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Young Knives

Ornaments From The Silver Arcade

Young Knives - Ornaments From The Silver Arcade
Chronique Album
Date de sortie : 04.04.2011
Label : Gadzöök/PIAS Recordings
35
Rédigé par Julien Soullière, le 6 avril 2011
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Le problème, lorsque l'on fait face à des gais-lurons de la trempe d’Henry Dartnall et sa bande, c’est que l’on a toujours en nous cette peur de les voir déraper. Les Young Knives ont beau êtres malins, techniquement au point, leur goût pour la chose humoristique a tout de l’arme qui se retourne contre son utilisateur. Et si, un jour, ils ne se prenaient plus assez au sérieux ? Et s’ils faisaient tout un peu trop à la légère, qu’ils ne se concentraient plus assez sur leur musique ? Et s’ils ne transformaient pas l’essai subtilement marqué par le passé avec Voices Of Animals And Men et Superabundance ?

Petit retour en arrière : nous sommes perdus au beau milieu du premier semestre de l’année 2010, et les Young Knives nous dégainent un Love My Name au doux parfum de démo. Pour le groupe, l’objectif est double : se rappeler à notre bon souvenir, et nous annoncer l’arrivée, logiquement peu imminente, car encore indéterminée, d’un tout nouvel album. Quelques mois et un lifting plus tard, ce morceau qui avait pourtant toutes les chances d’être absent de la tracklist d’Ornaments From The Silver Arcade est promu single. On pourra trouver ça bizarre, ou parfaitement dans l’esprit du groupe, au choix.
Problème, Love My Name se révèle toujours aussi peu engageant : petite sucrerie pop au refrain fantasque (où le chanteur scande le plus sérieusement du monde qu’il aime son nom, qu’il aime son nom...), celui-ci ne trouve son salut que dans cette envolée épique qui vient l’électriser dans sa seconde moitié. Le reste de l’album se hisse heureusement un bon cran au-dessus, sans pour autant nous asséner la claque que l’on espérait.

Car rien ici n’est assez entêtant pour prendre le total contrôle de nos esprits ; rien n’est suffisamment viscéral pour prétendre malmener nos pauvres boyaux ; rien ne semble transcender ce que les Young Knives ont déjà fait par ailleurs. En fait, Ornaments From The Silver Arcade n’est ni grandiose, ni génial, il est juste sympathique. C’est un petit concentré de bonne humeur à la croisée de la pop-dance 80s et de ce post punk qu’affectionne tant le groupe; un disque qui se laisse savourer car charpenté par des gaillards pas nés de la dernière pluie.
De fait, on se laisse volontiers entrainer par la valse pop qu’est Sister Frideswide, au moins autant que par les énergiques Silver Tongue et Running From A Standing Start. Le très arctic monkeysien (dans son rythme martial, comme dans la manière qu’a Dartnall de poser sa voix sur les couplets) Go To Ground et l’inquiétant Storm Clouds (là, c’est aux Klaxons que l’on pense) ne sont pas en reste. On ne peut pas en dire autant de l’indolore Vision In Rags, pour ne citer que lui.

Touches d’humour dans les textes, effets en tout genre et relents tubesques dans la musique : aucun doute, Ornaments From The Silver Arcade se hisse dans le haut du panier des productions anglo-saxonnes de ces derniers mois. Mais s’il en fera danser plus d’un au détour d’un concert, on ne se fait aucune illusion : d’ici très peu de temps, on en parlera déjà plus. Les Young Knives, un groupe destiné à ne jamais exploser ?
tracklisting
    01. Love My Name
  • 02. Woman
  • 03. Everything Falls Into Place
  • 04. Human Again
  • 05. Running From A Standing Start
  • 06. Sister Frideswide
  • 07. Vision In Rags
  • 08. Go To Ground
  • 09. Silver Tongue
  • 10. Storm Clouds
  • 11. Glasshouse
titres conseillés
    Running From A Standing Start, Sister Frideswide, Go To Ground
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