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Jungle
Rae Morris

Paris, Trianon - 20 mai 2018

Live-report par Pierre-Arnaud Jonard

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Il est rare de voir le concert d'un groupe être sold out dans une salle aussi grande que le Trianon sans avoir d'album à promouvoir sous le coude. C'est le cas de Jungle ce soir là mais le succès phénoménal de leur premier disque sorti il y a quatre ans explique sans doute les choses.

Peut-être est-ce aussi l'explication pour la première partie, Rae Morris, qui au fil des années est devenue presque aussi connue que ses compatriotes. L'anglaise de Blackpool arrive à Paris quelques mois après la sortie de son second album qui l'a vue prendre un tournant un peu plus électronique. Sur scène, elle développe une soul/hip-hop qui a fait son succès. Le set est agréable, dansant à souhait et Rae Morris a une voix particulièrement suave. Elle aligne comme des perles les tubes de son premier et de son second album. Dommage que son concert soit un poil trop court.

Jungle montent sur scène dans un décorum on ne peut plus disco. C'est bien simple, avec ces néons jaunes et ces lumières flashy derrière eux, on a l'impression d'être transporté au fameux Paradise Garage du génial Larry Levan en 1978. La salle est bondée et fait un triomphe au groupe avant même que celui-ci n'ait joué la moindre note. Le combo entame les hostilités par Smile, encore inédit, qui met de suite dans l'ambiance. On sent que le groupe n'a pas changé sa formule magique de 2014 car le titre est dans le ton de leur premier album (ce qui sera également le cas de tous les titres de leur disque à venir joués ce soir).
The Heat et Platoon qui suivent confirment cette impression première d'être replongé dans les années disco. Tout y est : l'ambiance festive, le groove, la basse qui domine tout et les vocaux féminins. Il n'est pas usurpé de dire que Jungle semblent bien partis pour être les Chic du 21ème siècle : une machine à faire des tubes. On le constate une fois encore avec leur nouveau single : Happy Man, réussite incontestable. Si on voulait faire la fine bouche, on pourrait dire que tous les morceaux se ressemblent un peu trop mais tout cela est tellement bien foutu et efficace que l'on n'y prête guère attention.

Les titres de l'album à venir, Casio, Lemonade Lake ou Crumbler sont tous des singles en devenir et de futurs tubes à l'efficacité imparable. A l'instar d'un Pharell Williams, Jungle ont trouvé la formule magique pour pondre hit sur hit. Leur second inédit tout juste sorti, House In LA, en est encore la meilleure preuve.
La tension monte au fur et à mesure du concert tout comme la chaleur ambiante dans une atmosphère toujours aussi disco et l'on se demande si Beat 54 n'est pas un hommage au Studio du même nom. Le groupe termine par le fabuleux Drops et le tube immense Busy Earnin, accueilli dans l'enthousiasme général.

Le concert s'achève alors que l'on aurait aimé qu'il dure encore. Le groupe revient pour un très court rappel durant lequel il délivre un autre tube : Time, autre tuerie pour les dancefloors. Jungle disparaîssent alors le devoir accompli après avoir fait du Trianon un immense dancefloor un peu plus d'une heure durant. Dommage que le groupe n'ait pas joué un plus longtemps car leur musique invite tellement à la fête que l'on aurait aimé que celle-ci perdure un peu.
setlist
    Smile
    Julia
    The Heat
    Happy Man
    Platoon
    Casio
    Lemonade Lake
    Lucky I Got What I Want
    Accelerate
    Cherry
    Crumbler
    House In LA
    Beat 54
    Drops
    Busy Earnin
    ---
    Time
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