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The Leisure Society

Paris, Maison de la Radio - 28 février 2013

Live-report par Cyril Open Up

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La sensation de se rendre sur un lieu de pèlerinage était grande en ce 28 février 2013. La station FIP invitait ainsi ses auditeurs et les férus de musique à prendre possession du mythique studio 105 de la Maison de la Radio. Celui-là même qui a vu défiler tant de groupes en devenir sous le regard complice du maître de cérémonie de l’époque Bernard Lenoir. Confortablement installés dans nos sièges, nous attendons la double affiche pour le moins inédite que nous a concoctée notre hôte.

Première à monter sur scène avec ses musiciens, l’espagnole Amparo Sánchez nous replonge en pleine movida. Il ne manque plus qu’un film de Pedro Almodovar en arrière plan et l’illusion serait totale. Les fans de tous âges se sont déplacés en masse pour l’applaudir. Elle enchaîne les morceaux entrecoupés de discours explicatifs. Les cris de satisfaction des aficionados à la fin de la prestation obtiendront gain de cause avec un rappel durant lequel une partie du public se lève, danse et chante. La communion est certes palpable mais n’appréciant pas assez cet univers, je suis un peu passé à côté de l’engouement que suscite cette supportrice des zapatistes mexicains.

Le plat de résistance sera servi sur les coups de 22h00. Les anglais de The Leisure Society nous invitent à entendre des titres qui figureront sur leur troisième opus à paraître le 1er avril prochain et qui seront joués ce soir pour la première fois devant un public. S'étant inspirés de l'instauration des congés payés à la fin des années 30 pour se trouver un nom, la plupart des paroles relatent ironiquement les petits boulots que les différents membres du groupe ont du pratiquer avant de devenir musiciens professionnels.
Le côté insouciant de leur musique nous fait faire un bond en arrière en pleines années folles comme si elle avait été destinée à accompagner la naissance du cinéma muet (mais en enlevant les chants bien évidemment). Plutôt portée sur la sobriété et le dépouillement, leurs compositions n'en sont pas moins riches de mélodies accrocheuses. Mélangeant les styles, les anglais peuvent aussi bien émouvoir avec des ballades d'une beauté éclatante, que se tourner vers un folk proche des Fleet Foxes, jouer de la guitare comme s'ils étaient en plein Far West ou emprunter une voie plus jazzy. L'utilisation un peu trop systématique de la flûte, qui apporte un petit côté médiéval à l'ensemble, serait bien la seule chose que l'on pourrait leur reprocher. Ils sont (comme toujours) très souriants et avenants, n'hésitant pas à s'excuser de ne pas parler notre langue en lisant quelques notes dans la langue de Molière pour s'attirer la sympathie d'un public en grande partie novice, puisque venu principalement pour la chanteuse les ayant précédés.

Les nouveaux morceaux se marient très bien aux plus anciens puisque le groupe ne semble pas vouloir changer son fusil d'épaule. Les guitares savent aussi s'électriser comme sur Dust On The Dancefloor. Les gorges se serrent à l'entente du toujours aussi poignant We Were Wasted, certainement l'une des plus belles chansons de ces dernières années, pourtant si simple mais si efficace. La guitare, les claviers, la basse, la flûte, le violon et la batterie s'entrechoquent. Le sextet ravit les oreilles. Nick Hemming et Christian Hardy mènent la barque avec entrain. Le public ne se fait pas prier pour jouer les ambianceurs tapeurs de mains sur A Matter Of Time. The Last Of The Melting Snow jette un léger froid mais remet en marche la machine à battements de coeur qui tourne à plein régime. Là encore, les harmonies s'enchevêtrent dans un ravissement de sons délicats avant que le très rock Tearing The Arches Down ne nous plonge en pleine période Ziggy Stardust avec la guitare bien mise en avant, une rythmique prononcée et une voix aux intonations marquées.

Faisant semblant d'être surpris par le rappel demandé par le public, le groupe conclut sur l'inédit enjoué Everyone Understands. Bien plus qu'un tour de chauffe, The Leisure Society nous ont prouvé qu'ils étaient bien prêts à partir sur les routes pour charmer les spectateurs des salles qu'ils croiseront sur leur passage. Alors laissez-vous donc tenter par le Café de la Danse le 6 mai prochain.
setlist
    Another Sunday Psalm
    Forever Shall We Wait
    Fight For Everyone
    Dust On The Dancefloor
    We Were Wasted
    The Sober Scent Of Paper
    Save It For Someone Who Cares
    A Short Weekend Begins With Longing
    A Matter Of Time
    The Last Of The Melting Snow
    Tearing The Arches Down
    All I Have Seen
    This Phantom Life
    ---
    Life Is A Cabriolet
    Everyone Understands
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