Chronique album : Babyshambles - Down In Albion - Sound Of Violence
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Babyshambles

Down In Albion

Babyshambles - Down In Albion
Chronique Album
Date de sortie : 14.11.2005
Label : Rough Trade/PIAS France
35
Rédigé par Raph, le 20 décembre 2005
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Ca commence par une danse effrénée, puis un tube décrié, puis ça s’essouffle doucement, malgré quelques morceaux de bravoure. Ca, c’est Down In Albion, premier album des Babyshambles selon la pochette, ou premier album solo de Pete Doherty selon la biographie.

Tant de couvertures de magazines people et de faits divers portés par des tabloïds choqués et réjouis avaient quelque peu éclipsé la carrière artistique du jeune poète, attendu donc au tournant, autant par ses détracteurs que ses inconditionnels. Force est de constater que chaque camp aura son lot d’arguments après écoute de cet opus brillant et trépidant, mais laborieux et inconsistant. Pete Doherty fonctionne clairement à l’instinct, ses chansons en sont la preuve même, et le génie ne lui est pas étranger. Chaque riff, chaque ligne mélodique est une pure merveille. Prenons les 15 premières secondes de A Rebours, Killamangiro, Back From The Dead ou encore Loyalty Song, comme ça, au hasard… L’évidence serait presque indécente. Mais le talent n’est pas grand chose si on ne sait pas s’en servir, et souvent dans Down in Albion, les titres manquent de cadre et de tenue, s’égarant sur des chemins malvenus. En cela, le Pete Doherty de 2005 ressemble au Bruce Springsteen de 1973, celui qui ne savait pas encore se concentrer sur l’essentiel, se perdant dans des dédales narratifs sans fin. Deux ans après, il écrivait Born To Run...

Quelques titres, The 32nd Of December ou Up The Morning par exemple, auraient pu limiter leur existence aux faces B des multiples singles, surtout quand on sait que l’énergique Black Boy Lane ne connaîtra pas les honneurs qu’il méritait. Mais ne lui soufflons pas l’idée d’en rajouter, car l’album est clairement trop long, et rester concentré jusqu’au bout n’est pas un mince exploit. Pourtant, Albion est une merveille, le riff de 8 Dead Boys un tuerie, La Belle et La Bête une valse hystérique, Fuck Forever et sa cacophonie orgasmique un hymne énorme (déjà testé live !). On n’oubliera pas non plus Mick Jones, qui règle le tout de main de maître, déposant des nappes de velours sur les tortures vocales et mentales d’un artiste en détresse, éclairant l’auditeur attentif d’une ligne directrice qui semblait manquer.

Voilà donc Down In Albion, album unique en son genre. Certains diront qu’il ne ressemble à rien, d’autres que rien ne lui ressemble, et beaucoup sans doute auront raison. Une chose est certaine, Pete Doherty n’a pas (encore ?) écrit son chef d’œuvre, et en cette fin d’année 2005 (que l’avenir me donne tort), j’ose clamer ce qui mettra tout le monde d’accord : Katie, elle, avait plus de classe avant !
tracklisting
    01. La Belle Et La Bête
  • 02. Fuck Forever
  • 03. A Rebours
  • 04. The 32nd Of December
  • 05. Pipedown
  • 06. Sticks And Stones
  • 07. Killamangiro
  • 08. 8 Dead Boys
  • 09. In Love With A Feeling
  • 10. Pentonville
  • 11. What Katy Did Next
  • 12. Albion
  • 13. Back From The Dead
  • 14. Loyalty Song
  • 15. Up The Morning
  • 16. Merry Go Round
titres conseillés
    A Rebours, Albion, Back From The Dead
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