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The Heavy

Great Vengeance & Furious Fire

The Heavy - Great Vengeance & Furious Fire
Chronique Album
Date de sortie : 29.10.2007
Label : Counter Records/Ninja Tune
4
Rédigé par Johan, le 15 novembre 2007
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Parfois, quand on lit la revue de presse d'un album, on se demande pourquoi on s'embête à faire une chronique. Alors, plutôt que paraphraser un texte avec lequel je partage les idées, je vais simplement modérer les louanges et y apporter quelques précisions, track by track comme on dit chez Rolling Stone.


« Dès l'écoute du premier single, That Kind Of Man, vous savez que seul l'exorcisme peut vous sauver. Combinaison d'une basse graveleuse digne du Wu Tang, des gémissements d'une guitare en wall-of-sound et d'un blues soul à vif, ce morceau est immédiatement reconnaissable et absolument addictif, le chant à la fois doux et menaçant de Swaby plaçant tout cela à un autre niveau ».
Alors selon Wikipedia, l'exorcisme est "un rituel religieux destiné à expulser une entité psychique maléfique qui se serait emparée d'un être animé (humain ou animal)". En l'occurence humain, en grande majorité. Bien que ça soit un peu excessif, That Kind Of Man est assurément un titre au psychédélisme terrifiant, mené par la voix perçante de Swaby. À noter qu'il n'est pas si facile de placer "wall-of-sound" aussi naturellement dans un texte.

« Coleen tend plus vers un groove hip-hop mis à nu, avec en fond des chanteuses qui donnent au morceau un côté Stax-sous-acides des plus attirants. ».
Conviant Keziah Jones et Timberlake à une blues battle, Coleen débute les hostilités en laissant comprendre que pas une seule plage ne ressemblera à la précédente.

« Set Me Free jette ensuite la guitare acoustique dans le mélange pour un résultat plus tranquille (bien que toujours très rythmique). »
La parenthèse semble être, en apparence, relativement insignifiante mais en fait non. Set Me Free est effectivement un titre énergique, une soul entraînante à la basse rigoureuse que Ben Harper doit envier au groupe.

« You Don't Know montre des influences de rock plus dur, à travers une accumulation très constructive de riffs. », ou comment composer un des meilleurs titres des Black Keys.

« Puis Girl donne l'occasion à Swaby de montrer (quelque peu ironiquement) ses talents de rappeur, sur un rythme ne pouvant être décrit que comme la rencontre des Kinks avec Marley Marl. »
Le contenu de la parenthèse fait bien comprendre que, non seulement Swaby a reçu des cordes vocales tombées du ciel, mais il est aussi qui plus est hautement sympathique et attachant. Entre hip-hop et funk intense, Girl est le morceau véritablement dansant du disque.

« Doing Fine est la pièce maîtresse pleine de sensibilité de l'album, un blues tout droit issu de la West Country. In The Morning ressuscite le Mick Jaegger des débuts. »
Mick Jaegger, connais pas, mais j'y jetterai une oreille promis. En revanche, d'autres semblent le connaître.

« Brukpocket's Lament sonne quant à lui comme un bon vieux blues interprété par un ivrogne ravagé par trop d'alcool à brûler. »
Deux choses : d'une, le terme blues est répété ici une troisième fois et, bien que le morceau, déchirant et théâtral, semble emprunté au Screamin' Jay Hawkins de I Put A Spell On You, d'un point de vue stylistique c'est mal joué ; de deux, la comparaison est toutefois très imagée, le jeu de mot intelligent, la tournure de phrase réussie. Pas grand-chose à ajouter là-dessus.

« Et le rageur Dignity ... »
Apparemment, les mots ici ont manqué donc je vais ajouter un petit quelque chose. La basse qui revient de loin, la voix vocodées, la guitare saturée, tout se mêle et se démêle sur une percussion enjouée aux maracas comme pour donner une once d'espoir dans la mélancolie ambiante.

« L'album se termine avec Who Needs The Sunshine qui fait écho à la scène de Bristol de Massive Attack et Tricky, mais reconstituée en un country blues épique ! »
Tout d'abord, bravo à ceux qui n'aiment pas le blues d'être allés jusqu'au bout de cette chronique. En revanche, la référence à Tricky est effective, Who Needs The Sunshine est un sommet de trip-hop baroque sur fond de dub ténébreux et de notes pianotées avec détresse.
Mais surtout, surtout ; la question essentielle : pourquoi un point d'exclamation ? Pourquoi terminer sa revue de presse par un point d'exclamation alors qu'il n'y a rien sur quoi spécialement s'esclaffer ? Ça va faire aimer le disque aux plus réticents ? Ça aura un effet hypnotique sur quiconque lit ceci ? Ça augmentera les ventes ? Non, vraiment je ne comprends pas !
tracklisting
    01. That Kind Of Man
  • 02. Coleen
  • 03. Set Me Free
  • 04. You Don't Know
  • 05. Girl
  • 06. Doing Fine
  • 07. In The Morning
  • 08. Brukpocket's Lament
  • 09. Dignity
  • 10. Who Needs The Sunshine
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    Brukpocket's Lament, Coleen, You Don't Know, Who Needs...
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