Chronique album : James - Living In Extraordinary Times - Sound Of Violence
logo SOV

James

Living In Extraordinary Times

James - Living In Extraordinary Times
Chronique Album
Date de sortie : 03.08.2018
Label : Infectious Music
35
Rédigé par Emmanuel Stranadica, le 1er août 2018
Bookmark and Share
Depuis leur comeback en 2008, James continuent leur petit bonhomme de chemin. C'est en effet déjà leur troisième disque depuis Hey Ma !, album de la renaissance, auquel il convient d'ajouter deux mini albums parus en 2010. Précédé en juin d'un EP mi-figue mi-raisin, Btter Than That, annonçant la tendance de leur quinzième disque, Living In Extraordinary Times, il y avait une fois encore un risque sérieux de ne pas retrouver la passion d'antan pour ce groupe qu'on avait pourtant tellement adoré, notamment avec leur génialissime album Laid.

Mais les temps ont bien changé, et les albums passant, on s'est fait à l'idée que la mouvance dans laquelle s'est engagée le groupe de Manchester depuis quelques années ne permettrait pas d'envisager un retour vers ce qu'était ce groupe avant 2008. Le son s'est sérieusement étoffé, donnant une place à l'électronique bien plus importante que par le passé. Pourtant ce n'est pas faute d'avoir travaillé avec Brian Eno ou encore Youth dans les années 90, mais la production de Charlie Andrew et de Beni Giles pour ce nouveau disque n'a vraiment plus rien à voir avec l'élégance de celles des deux producteurs précités.

James ont eu tendance sur leurs derniers albums à imposer à leur public un son écrasant et au final assez fatigant. Hank (déjà présente sur leur dernier EP) qui ouvre l'album n'échappe pas à la règle. Si la chanson n'est pas mauvaise en tant que telle, elle reste éprouvante en grande partie à cause de la production. Au-delà de la musique, on s'intéressera au message antifasciste qu'adresse Tim Booth à l'actuel pensionnaire de la Maison Blanche : « White fascists in the white house, More beetroot in your Russian stew ». A bon entendeur, salut !

Coming Home (Pt.2) qui lui ensuit (mais où diable se trouve la première partie ?) est peut-être un clin d'œil à un des grands classiques du groupe : Come Home. Cependant musicalement les deux chansons sont très différentes, et une fois encore une certaine nostalgie nous emporte en repensant à cette époque où ce groupe nous faisait rêver. D'autant que Brian Eno joue du clavier sur ce nouveau morceau, c'est dire ! Fort heureusement ce disque ne va pas sombrer au fur et à mesure que l'on avance dans l'écoute. C'est d'ailleurs probablement le meilleur album de James depuis Hey Ma ! Malgré quelques loupés, comme la fin de Leviathan rendue insupportable par le chuchotement de Tim Booth, le disque n'en demeure pas moins intéressant.

Heads constitue une plongée dans la transe, comme c'est souvent le cas pour Tim Booth sur scène, alors que Many Faces a des airs de ballade aux accents mexicains. La seconde partie de l'album est indéniablement meilleure. James réussissant même à nous toucher avec des chansons simples et posées telles que How Hard The Day. Le mysticisme est de mise, notamment sur Pictures Of This Place où Tim Booth se transforme en chamane.
Un point saisissant dans ce disque, c'est la rage. On la trouve dans les textes, la musique mais aussi le chant du Mancunien. Pour chanter, « It's just a fever of greed, don't believe in the white American dream, God bless inequality. The poor vote the rich to hammer nails in their feet, land of the free », il faut vraiment avoir de l'animosité. La conclusion de plus de sept minutes, What's It All About résume assez bien l'album entre spleen et colère. Son terme pouvait s'apparenter à une fin du monde une explosion avec cette fausse fin et ce retour quasi a capella de Tim dans les deux dernières minutes.

A l'image de la pochette, ce nouvel album de James oscille entre guerre et paix, quiétude et rage. On regrettera forcément quelques lourdeurs, notamment en termes de production, mais on y trouvera tout de même notre compte, en tout cas bien davantage que dans les essais précédents. Living In Extraordinary Times a des allures de fin du monde et semble vouloir nous rappeler de bien profiter avant qu'il ne soit trop tard. Explicitement dit par Tim Booth, cela donne : « Fuck you, I want to fuck you until we break through into other dimensions where we're all one before the big bang blew ».
tracklisting
    01. Hank
  • 02. Coming Home (Pt.2)
  • 03. Leviathan
  • 04. Heads
  • 05. Many Faces
  • 06. How Hard The Day
  • 07. Extraordinary times
  • 08. Pictures Of This Place
  • 09. Hope To Sleep
  • 10. Better Than That
  • 11. mask
  • 12. What's It All About
titres conseillés
    Many Faces - Pictures Of This Place - What's It All About
notes des lecteurs
Du même artiste