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Fujiya & Miyagi

Paris, Flèche d'Or - 3 décembre 2010

Live-report par Julien Soullière

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Ce soir, la Flèche d’Or se met aux couleurs de PIAS pour mieux faire vibrer un public parisien réputé (à juste titre ?) timoré : à l’honneur, le célèbre label en profite donc pour présenter deux de ses nouvelles recrues, et fêter le tant attendu retour de Fujiya & Miyagi, dont le nouvel album, Ventriloquizzing, sortira en début d’année prochaine.

Acte I. Né de la rencontre entre Natasha Lejeune (ex-AS Dragon) et Benjamin Lebeau (The Shoes), le groupe Oh La La, à qui incombe la lourde tâche d’ouvrir le bal ce soir, se veut franchement séduisant sur le papier. Et puis, avouons-le, on a encore plus envie d’y croire parce qu’ils sont français. Cocorico à tous les étages, donc.
Seulement voilà, le set de nos trois gaillards déçoit d’entrée : peu emballants et foutrement banals, les premiers titres joués font penser à du mauvais Superbus. Expliquons-nous : là où le groupe de Jennifer Ayache joue la carte du second degré et ouvre comme il se doit les vannes à chewing-gum, la bande à Lejeune reste malheureusement trop droit dans ses bottes, frôlant même le ridicule dans ses textes, ce qui a pour conséquence non-négligeable de ne froisser personne(à l’inverse de Superbus), mais d’ennuyer tout le monde.
La jeune chanteuse aura beau supplier le public de s’activer un peu, rien n’y fera. Tous les cuistots vous le diront : la mayonnaise ne prend pas toujours. Par chance, le set d’Oh La La s’électrise quelque peu dans sa seconde moitié Lejeune se lâchant enfin, évitant probablement la fuite des moins courageux d’entre nous. Reste qu’au final, le rock français ne trouve pas là un nouvel et séduisant ambassadeur.

 

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Acte II. Fraichement débarqués de leur Espagne natale, les Crystal Fighters (aucun lien avec Crystal Castles) semblent bien décidés à mettre la capitale à feux et à sons : visiblement connus et attendus par l’assistance, les ibériques font corps derrière leur chanteur, un mec aux cheveux longs aussi hallucinant que halluciné, pour nous servir une show détonant, à la frontière du rock, de l’électro et des airs traditionnels basques.
Honnêtement, les auteurs du médiocre I Love London s’en sortent bien ce soir, très bien même, d’une part grâce à leur motivation à toute épreuve, mais aussi du fait de titres taillés pour soulever à n’en plus finir les foules de France et de Navarre. Alors oui, on frôle parfois l’indigestion et le mauvais goût, certains morceaux ayant tous les atouts pour servir d’hymne à Coca Cola lors d’une campagne de pub spéciale Coupe du Monde de Football (Shakira tremblerait déjà); mais que voulez-vous, ils ont des dégaines sympathiques, mouillent le maillot (pour peu qu’ils en aient) et nous font danser. Le public n’en demandait clairement pas mieux un vendredi soir.

 

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Acte III. Ils sont de retour. Un peu plus de deux ans après la sortie du très réussi Lightbulbs, les anglais de Fujiya & Miyagi nous reviennent en grandes pompes avec leur petit nouveau, étrangement nommé Ventriloquizzing. C’est une certitude, nous n’aimons pas attendre : pour nous aider dans la terrible épreuve, les anglais ont bravé la neige et le froid pour assurer ce concert évènement, et nous présenter en live leur prochain disque.
Autant dire que nous ne serons pas déçus, puisque la setlist proposée par le groupe ce soir est composée à moitié de titres extraits de Ventriloquizzing. Des titres qui nous rappellent que Fujiya & Miyagi, c’est certes des sonorités électro et la voix calme et langoureuse de David Best, mais c’est également cette petite touche de groove si séduisante. A en croire un public qui n’en finit plus de se resserrer aux abords de la scène, la Flèche d’Or a été happée dans l’univers à la fois sombre et entêtant qu’est celui du groupe.
Et on la comprend, la Flèche d'Or : comment, en effet, ne pas être sensible à l’ultra efficace Knickerbocker (et son irrésistible « Vanilla, Strawberry... ») ou à l’indispensable Collarbone ? Les têtes bougent, les jambes aussi, à l’écoute de ces titres incroyablement homogènes. Homogènes, mais pas redondants. Pour sur, une autre grande force de Fujiya & Miyagi.

Seule petite déception: le concert se termine au bout d’une toute petite heure, sans le moindre rappel. Ceci dit, on a déjà eu tellement de chance de les avoir pour nous, rien que pour nous, ce soir, qu’on est surement capable de leur pardonner et d’attendre avec toujours autant d’impatience leur nouvel opus.
setlist
    Ventriloquizzing
    Sixteen Shades Of Black And Blue
    Cat Got Your Tongue
    Knickerbocker
    Uh
    Taiwanese Boots
    Yoyo
    Pills
    Cassettesingle
    Collarbone
    Ankle Injuries
    Electro Karaoke
photos du concert
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