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Glass Animals - ZABA
Chronique Album
Date de sortie : 09.06.2014
Label : Wolf Tone/Caroline International
45
Rédigé par Julien Soullière, le 10 juin 2014
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Il arrive que les mots emplissant généralement notre esprit se fassent aussi rares que les lieux de vie en plein désert, alors que paradoxalement, la chose dont on souhaite parler fait état d'une infinie richesse. C'est là ce qui arrive quand un groupe nous donne de ses nouvelles à intervalles réguliers depuis plusieurs mois déjà, et que, parce qu'il est considéré comme « à potentiel », le moindre de ses passages appelle un nombre de commentaires proche de l'incalculable.
Tel l'arbre sans sève, c'est donc la mine bien pâle que l'on prend la plume pour dire quelques mots sur le premier album de Glass Animals, et pour se donner une grosse dose de courage, on commencera par crier bien fort que ZABA restera sûrement comme l'un des meilleurs albums de l'année.

La comparaison entre Glass Animals et les drôles d'oiseaux que sont Alt-J revient souvent, et si on doit y voir une réelle pertinence, ce n'est pas tant d'un point de vue musical que pour le vent de fraicheur que ces deux groupes ont soufflé sur la scène rock britannique. Car si pris individuellement, les éléments qui font le sel de Glass Animals ont déjà été utilisés dans d'autres recettes (on citait Alt-J, mais on peut aussi tisser des liens de parenté avec Vampire Weekend, Wild Beasts, Troumaca ou encore Beaty Heart), les petits gars d'Oxford ont abattu un travail tout simplement incroyable conférant à leur musique un élément des plus essentiels : une identité.
Fort de son ambiance sophistiquée, ZABA est plus qu'une simple compilation de titres. C'est un tout, une suite parfaitement logique, un road trip fascinant au sein de terres aussi préservées qu'étranges. A en croire les innombrables sonorités qui jalonnent le disque quarante-cinq minutes durant, et qui nous évoquent une faune et une flore des plus luxuriantes (Intruxx, seule plage instrumentale du disque, en est le parfait exemple), c'est une immense jungle que l'on traverse ici, une jungle que l'on a décidément du mal à quitter une fois le disque arrivé à son terme.

Et ce sentiment agréable que l'on a d'être un grand bourlingueur est constamment rehaussé par les vocalises soyeuses de Dave Bayley, qui nous livre ici ce qui ressemble franchement plus à des onomatopées qu'à des bribes de langue anglaise. D'un charme vénéneux, sa voix suave nous prend délicatement par la main pour mieux appréhender des titres évoquant grandement l'astre solaire, tantôt quand il se lève, tantôt lorsqu'il se couche. Bouffi de relents hip-hop, un genre que Glass Animals affectionnent particulièrement, ZABA s'est également goinfré de rhythm'n'blues, de soul, de reggae (il y en reste quelques morceaux sur JDNT notamment), et s'essaie même au reggaeton à l'occasion d'un Walla Walla sensuel en diable. Autant dire qu'il reste peu de place pour nos chères guitares, cantonnées ici à un rôle des plus secondaires.
Alors, si Psylla l'Africaine n'est pas à la fête, les excellents Gooey, Cocoa Hooves, et Black Mambo sont eux bien en place, et parfaitement accompagnés par Toes, Flip ou encore Hazey (ce sont les frontières de la Chine que l'on aperçoit ici), ce qui nous fait dire que pour une fois, le meilleur n'était pas dans la bande-annonce.

On pensait ne plus rien avoir à dire sur Glass Animals, et il suffisait pourtant d'écouter ZABA pour que l'inspiration revienne. Ce groupe, on aurait adoré le garder pour nous, le préserver, le mettre à l'abri des feux des projecteurs, mais un tel égoïsme ne serait tout simplement pas humain. Glass Animals méritent de belles choses, et le plus longtemps possible.
tracklisting
    01. Flip
  • 02. Black Mambo
  • 03. Pools
  • 04. Gooey
  • 05. Walla Walla
  • 06. Intruxx
  • 07. Hazey
  • 08. Toes
  • 09. Wyrd
  • 10. Cocoa Hooves
  • 11. JDNT
titres conseillés
    Gooey, Walla Walla, Toes
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