logo SOV

A.A. Williams

Forever Blue

A.A. Williams - Forever Blue
Chronique Album
Date de sortie : 03.07.2020
Label : Bella Union
4
Rédigé par Emmanuel Stranadica, le 28 juin 2020
Bookmark and Share
Certaines artistes nous tombent dessus sans qu'on s'y attende, et nous marquent profondément. C'est le cas de A.A. Williams, auteure de l'album intitulé Forever Blue. Certes ce n'est pas sa toute première sortie musicale, celle-ci ayant déjà deux EPs à son actif, dont un publié en compagnie des japonais de Mono; ces derniers ont d'ailleurs profondément marqué l'anglaise, c'est indéniable à l'écoute de son disque.

Dès l'entame de Forever Blue, entourée d'un piano et d'un violoncelle, la Londonienne captive avec cette voix suave et envoutante. La progression musicale de ses chansons emporte souvent l'auditeur dans un maelstrom tournoyant. All I Asked For (Was To End It All) constitue un démarrage délicat et subtil. Toutefois la couleur de la musique de cette jeune artiste va continuer à s'assombrir au long des compositions du disque. Melt sonne très post-rock avec ce côté symphonique qui inévitablement rappelle les Japonais avec qui A.A. Williams a collaboré. La voix de la chanteuse évoque parfois Anna Calvi, le côté furieux en moins, notamment sur Dirt où elle se trouve accompagnée vocalement par Johannes Persson de Cult Of Luna. Mélancolique à souhait, la chanson charme. On sentait l'artiste dans une certaine retenue, et celle-ci se lâche littéralement dans un Fearless littéralement métal dont on ne sort pas indemne.

Il est vrai qu'on a commencé à craindre le pire en découvrant cette chanson. Cependant, la seconde moitié de l'album n'ira pas explorer de tels extrêmes. Glimmer redonne un côté mélancolique à l'écoute dont les paroles traduisent à elles-mêmes toute la détresse que la chanson peut procurer : « I wasn't meant to see the sun/ Washed out and pale I wait undone ». L'univers dans lequel A.A. Williams gravite n'est bien entendu pas rose. On pense parfois à Cat Power à ses débuts notamment avec ses lignes de guitares lentes et sombres, avant que ne surgisse un rugissement musical d'une folle intensité. Love And Pain en est une parfaite illustration. Deftones serait une influence de l'anglaise, on n'en doute pas une seconde.
Wait nous emporte une dernière fois dans un tourbillon sonore sans issue possible. Mais c'est apaisée que A.A. Williams conclut son disque avec I'm Fine. Ce qui ne semblait pas être une évidence à l'écoute de son album dans son intégralité.

L'anglaise ne nous a donc pas laissés insensible avec ce Forever Blue. Comme son nom l'indique, et contrairement à la saison à laquelle il est sorti, cet album ne sera pas le disque de l'été pour faire la fête. Il n'empêche qu'on trouve en lui quelque chose d'immensément lumineux. Écoutez-le et laissez-vous emporter.
tracklisting
    01. All I Asked For (Was To End It All)
  • 02. Melt
  • 03. Dirt
  • 04. Fearless
  • 05. Glimmer
  • 06. Love And Pain
  • 07. Wait
  • 08. I'm Fine
titres conseillés
    All I Asked For (Was To End It All) - Melt - Love And Pain
notes des lecteurs