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Young Knives

Barbarians

Young Knives - Barbarians
Chronique Album
Date de sortie : 18.09.2020
Label : Gadzöök
35
Rédigé par Bertrand Corbaton, le 6 septembre 2020
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En une dizaine d'années, les Young Knives sont devenus une entité unique. Poussés par une folie revendiquée et assumée, les frères Dartnall ont créé un monstre en équilibre constant entre l'originalité et le n'importe quoi. À cet égard, le dernier album Sick Octave fait office de pièce idoine.

On ne compte plus les auditeurs encore perdus dans le dédale sonore de cet album, à la recherche de réponses pour comprendre ce qui a pu pousser les deux larrons dans ces chemins de traverses, digne du plus fou des lacis.

Les Young Knives se sont-ils eux aussi perdus pour avoir besoin de ralentir le rythme pendant sept ans avant de sortir Barbarians ? Cette relâche salvatrice, seulement troublée par deux EPs (2013 et 2015) n'a pas vraiment entamé la folie de nos protagonistes. Il a cependant laissé entrevoir les prémices d'une musique plus grave et plus musclée sur Something Awful (2015).

Il aura également permis de construire ce nouvel LP sur une base, un fil conducteur qui leur fait présenter aujourd'hui un album beaucoup moins désarticulé que Sick Octave.
Ainsi, Barbarians fait la part belle à des sonorités tendues et âpres. C'est est un album aux couleurs souvent ocres, sablonneuses. Il est fait d'une matière rêche aux circonvolutions métalliques et électroniques. Encore une fois, Young Knives vont nous pousser dans nos retranchements, et éprouver notre résistance à leurs délires vésaniques.

D'un bout à l'autre, Barbarians s'apparente à une escapade furieuse mais fléchée. De la rude entrée en matière de Swarm à la tempête sonore sur le magistral Only A God, l'album dévoile des titres parfois lourds et puissants. Pourtant, malgré la force de la déflagration, le chemin reste tracé, clair, et la traversée est des plus agréables. I Am Awake joue aussi cette partition physique et enragée. Quelques respirations permettent de se refaire la cerise comme sur Jenny Hanniver qui évoquera à certains l'intro de The Rip de Portishead, ou sur le déluré Red Cherry, plus conforme aux productions passées du groupe.

Malgré tout, et de façon générale, il est ici question d'énergie. Le rouleau compresseur à la Prodigy du morceau Barbarians, tout en agressivité et incantations shamaniques, illustre à la perfection ce que représente ce nouvel album. Il se conclut comme il avait commencé. L'entêtant What I Saw, aux relents un peu trop voyants d'Empathy de Crystal Castles, sonne comme l'arrivée finale après la traversée d'une tempête de sable.

Young Knives jouent d'un amalgame entre électronique et instruments du meilleur effet. Déjà entendu sur leurs précédents essais, la formule prend sa quintessence sur Barbarians. Ainsi, est évité le piège de la caricature du groupe qui revendique la liberté jusqu'à en faire n'importe quoi. Ce nouvel album développe une énergie folle, mais conserve l'approche hallucinée marque de fabrique du groupe. En ce sens, cette nouvelle sortie est une réussite.
tracklisting
    01. SWARM
  • 02. SOCIETY FOR CUTTING UP MEN
  • 03. JENNY HANNIVER
  • 04. RED CHERRIES
  • 05. I AM AWAKE
  • 06. HOLY NAME 68'
  • 07. BARBARIANS
  • 08. SHEEP TICK
  • 09. ONLY A GOD
  • 10. WHAT I SAW
titres conseillés
    ONLY A GOD, SWARM, JENNY HANNIVER, I AM AWAKE
notes des lecteurs
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