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Gang Of Four

What Happens Next

Gang Of Four - What Happens Next
Chronique Album
Date de sortie : 02.03.2015
Label : Membran
2
Rédigé par Olivier Kalousdian, le 27 février 2015
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Quand Jon King décida, un jour de 2012, que pour lui Gang Of Four c'était fini, il y eut un moment de flottement, un soupçon de doutes et de remise en question de la part du dernier membre originel (et fondateur) restant, Andy Gill. Mais, pas plus de cinq secondes selon l'intéressé. Souvent un pied en dedans, un pied en dehors, Jon King a toujours été une sorte d'électron libre dans Gang Of Four. Peu de musiciens auraient réagi avec l'aplomb et la détermination d'Andy Gill en apprenant le départ de son chanteur, Gang Of Four est son projet et il vivra tant qu'il y croira. Quelques semaines plus tard, Andy travaillait déjà de nouveaux titres pour un prochain album...

Un jour de 2012, John « Gaoler » Sterry, illustre inconnu pour Andy Gill, a pénétré dans son home studio. À la recherche d'une voix à poser sur les premières démos de What Happens Next, Andy Gill s'est vite rendu compte que John ferait mieux qu'être une simple voix de studio pour finaliser ses démos. Un concert secret organisé dans un pub anglais peu de temps après confirmera le talent du musicien en live et la confiance placée en lui par Andy.

Après le succès de Content, avant dernier album du groupe, Andy décide ainsi de s'axer sur un esprit collaboratif et fait appel à ses collègues d'enfance ou de studio (en marge de Gang Of Four, Andy Gill est un producteur réputé) pour palier au départ de Jon King et pour insuffler une nouvelle vision à ses compositions. Allison Mosshart (The Kills) ou encore Herbert Grönemeyer, (star des contrées germaniques) présenté à Andy par leur ami commun et Anton Corbijn rejoignent le nouveau projet de Gang Of Four et posent leurs voix sur certains titres de What Happens Next.
Plus sombre et électronique (certains diront industriel) que les précédents albums du groupe, What Happens Next dévoile un titre de disque à double sens (l'état du monde et l'état du groupe, après le départ de Jon King) et des textes toujours poétiques en prise avec la société d'aujourd'hui. Et, notamment l'Angleterre ou le Londres actuels avec ses différentes cultures, ses nouveaux quartiers rutilants et son fossé, toujours plus large entre riches et pauvres, entre gens des villes et gens de la campagne. Ce qu'exprime le titre d'ouverture au chant orientalisant, Where The Nightingale Sings.
L'apport d'Allison Mosshart se fait entendre sur deux titres : Broken Talk et England's In My Bones ; lequel est porté par d'appétissants sons de guitares propres aux Gang Of Four pour se perdre, ensuite, dans un titre sans mélodie. Un défaut peut-être volontaire qui parcourt l'album, tout au long de ses dix titres. Avec Gail Ann Dorsey, bassiste de David Bowie (notamment) et Robbie Furze (The Big Pink) en prime, Andy Gill s'offre, le temps d'un album, un casting de super groupe aux talents multiples. De quoi faire parler une basse envoûtante, classique chez Gang Of Four, sur le titre First World Citizen et des envolées électro rock sur Graven Image.

Très peu homogène, cet album sera difficile d'approche pour les non-initiés aux plus récents albums de Gang Of Four. Cela était déjà vrai sur Content, cela est frappant sur What Happens Next. Si The Dying Rays culmine sur des sommets d'heroic fantasy avec ses airs de ballade post-gothique, c'est certainement sur Staubkorn, seul titre en Allemand de l'histoire du groupe – interprété par Herbert Grönemeyer – qu'Andy Gill finira de noyer son passé et perdra, peut-être, le plus durablement une fanbase peu habituée aux nouvelles sonorités défendues ici. Un titre qui manque d'engagement, flottant entre deux, trop peu Allemand pour sonner underground et trop peu Anglais pour être vu comme un trait d'humour. Tant qu'à faire chanter Herbert Grönemeyer, on aurait aimé que la musique joue le jeu du son teuton à fond.
Restent la qualité des textes et l'engagement d'Andy Gill à défendre son groupe, année après année, mais oublions les constructions rock classiques ; ici c'est le concept des protest-songs qui est revisité avec de lourds instruments en guise de ponctuation, pour le meilleur ou pour le pire.

Avec ce neuvième album studio, Andy Gill confirme qu'à titre personnel, il se porte comme un charme et que son talent d'auteur ou de manager de groupe (tâche qui fut parfois difficile avec ce parterre de musiciens et de chanteurs externes au groupe) est intact, mais que Gang Of Four est maintenant en phase de reconstruction, nonobstant le talent découvert en John « Gaoler » Sterry ; un talent qui porte le disque et évite le naufrage. Attendons de voir ce qui se passera, après ça...
tracklisting
    01. Where the Nightingale Sings
  • 02. Broken Talk feat. Alison Mosshart
  • 03. Isle Of Dogs
  • 04. England's in My Bones feat. Alison Mosshart
  • 05. The Dying Rays feat. Herbert Grönemeyer
  • 06. Obey The Ghost
  • 07. First World Citizen
  • 08. Stranded
  • 09. Graven Image feat. Robbie Furze
  • 10. Dead Souls feat. Hotei
  • 11. Staubkorn feat. Herbert Grönemeyer
titres conseillés
    Where The Nightingale Sings ; England's In My Bones ; Isle Of Dogs
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