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Happyness

Write In

Happyness - Write In
Chronique Album
Date de sortie : 07.04.2017
Label : Moshi Moshi
4
Rédigé par Xavier Turlot, le 29 mars 2017
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A peine six mois après la publication d'un EP de reprises, voici déjà que le trio londonien Happyness nous revient avec un nouvel album. Enregistré au même endroit et avec le même matériel que pour Weird Little Birthday, cet opus intitulé Write In offre néanmoins des chansons plus soignées et accessibles que son prédécesseur. Le côté démo a été poli, les mélodies ont été rendues plus évidentes et accessibles, sans pour autant ôter au style du groupe. Cette fois-ci l'esthétique générale du disque penche davantage vers la pop anglaise des années 1970 que vers le rock slacker américain des années 1990.

Les voix, omniprésentes dans le mixage comme à l'accoutumée, sont mises au service d'une écriture plus assurée encore qu'aux débuts de Happyness. Le groupe n'a pas remisé son sens de l'humeur et son amateurisme de façade, y ajoutant cette fois un sens du kitsch savamment maîtrisé, toujours à la limite de la faute de goût dans le choix d'un chœur ou d'une nappe de synthétiseur. Le single Through Windows offre un bon exemple de ce sens inné de la mesure, avec ses chœurs mielleux et ses accords plaqués de piano (on pense vraiment à la carrière solo de John Lennon). Ce choix assumé, couplé à une mélodie de qualité, donne un résultat extrêmement intéressant, à l'instar de la plupart des morceaux de l'album.


Sur The Reel Starts Again [Man As Ostrich], le piano langoureux et suave cadre un chant impeccable à nouveau à la frontière de la caricature. Les références pop se bousculent, de George Harisson à Elliott Smith, on est en terrain connu mais heureux de constater que tout n'a pas été écrit non plus.
Happyness n'a pas délaissé ses velléités plus noisy, comme Anytime ou Bigger Glass Less Full le démontrent. Toujours nonchalants et volontairement paresseux dans l'exécution des chansons, à l'image de leur Jelly Boy Studio désordonné, les trois musiciens balancent à l'occasion des accords baveux à grands renforts de fuzz. Il ne s'agit pas de se cantonner aux ballades gentillettes. Le trio sait aussi livrer son quota de chansons accrocheuses, telles Annie, Lisa Calls qui constitue un single efficace. Falling Down, avec sa structure très linéaire et dont la partie originellement destinée à la fin du morceau s'est retrouvée au début, donne lieu quant à elle à une ouverture très dream pop.

L'écoute de la musique de Happyness provoque un sentiment toujours partagé entre l'admiration pour l'écriture inspirée et la réalisation sciemment bancale des morceaux. Le guitariste et bassiste Jon EE Allan explique assez bien la vision qu'ils ont de la musique en général : « On peut prendre les choses un peu trop au sérieux et les rendre philosophiques, mais au final ce ne sera qu'une vaste blague. Au final on se dit que la musique est peut-être toujours un peu ridicule. Si on fait abstraction de leur aura, tous les plus grands groupes ont une sorte de frivolité enfantine. Et puis, inévitablement, quelque chose de sérieux vient les imprégner ». Ce contraste est tout entier résumé dans Write In.

A voir sur scène le 2 mai prochain à l'Espace B de Paris !
tracklisting
    01. Falling Down
  • 02. The Ree Starts Again [Man As Ostrich]
  • 03. Anytime
  • 04. Through Windows
  • 05. Uptrend/Style Raids
  • 06. Bigger Glass Less Full
  • 07. Victor Lazarro's Heart
  • 08. Anna, Lisa Calls
  • 09. The C Is A B A G
  • 10. Tunnel Vision On Your Part
titres conseillés
    The Reel Starts Again(Man As Ostrich), Bigger Glass Less Full, Anna, Lisa Calls
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