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Johnny Marr

The Messenger

Johnny Marr - The Messenger
Chronique Album
Date de sortie : 25.02.2013
Label : Warner Music
3
Rédigé par Emmanuel Stranadica, le 4 mars 2013
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Il aura fallu attendre près de deux ans pour que ce premier disque solo de Johnny Marr arrive enfin dans les bacs. C’est dire si l’attente aura été longue. Et ce sans parler des vingt-six années écoulées depuis la fin des Smiths... Pour autant, le guitariste prodige n’a pas chômé pendant toutes ces années. Au titre de guitariste semi-permanent (Electronic, The The, Modest Mouse, The Cribs...), au titre d’invité de luxe sur disque ou sur scène (Bryan Ferry, R.E.M., Lisa Germano, Electrafixion...), ou encore à celui de producteur (Marion, Haven...), Johnny Marr n’a jamais disparu du milieu de la musique.

Après un premier album pour le moins dispensable paru en 2003 sous le nom de Johhny Marr And The Healers, le mancunien nous revient donc dix ans plus tard avec le statut de messager. En grand fan des Smiths, c’est à la fois un mélange d’excitation et d’inquiétude qui m’a envahi à la découverte de ces douze compositions. D’excitation car en tant que compositeur et guitariste d’exception, l’espoir d’entendre de sublimes compositions musicales s’était glissé au fond de moi. Mais aussi d’inquiétude puisque le talent s’avère parfois insuffisant pour exaucer nos souhaits les plus nobles soient-ils.

The Right Thing Right, morceau d’ouverture de l’album, affiche une tendance un peu mitigée qui se retrouvera sur plusieurs chansons du disque. Cette pop song où une batterie écrasante et une production pour le moins étouffante viennent gâcher la magie musicale tant espérée. La voix de Johnny Marr s’avère sans véritable relief et génère un sentiment de déception. Comme si l’ex-Smiths voulait trop en faire par peur d’oublier quelque chose ou de mal faire. De ce fait, il finit par noyer certaines chansons plutôt que les sublimer. Car le problème majeur de ce disque réside en effet dans l’excès d’électricité et de puissance qui ne colle pas à la peau du compositeur de certains des plus beaux albums des années 80s. Un peu comme si de la testostérone avait été injectée à la plupart des compositions du disque et empêchait le cinquantenaire de pouvoir nous délivrer ce fameux message que l’on attendait.

Pourtant, Johnny Marr réussit à toucher la grâce le temps de quelques moments d’exception. Notamment lors du divin New Town Velocity où l’anglais, en toute simplicité, harmonise à la perfection musique, voix et production. Son ancien alter ego a du redoubler de jalousie lors de la découverte de ce joyau que ses musiciens ne seront jamais capables d’égaler. Le britannique trouve également sa voie avec la tendrement acide Say Desmene. Enfin, les fantômes des Smiths et d’Electronic ne se sont pas fait prier pour s’inviter au cours des quatre minutes de European Me, balade aux jolis arpèges un tantinet salis par cette production qu’on peut reprocher à la quasi-totalité de l’album.

Et le reste me direz-vous ? Il oscille entre bon et dispensable. L’album devient cependant plus attachant au fil des écoutes. Il est toutefois dommage que Johnny Marr conclue son disque avec le musclé Word Starts Attack, un peu plus de douceur aurait davantage convenu. On ne peut donc nullement reprocher à ce disque de s’approprier l’héritage du célèbre groupe de Manchester. Si l’ex-guitariste explore de nouvelles directions, Morrissey pendant ce temps continue de piller sur scène l’intégralité du back catalogue du quatuor culte. Peut-on cependant lui reprocher d’agir de la sorte au vu du niveau de ses dernières complaintes musicales qui expliqueraient d’ailleurs pourquoi celui-ci ne trouve pas preneur en termes de label, même si en réalité, et nous l’avons compris depuis bien longtemps, tout cela relève de la mascarade plutôt qu’autre chose.

Les Smiths sont morts. Il reste à souhaiter que personne ne trouve la formule pour réussir un jour à les ressusciter. Go Johnny Go !
tracklisting
    1. The Right Thing Right
  • 2. I Want The Heartbeat
  • 3. European Me
  • 4. Upstarts
  • 5. Lockdown
  • 6. The Messenger
  • 7. Generate! Generate!
  • 8. Say Demesne
  • 9. Sun & Moon
  • 10. The Crack Up
  • 11. New Town Velocity
  • 12. Word Starts Attack
titres conseillés
    European Me - New Town Velocity - Say Demesne
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