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Erland Cooper

Solan Goose

Erland Cooper - Solan Goose
Chronique Album
Date de sortie : 23.03.2018
Label : Phases Records
4
Rédigé par François Freundlich, le 2 avril 2018
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D'après un adage, un album qui contient un morceau dédié aux macareux ne peut être foncièrement mauvais. Echappé de ses groupes Erland And The Carnival et The Magnetic North, Erland Cooper prend son envol avec ce premier disque solo nous emportant vers des espaces infinis grâce à des pièces instrumentales contemplatives. Chaque composition porte le nom d'un oiseau, dans le dialecte local Orcadien de l'archipel écossais d'Orkney, d'où est originaire Erland Cooper. Paré au décollage.

Pour s'échapper de la morosité de sa vie londonienne, Erland Cooper retourne à la terre en mélangeant idéalement pianos et violons dans des déliés hivernaux de mélodies apaisés. Dans ces crescendos lumineux et cristallins, le multi-instrumentiste déploie de douces ambiances extatiques en lévitation rappelant une bande originale d'un film de Terrence Malick qui réaliserait Jonathan Livingston le goéland. Trois films de Alex Kozobolis tournés à Orkney sont d'ailleurs destinés à accompagner cette sortie. La voix de la soprano et violoniste Charlotte Greenhow complète le tableau avec des chœurs angéliques et célestes rappelant une chorale islandaise dans la Hallgrímskirkja de Reykjavik. Les influences scandinaves sont effectivement bien présentes avec des références au folklore et aux mythologies du nord, faisant parfois penser à la musique de Amiina.

Ces pianos ou autres synthés Moog semblent évoluer au ralenti dans un paysage enneigé et fantasmagorique, malgré ce petit coté joyeux et enfantin qui peut ressortir. Les chants aériens donnent envie de tout laisser tomber pour partir observer les chouettes en forêt. Ou les hiboux des marais, les fous de bassan, les léipoas ocellés, les oiseaux huitriers, les rissas, les courlis cendré ou les grands labbes auxquels sont dédiés chacun des titres. Sur Aak, onomatopée du cri de la pie-grièche grise, le piano possède ce son cristallin tellement attachant, caressant comme un maine coon allongé sur un tapis de velours. De la berceuse intrigante Whitemeea, aux violons elfique de Mallie, jusqu'à ce petit coté celtique qui ressort sur Cattie-face, Solan Goose rappelle la naturalité des vastes espaces inoccupés. Une puissante mélancolie s'en dégage malgré la tendresse profonde qu'on y trouvera.

On a comme envie de s'envoler dans les nuages avec Icare Cooper qui s'est construit ses propres ailes avec ce disque. L'album le plus ornithologique de l'année s'écoutera pour oublier l'absurdité du monde et revenir à ce qui compte finalement le plus : la beauté fascinante de la nature.
tracklisting
    01. Whitemaa
  • 02. Solan Goose
  • 03. Mallie
  • 04. Shalder
  • 05. Cattie-face
  • 06. Aak
  • 07. Kittiwaako
  • 08. Whaup
  • 09. Bonxie
  • 10. Tammie Norie
titres conseillés
    Mallie, Solan Goose, Shalder
notes des lecteurs