Live report : Festival FNAC Live - Paris - 17.07.2015 - Sound Of Violence
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Festival FNAC Live

Paris, du 15 au 18 juillet 2015

Live-report rédigé par Déborah Galopin le 21 juillet 2015

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Pour ce troisième soir, le Festival Fnac Live a proposé une belle programmation avec des têtes d'affiches mais également de nouveaux artistes promus par l'un des magazines partenaires. Le public est moins nombreux que la veille, mais n'en est pas moins enthousiaste pour autant.

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C'est le groupe Fuzeta qui ouvre cette soirée, comme il l'avait déjà fait lors du OÜI FM Festival il y a peu. Un démarrage qui se fait en douceur avec des titres de leur EP tels que Y ou Dive. Ils sont quatre sur scène avec une présence des choeurs assez importante donnant un ensemble agréable où la puissance se mêle à l'apaisement. Il y a une belle coordination entre les instruments et les voix puisque la batterie, les guitares et la basse n'hésitent pas à se faire plus discrets pour donner d'avantage d'espace aux voix. Une symbiose se crée quand, ensemble, ils montent crescendo. Ils terminent leur set sur Ferns, morceau lent et progressif. Un groupe sincère, qui prend plaisir à jouer malgré une certaine pudeur, mais la beauté n'a pas besoin d'être grandiloquente.

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La contemplation de Fuzeta a laissé place à la dynamique Jeanne Added. Cheveux décolorés, look à la garçonne, elle a un style déjà bien affirmé qu'elle transmet également dans sa musique. D'un titre à l'autre, des influences différentes apparaissent, principalement électro, parfois rock, un peu de rap et une touche de lyrisme. Certains morceaux comme Back To Summer ont des paroles peu présentes mais marquées par des répétitions. C'est d'ailleurs ce jeu sur les sonorités qui fait que cela fonctionne aussi bien, car même si on ne connait pas le titre, très rapidement il nous devient familier. « J'aime bien vous regarder dans les yeux », nous avoue-t-elle, expliquant la raison pour laquelle elle ne porte pas de lunettes de soleil, bien que « ça pique un peu ». Une petite attention qui ajoute à l'intensité qu'elle donne. Quand Jeanne Added chante Lydia, c'est dans un cri de guerre qu'elle hurle « I love you », dévoilant toute la souffrance de ce sentiment. Pas de doute, elle a du talent pour parvenir à faire danser tout en bousculant les émotions du public.

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Baxter Dury est venu lancer, tout fringuant, son Happy Soup, en démarrant avec Isabel puis Claire. En costard avec sa chemise à fleur, il incarne déjà une certaine classe désinvolte. On avait déjà pu voir à travers sa musique, qu'il s'agissait d'un personnage un peu barré mais plein de génie. Sur scène, il vient confirmer cette impression. Il ne se prend pas au sérieux, en fait dix tonnes mais le contraire aurait été décevant. Quand il ne chante pas, il boit une petite gorgée de Kro ou bien de Jameson selon ses envies, instaurant un climat de convivialité entre lui et le public. Il s'amuser à grogner et se donne à voir, mais on doit bien reconnaître qu'il parvient à nous faire rire par ses pitreries. Et au milieu de cela, il nous envoie aussi un peu de magie, avec ses deux immenses cygnes et sa bombe de confettis. Baxter Dury a une voix rauque parfois imparfaite mais qui fait aussi son charme. Sa musique est très édulcorée et la charmante choriste vient y apporter un souffle de fraîcheur. « It's a pleasure", chante-t-il. Tout le plaisir à été pour nous. « Baxter Président », on dit oui !

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Dominique A contraste avec son prédécesseur par son calme olympien. C'est son bassiste qui vient faire le spectacle avec ses mimiques étranges, un brin amusantes. Il trouve difficile de s'adresser à nous individuellement et de ce fait, préfère se taire plutôt que de dire des idioties. Pourtant, c'est avec un sens de l'humour subtile qu'il parle de ses titres. Il raconte à propos de Au Revoir Mon Amour qu'il s'agit d'un homme qui regarde les femmes qui tombe amoureux, tout le temps, précise-t-il. Ses chansons n'en sont pas moins belles pour autant, que ce soit Le Courage Des Oiseaux ou Rendez-nous La Lumière. On y trouve une sensibilité palpable qui émeut ceux qui le connaisse. Alors quand il chante Eleor, on répond à son invitation, en le rejoignant. Planant...

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La nuit est tombée sur l'hôtel de ville et de toute évidence, il est temps de danser. C'est ce qu'est venir faire The Shoes. Ils étonnent par leur esprit décalé, surfant sur cette nouvelle génération nourrie à la fibre ADSL et aux émoticônes. Gifs et vidéos humoristiques viennent ponctuer leurs titres au rythme des percutions. Si le premier morceau laisse quelque peu dubitatif, au fil du set, ils dévoilent leur talent et leur capacité à jouer de l'électro pas si inintéressante. Ils mixent des airs qui nous sont connus, comme sur Time To Dance et ça fonctionne ! A tel point que la place se transforme en boîte de nuit.

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The Shoes ont préparé l'ambiance pour les trois DJ de Super Discount Live 3. La scène y est beaucoup plus épurée, mais également plus imposante avec le nom du groupe affiché en lettres lumineuses. Les sonorités sont synthétiques et minimalistes. Nous ne pouvons pas nous empêcher de penser au Daft Punk quand nous les entendons, mais rien d'étonnant. Comme eux, ils font partie du mouvement French Touch auquel ils appartiennent depuis les années 90. Les mots injectés sur les morceaux de leur nouvel album sortie en début cette année, y sont purgés du superflus et vont à l'essentiel à coup de « what the fuck ? » Étrangement, ces mots symptomatiques d'une génération nous parle.

Une musique qui ne permet pas d'entre deux, on aime ou on n'aime pas, mais cette soirée c'est sûre, on l'a aimée !
artistes
    Fuzeta
    Jeanne Added
    Baxter Dury
    Dominique A
    The Shoes
    Superdiscount 3 Live
photos du festival