Chronique album : C Duncan - Architect - Sound Of Violence
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C Duncan

Architect

C Duncan - Architect
Chronique Album
Date de sortie : 17.07.2015
Label : FatCat Records
45
Rédigé par François Freundlich, le 13 juillet 2015
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De nombreux songwriters de génies se sont déjà échappés du chapeau magique des rues de Glasgow, mais ce premier album de C Duncan nous rend particulièrement enthousiaste. Diplômé du conservatoire royal d'Ecosse, il a néanmoins choisi de bricoler cet album seul dans la chambre de son appartement, liant le classicisme de sa formation avec ce Do It Yourself marqué par une dream folk flottante où l'on retrouve autant de la modernité pop de groupes comme les voisins d'Edimbourg The Beta Band que d'influences baroques intemporelles.

L'architecte de cet album donne pourtant l'impression de l'avoir méticuleusement travaillé en studio, tant ses orchestrations sont précises, structurées et liées délicieusement à cette délicieuse voix voilée, prolongée d'enchevêtrements d'harmonies à la Fleet Foxes. Une ambiance froide et synthétique s'étend dans des étendues d'échos aux mystères lacustres. Une rythmique saccadée et revenant sans cesse tranche avec les esprits aériens semblant envelopper les compositions. Chris Duncan expérimente sur chaque titre, dans une intensité relaxante qui sonde les profondeurs, nous nous retrouvons comme attirés par ce triton écossais à la voix suave et virevoltante. Si le début de l'album est plutôt synthétique et teinté de nappes de claviers langoureuses, des ballades acoustiques vont peu à peu imposer des ritournelles de cordes et de chœurs éthyliques, bercés parfois de sifflement nonchalants comme sur For.

Cet album est avant tout une ode au calme céleste, restant dans l'introspectif mais aussi dans une certaine spiritualité terrestre principalement dans ces chœurs s'envolant dans des percées aigües angéliques et contemplatives comme sur He Believes in Miracles. Après les dérivations psychédéliques de Garden, odyssée psychédélique à oscillation alternative peuplée de longues montées de synthés lumineux aux changements de rythmes permanents, l'album bascule dans des sonorités plus puissantes. Des guitares électriques sombres et saccadées, quasi post-punk, ressortent davantage sur Here To There tandis que les variations baroques éthérées de New Water nous percutent de toute leur pesanteur, se collant infiniment à nous. Puissantes et fragiles à la fois, des sonorités éclairées rappelant Grizzly Bear s'écoulent et nous abreuvent de vagues saisissantes comme sur les violons crépitant de Novices. Nous sommes pris jusqu'à la dernière note avec I'll Be Gone By Winter, dernière perle acoustique d'une tristesse hivernale à la simplicité de berceuse onirique

Ce petit génie mutli-instrumentiste de vingt-cinq ans qui a enregistré chaque piste une à une dans sa chambre à coucher rejoint le haut du panier des songwriters qui auront marqué cette année. Ce premier album est une réussite, foisonnant d'idées entre nappes de synthé vintages, excitations de guitares et une certaine fragilité vocale émouvante à souhait.
tracklisting
    01. Say
  • 02. Architect
  • 03. Silence and Air
  • 04. For
  • 05. He Believes in Miracles
  • 06. Garden
  • 07. Here to There
  • 08. By
  • 09. New Water
  • 10. Novices
  • 11. As Sleeping Stones
  • 12. I'll Be Gone by Winter
titres conseillés
    Garden, Say, For
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