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Skunk Anansie

Anarchytecture

Skunk Anansie - Anarchytecture
Chronique Album
Date de sortie : 15.01.2016
Label : Ear Music
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Rédigé par Hugues Saby, le 13 février 2016
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J'ai beau tourner le problème dans tous les sens, essayer de sauver quelque chose, trouver du positif, me raccrocher à mes émotions adolescentes, mais rien n'y fait : l'écoute de ce nouveau disque de Skunk Anansie est une expérience atrocement douloureuse. Pour vous en convaincre, fiez vous totalement à la pochette, tout simplement hideuse (je crois bien ne pas en avoir vu d'aussi moche depuis celle du premier album de Neil Young), et au titre poussif en mot-valise : le contenu musical est à l'avenant. Mais commençons par le commencement. Déjà : qu'est-ce que c'est que ce look ? Sérieusement les mecs : bouc, chapeau, veste à sangle, dreads, teinture blonde ? En même temps ? Si j'étais vous, je me regarderais dans une glace et je virerais mon manager. Mais surtout, si j'étais vous, j'arrêterais la musique, immédiatement. Car venons-en au cœur du problème : ces onze morceaux très embarrassants. Personne n'oserait affirmer aujourd'hui que Skunk Anansie a été l'un des grands groupes de la vague britpop, ni en termes de qualité ni en termes d'influence. Mais personne n'oserait non plus sans mauvaise fois ne pas concéder que certains de leurs tubes avaient de la gueule, notamment Hedonism, qui les a fait exploser. Le truc était cohérent, et collait avec précision à une époque et une esthétique. Le souci quand on adhère à l'air du temps, c'est que ça ne dure jamais longtemps, sauf si l'on sait se renouveler avec talent. C'est là le hic : déjà à l'aube des années 2000, la formation anglaise commençait à perdre de sa pertinence et de son mordant. Il y avait encore quelques beaux moments sur Post Orgasmic Chill, la plupart portés à bout de cordes vocales par la voix hors du commun de Skin. Mais pas suffisamment d'inspiration pour les sortir de la spirale descendante dans laquelle ils s'étaient eux-mêmes engouffrés. C'est dire si une reformation ne s'imposait pas.

Nonobstant les critiques unanimement mauvaises qui avaient consacré leur retour en 2010, et particulièrement leur album Black Traffic, Skunk Anansie persistent pourtant avec obstination dans la médiocrité. Anarchytecture en est l'exemple criant. Le manque d'énergie le dispute à l'absence d'originalité dans cette obscure bouillie mêlant guitares paresseuses, lignes de batterie pompeuses à souhait et synthés grouillots d'un autre âge. Même la voix, qui fut toujours la force du groupe, se mue aujourd'hui en faiblesse, n'entrainant plus personne dans son morne sillage. Les poncifs d'écriture sont tous au rendez-vous, des riffs « péchus » de guitare farcis d'obsolescence (l'intro de The Sinking Feeling, We Are The Flames) aux ballades lyriques désastreuses de banalité (I'll Let You Down), en passant par des agressions pop rock balourdes et incongrues (Beauty Is Your Curse, In The Backroom) et des « woooooooow ! » meuglés dignes d'un soir de fête de la musique. C'est tout simplement insoutenable. Il y a néanmoins une bonne nouvelle dans tout ça : le ridicule ne tue plus. Si c'était le cas, l'ensemble des membres de Skunk Anansie serait décédé depuis fort longtemps. Voilà un groupe qui est resté bloqué dans les années 90 à tous les étages. Sa musique, jamais loin du très mauvais goût mais qui savait alors se faire incisive, tranchante, juste, est demeurée là-bas avec eux. À une époque où MTV révolutionnait le monde, et où Hedonism crevait l'écran, pour le bonheur de nos premiers émois de teenagers. C'était bien, mais c'est loin. On est en 2016, et le monde a besoin d'autre chose que d'un énième come-back, surtout quand il a cette gueule-là.
tracklisting
    01. Love Someone Else
  • 02. Victim
  • 03. Beauty Is Your Curse
  • 04. Death To The Lovers
  • 05. In The Backroom
  • 06. Bullets
  • 07. That Sinking Feeling
  • 08. Without You
  • 09. Suckers!
  • 10. We Are The Flames
  • 11. I'll Let You Down
titres conseillés
    Death To The Lovers - Suckers!
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