le résultat est brûlant. Le set se termine par Alcohol, une chanson d'amour. Avant de l'entamer, la chanteuse offre au public une bouteille de sa boisson préférée, mixée avec amour... de la vodka-pomme. Pas très romantique, mais encore une fois bien efficace. Merci fucking beaucoup comme ils disent.

Après CSS le zénith se vide un peu, car il y avait manifestement deux publics ce soir, celui de CSS et celui des Kooks. Les chansons douces et pop des anglais auront le même sort que les autres, pas de traitement de faveur pour la tête d'affiche et de la bouillie de décibels pour tout le monde. Les riffs à l'eau de rose provoquent une nuée bleue pâle faite par une centaine de téléphone mobile dans la fosse. Mais pour moi la magie n'opère pas, il est tard, je n'entends plus rien, j'ai vu quinze groupes en une semaine, je crois qu'il est temps de reprendre le métro.
setlist
    Mystery Jets
    01. Hideaway
    02. Half In Love With Elizabeth
    03. Young love
    04. Alas Agnes
    05. Flakes
    06. Two doors down
    07. Umbrellahead
photos du concert
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