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Skunk Anansie
The Chemists

Paris, Elysée Montmartre - 20 novembre 2009

Live-report par Ludovic

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Parmi toutes les reformations auxquelles nous avons pu assister ces deux dernières années, celle de Skunk Anansie se présentait comme un soulagement et une évidence. En effet, en l’espace de trois albums, le groupe marqué les années 90, grâce notamment à des prestations scéniques dopées par l’énergie de leur charismatique chanteuse, Deborah Dyer, alias Skin. Celle-ci avait tenté l’expérience solo, mais ses compositions ne sont malheureusement jamais arrivées à la cheville de celles du quatuor britannique. C’est donc avec un plaisir non dissimulé que nous assistons ce soir à leur retour en France, en espérant qu’ils n’aient rien perdu de leur fougue légendaire, contrairement à de nombreuses reformations vues récemment.

Alors que l’Elysée Montmartre, pourtant sold-out, est encore très faiblement remplie, The Chemists montent sur scène afin de nous présenter leur premier album, une des bonnes surprises de ces derniers mois. Les cinq musiciens originaires de Bristol nous proposent un rock assez classique mais plutôt efficace. Sur chaque morceau, on pense immédiatement à The Killers, notamment grâce à la voix assez aérienne du chanteur et aux nombreux samples électroniques. Le groupe joue sur la sobriété, exception faite d’une colonne colorée à leur effigie. Chaque musicien est concentré et sur son jeu, et le chanteur plutôt sympathique n’en fait pas trop. Les titres les plus accrocheurs s’enchaînent assez rapidement.
On pense notamment à Hear Our Song, à laquelle il ne manque pas grand chose pour devenir un tube en puissance. Le public reste sage mais semble attentif à leur prestation, qu’on nous expose comme la première sur notre territoire. Le chanteur aimerait voir la salle s’enflammer, et nous encourage à de nombreuses reprises à le faire. Malheureusement, leur musique manque de folie pour réveiller les fans venus exclusivement pour Skin et ses acolytes. Après trente petites minutes agréables, le groupe nous quitte, non sans avoir joué A lovelike No-one Else, potentiel hymne pour adolescentes. Il serait intéressant de les revoir dans d’autres conditions, en tête d’affiche et dans une salle plus petite. En effet, il ne manque pas grand-chose à The Chemists pour rencontrer un immense succès, à l’image de The Killers ou même Kaiser Chiefs.

Après un break assez rapide, la salle est cette fois remplie pour accueillir les revenants du soir. On sent immédiatement une certaine tension chez les fans, sentiment souvent annonciateur de grandes soirées. La pression ne cesse de s’accroître au son de Yes It’s A Fucking Political en fond sonore. Les musiciens s’installent tranquillement sur scène jusqu’à ce que Skin ne déboule affublée d’une sorte de costume-guirlande et nous balance un Selling Jesus toujours aussi percutant. Premier constat : la tigresse n’a rien perdu sa hargne et sautille dans les tous sens, portée par un son d’une qualité sans failles. Le ton du show est donné, et le rythme ne faiblira plus. Au niveau set-list, tous les albums du combo sont passés en revue et leurs titres phares s’enchaînent : Charlie Big Potato, Charity, 100 Ways To Be A Good Girl
Les trois musiciens sont tout aussi efficaces, avec une mention spéciale à Cass Lewis, le bassiste, pourtant malade ce soir-là. Malheureusement pour eux, Skin est trop charismatique pour que nos regards la quittent. Celle-ci semble très heureuse d’être là et fait tout son possible pour nous le faire savoir, parcourant la scène de long en large et nous gratifiant de son regard toujours aussi terrifiant. Elle n’a rien perdu de sa voix et chaque envolée lyrique nous prends aux tripes, comme sur le magnifique nouveau titre Because Of You. La première moitié du concert est simplement fantastique mais le show prend encore une ampleur supplémentaire avec l’enchaînement Weak - Brazen - Twisted - Cheap Honesty. Durant le premier nommé, Skin marche littéralement sur la foule tout en ne perdant rien niveau mélodie, avant d’enchainer sur un slam la portant jusqu’à la console au fond de la salle. Par moment, elle semble totalement possédée, entrainant avec elle ses fans qui le lui rendent bien en entrant de plus en plus en transe. A chaque nouvelle chanson, les sourires s’illuminent sur tous les visages, même sur ceux des musiciens qui semblent vraiment prendre du plaisir. Seul bémol à ce concert, les derniers titres sont d’un niveau moindre (notamment le nouveau Squander) et le rythme faiblit légèrement malgré Hedonism et Secretly toujours aussi beaux et émouvants.

Après une heure et demie d’une intensité rare, tout le public sort ravi et soulagé. Ravi d’avoir passé une mémorable soirée, mais surtout d’avoir retrouvé le groupe que l'avait tant fait vibrer dix ans auparavant. Heureusement pour les nombreuses personnes n’ayant pas eu de billets, Skunk Anansie nous a promis de revenir bientôt. A une époque ou tous les artistes ont tendance à se copier et se ressembler, il serait vraiment dommage de passer à côté de ces quatre bêtes de scène.
setlist
    THE CHEMISTS
    Non disponible

    SKUNK ANANSIE
    Selling Jesus
    Charlie Big Potato
    Because Of You
    Charity
    100 Ways To Be A good Girl
    I Can Dream
    I Don’t Want To Kill You
    Weak
    Brazen (Weep)
    Twisted (Everyday Hurts)
    Cheap Honesty
    On My Hotel TV
    Tear The Place Up
    The Skank Heads
    ----
    Hedonism
    Squander
    Little Baby Swastikkka
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    Secretly
photos du concert
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