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White Lies

Paris, Elysée Montmartre - 28 octobre 2009

Live-report par Anne-Line

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À première vue, une soirée avec un groupe de première partie qui s'appelle Darker My Love et une tête d'affiche dont le plus gros tube s'appelle Death n'augure pas spécialement d'une ambiance très joyeuse. Lorsque les portes de l'Élysée-Montmartre s'ouvrent sur les coups de 18h30, c'est loin d'être l'effervescence sur le boulevard Rochechouart. Le public arrive au compte-gouttes. L'uniforme de rigueur semble être le jean gris et les Converse noires.

Les Darker My Love, groupe angelino comprenant des anciens membres des Distillers et de The Fall, entrent en scène à 20h, et tout d'un coup le public clairsemé est transporté sur une plage de Californie en 1968. Des nappes d'orgue Hammond, une basse sautillante, des tonnes d'écho sur les voix et des envolées psychédéliques de plusieurs minutes : tout y est. Pour les références, on citera des groupes britanniques comme Pink Floyd ou Cream, pour le côté psyché-blues. Quoi qu'il en soit, cela ne semble pas générer beaucoup d'excitation du côté du public parisien, qui se contentera d'applaudissements polis.

Passée la demi-heure de changement de plateau, la salle est gentiment remplie, sans plus. C'est maintenant au tour de White Lies de débuter, et dès l'entrée en scène, le contraste est frappant : les « HARRY I LOVE YOU ! » se mettent à fuser de la gorge des jeunes filles en fleur, et on a l'impression de se trouver au milieu d'un public pour boys-band des années 90. Pourtant, la seule coquetterie à laquelle s'adonne Harry McVeigh ce soir consiste à fixer deux petites lampes sur son pied de micro, dirigées vers sa guitare argentée, histoire de la faire briller. Les photographes le remercieront. Effectivement l'éclairage de la scène provient principalement d'un mur de spots blancs sur le fond de la scène, assorti à quatre gros projecteurs dirigés vers le public.
L'effet de contre-jour quasi-permanent qui en résulte souligne bien l'ambiance éthérée et mystérieuse du groupe londonien. Bien que les titres de White Lies aient tous peu ou prou la même structure (des couplets languissants suivis par des refrains aux envolées lyriques un peu téléphonées), le public accueille chaque chanson avec une ferveur toujours renouvelée, et la majorité connaît les paroles par cœur. Même sur des titres moins connus tels que Taxidermy (disponible en téléchargement depuis un petit mois) ou encore You Still Love Him, b-side de leur tout premier single. Certains titres témoignent de leur ambition peut-être à peine voilée de marcher dans les pas des Killers et d'accéder au panthéon des groupes de stades, tel To Lose My Life et son refrain à faire fondre les coeurs (« Let's grow old together / And die at the same time »).
Le public parisien, ce soir, en redemande, tape dans ses mains et saute en rythme, comme une troupe de hooligans à un concert d'Oasis, en total contraste avec le jeu de scène ultra-minimaliste de McVeigh et ses comparses. Nothing To Give débute sans le bassiste Charles Cave, qui ne revient sur scène qu'au moment de l'envolée finale. La dernière chanson du set principal, Unfinished business, provoque un regain d'applaudissements d'un public trop content d'obéir à l'injonction « Let's dance like we used to ! ».
Dans l'intervalle avant le rappel, une partie du public, qui n'a pas vu le temps passer, se met à chanter « There's no place like home », le refrain de la première chanson de la soirée Farewell To The Fairground. White Lies reviennent et entament une reprise des Talking Heads, intitulée Heaven. Malgré son titre, elle ne se révèle pas particulièrement plus joyeuse que les compositions de White Lies, mais reste très bien accueillie par un public aux anges. Après un From The Stars touchant, ils donnent l'estocade finale avec Death, sans doute la chanson la plus attendue de la soirée, dont le refrain a priori anxiogène (« Yes this fear's got a hold on me ») est repris avec fougue et entrain par une salle enchantée, tout autant que le groupe lui-même, qui est sans doute reparti de ce concert avec le sentiment du devoir accompli.
setlist
    DARKER MY LOVE
    Talking Words
    18th Street
    Maple Day Getaway
    Blue Day
    Dear Author
    A Lovely Game
    New Amerika
    Two Ways Out
    Helium Heels

    WHITE LIES
    Farewell To The Fairground
    Taxidermy
    E.S.T.
    Price Of Love
    You Still Love Him
    To Lose My Life
    A Place To Hide
    Fifty On Our Foreheads
    Nothing To Give
    Unfinished Business
    -------
    Heaven (Talking Heads cover)
    From The Stars
    Death
photos du concert
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