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The Jaded Hearts Club

You've Always Been Here

The Jaded Hearts Club - You've Always Been Here
Chronique Album
Date de sortie : 02.10.2020
Label : Helium-3/Infectious Music
45
Rédigé par JM, le 1er octobre 2020
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À la façon d'une partie de Jumanji ayant viré au drame, où chaque mois qui se succède est pire que le précé­dent, 2020 semble être l'an­née de l'impossible et des déceptions dans tous les domaines. Pourtant, cette décennie nous a apporté les premiers enregistrements d'un nouveau supergroupe rock qui n'était jusqu'à présent apparu que sur scène : The Jaded Hearts Club (initialement connu sur le nom de Dr. Pepper's Jaded Hearts Club Band).
Il s'est formé en 2017, quand Jamie Davis, guitariste britannique installé à Los Angeles et ancien gérant de Transcopic Records (ndlr : label anglais de Graham Coxon), a voulu former un groupe de reprises des Beatles pour son anniversaire. Pour ce faire, il décide de faire appel à une tripotée d'amis musiciens pour créer un cover band période Cavern Club : Matt Bellamy (Muse), Graham Coxon (Blur), Miles Kane (The Last Shadow Puppets), Nic Cester (Jet) et Sean Payne (The Zutons). Dans les années 70, on appelait « supergroups » les formations réunissant des artistes déjà très connus et faisant cause commune pour le meilleur et pour le pire : Crosby, Stills, Nash & Young, Derek & The Dominos, Emerson, Lake & Palmer, Mike + The Mechanics ou plus récemment The Dead Weather, The Good, The Bad & The Queen ou encore Them Crooked Vultures... Les amateurs feront le tri tous seuls.

Portrait vérité de six musiciens et de six passionnés de musique, You've Always Been Here glorifie principalement les années 50 et 60 conchiant complètement celles qui ont suivies. Là où on aurait pu s'arrêter à un vague concours de têtes d'affiches s'emmêlant les pinceaux dans des compositions originales, les acteurs de ce projet ont décidé de continuer dans le domaine des reprises. Leur dessein ? Redonner vie aux classiques perdus de la Northern Soul et de la Motown, montrant ainsi que le respect et l'admiration pour les pionniers du genre, qu'il s'agisse du classique des Sonics Have Love Will Travel ou du moins connu This Love Starved Heart Of Mine (It's Killing Me) de Marvin Gaye, demeuraient immuables, et ce, toutes générations d'artistes confondues.


Contrairement aux groupes cités précédemment, pas d'attente ou de pression excessive autour de The Jaded Hearts Club. La raison ? Le groupe ne se soucie pas d'être dans le coup, il est simplement une récréation pour ces stars anglaises qui ont décidé de faire de leur hobby du dimanche un vrai projet. Cet album est ainsi une compilation sérieuse et ambitieuse perpétuant la tradition de formations comme les Beatles et les Rolling Stones qui ont repris de grands standards de blues et de soul pour les ré-enregistrer dans un style plus moderne et rock.
Avec cet album, on redécouvre dans une version rock, voire garage, des titres mythiques maintes fois repris, à tel point que l'on en oubliait parfois l'interprète original. Le garage justement, lieu où certains vous conteront, l'œil embué et la gorge tremblante, ces temps bénis où ados, ils massacraient des standards ds Kinks sur leurs amplis à transistor, rêvant à des stades pleins à craquer. On retrouve justement cette ardeur juvénile dès la première écoute : c'est brut et libérateur, à la fois familier et déroutant, contraction de ces chansons que l'on connait déjà et du registre plus nerveux et débridé dans lequel elles sont interprétées. Pas besoin d'aller chercher des raccourcis et références faciles, ça ne ressemble heureusement en rien ni à Muse, ni aux Last Shadow Puppets, ni à Blur ; ça ressemble simplement à ce que le rock se doit d'être. C'est un hommage à ce qu'une guitare, une basse, une batterie, et une bande de copains qui savent s'amuser, peuvent faire en reprenant des chansons devenues pour la plupart cultes. Le mélange se fait naturellement, sans qu'on ait trop l'impression que chacun veuille étaler sa technique ou tirer la couverture à soi. Nic Cester et Miles Kane partagent d'ailleurs équitablement le micro, prêtant leurs voix grondantes et décoiffantes, mais laissant tout de même l'introduction et la conclusion du projet au bassiste et producteur Matthew Bellamy (We'll Meet Again et Fever)

Le nom du groupe suggère avec ironie le regroupement de personnes devenues blasées. Or c'est de fait tout l'inverse. Fraîcheur de vivre, rentre-dedans et prendre du plaisir : c'est une bande de copains, désespérément romantiques (pour une bromance) qui se comprennent et trouvent un exutoire dans leur passion commune. Si ces habitués des grandes salles (voire des stades) se réunissent ainsi, c'est naturellement pour retrouver l'excitation des concerts en club, mais aussi pour en venir en aide aux autres. Leur première galette, un vinyle live, sobrement intitulé Live At The 100 Club, a été publié en tirage limité et les bénéfices ont servi pour venir en aide aux enfants atteints d'une maladie incurable. Pour tous ces élans de solidarité et son aspect récréatif, il est difficile d'être vindicatif avec ce You've Always Been Here.


Le Rock, est une philosophie, une culture, promptement incendiée, mais intimement partagée par ces musiciens qui nous font rêvé depuis, pour certains, plus d'une quinzaine d'années. Preuve en est avec cet album aux allures d'un rollercoaster sans freins ni barrière, conduit d'une main de maitre par une poignée de musiciens reconnus à l'alchimie parfaite qui ferait passer Chuck Norris pour une danseuse du Bolchoï. Voilà, vous y êtes, et vous ne voudrez plus en sortir.

tracklisting
    01. We'll Meet Again (Vera Lynn)
  • 02. Reach Out I’ll Be There (Four Tops)
  • 03. Have Love Will Travel (The Sonics)
  • 04. This Love Starved Heart Of Mine (It's Killing Me) (Marvin Gaye)
  • 05. Nobody But Me (Human Beinz / Isley Brothers)
  • 06. Long And Lonesome Road (Shocking Blue)
  • 07. I Put A Spell On You (Screamin' Jay Hawkins)
  • 08. Money (Barrett strong)
  • 09. Why When The Love Is Gone (Isley brothers)
  • 10. Love's Gone Bad (Chris Clark)
  • 11. Fever (Peggy Lee)
titres conseillés
    Reach Out I'll Be There, Have Love Will Travel, Nobody But Me
notes des lecteurs
notes des rdacteurs