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The Divine Comedy

Paris, Baron - 7 juillet 2010

Live-report par Julien Soullière

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On désespérait presque de voir Neil Hannon apporter une nouvelle pierre à l’édifice The Divine Comedy. Quatre ans après Victory For The Comic Muse, c’est pourtant chose faite, puisqu’est sorti cette année le très réussi Bang Goes The Knighthood. L’heure est venue pour Hannon de partir sur les routes européennes et de présenter au public ses nouvelles compositions. Quoi de mieux alors, avant de se produire dans la prestigieuse salle Pleyel, que de répéter ses gammes au Baron, devant un parterre d’amis, journalistes et de connaisseurs ?

Des premières notes à l’escapade sonore finale, le dandy irlandais va maintenir sans peine l’attention de son auditoire, surprenant inlassablement son monde par le biais de compositions tour à tour décalées, touchantes et drôles. Des titres malicieux, dans le texte comme dans l’interprétation, qui ne sont au final ni plus ni moins qu’à l’image de leur auteur, un de ceux qui ne manient que l’art qui leur ressemble vraiment.
Mais outre sa sincérité, c’est aussi pour sa candeur toute naturelle que le bonhomme attire la sympathie. Alors qu’il interprète un de ses nouveaux morceaux, Have You Ever Been In Love?, Neil Hannon arrête subitement de chanter : il ne se souvient plus des paroles qu’il a lui-même écrites. « Je suis sûr de la connaître ! » nous lance tout sourire le facétieux personnage, pas déstabilisé pour un sou par cette légère déconvenue. L’inspiration au point mort, un proche de l’artiste se décide alors à lui souffler la réponse. « Merci, tu me connais si bien ! », lui lancera ce dernier. L’occasion une nouvelle fois de rire ensemble et de bon cœur.

A l’aise avec son public, Neil Hannon ne se prive pas de l’interpeller entre chaque morceau, parfois même en français. Il ne s’interdira pas non plus, au nom de l’humour, de parler football, Coupe du Monde et but marqué de la main. Musicalement parlant, s’il essaie de marier nouvelles compositions (The Complete Banker, At The Indie Disco...) et plus anciennes (principalement issues de l’album Promenade : Don’t Look Down, Tonight We Fly...), il attache également de l’importance à nos envies du moment. L’assistance, dans laquelle est présent Vincent Delerm, ne se fera pas prier pour y aller de ses propositions.
Il est tout juste 20h et Neil Hannon vient de jouer sa dernière note. Le public, debout, applaudit chaudement. L’artiste se lève lui aussi, nous remercie, et remet son chapeau melon. La pipe à la bouche, il se mêle à la foule, échangeant avec celles et ceux qui se sont décidés à entamer la conversation avec lui. Un moment privilégié pour sur, dont beaucoup sauront profiter.

Seul, et entouré tout du long de sa prestation par des couleurs douces et chaudes, le maître Hannon aura rendu ce soir un bel hommage à tous les pianistes de bars et autres hôtels de luxe. « Everybody knows I love you, except you » : on s’amuse à voir un double sens caché derrière ces mots issus d’un des titres de l’irlandais et on le rassure alors : mais si, on le sait que tu nous aimes !
setlist
    The Complete Banker
    Your Daddy's Car
    At The Indie Disco
    I Like
    Don’t Look Down
    Have You Ever Been In Love?
    Everybody Knows (Except You)
    Our Mutual Friends
    The Summerhouse
    Tonight We Fly
photos du concert
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