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The Divine Comedy

Paris, Grand Rex - 29 mars 2022

Live-report par Laetitia Mavrel

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En attendant de se relancer dans la course aux places pour la série de concerts évènements à la Philharmonie de Paris en septembre prochain, nous retrouvons Neil Hannon au Grand Rex pour enfin débuter les festivités liées à l'anniversaire de ses trente ans de carrière, entourant ainsi la sortie de Charmed Life, compilation parue en ce début 2022.

L'avantage d'être parisien est l'offre riche de concerts et l'assurance d'avoir la visite de nos artistes préférés. L'inconvénient est qu'on en paye le prix : non pas uniquement financier mais les dorures de la capitale imposent généralement des salles plus grandes qu'en province et donc des prestations menacées de dilution.
Pour Neil Hannon, cela fait quelques tournées déjà que les plus beaux lieux l'accueillent : Folies Bergères, Salle Pleyel, Philharmonie, Grand Rex... Que de prestige dans les noms et, dès lors, des conditions bien plus feutrées qui frustrent les fans les plus motivés mais qui néanmoins offrent des écrins de velours aux mélodies lumineuses du compositeur nord-irlandais.


Mais le COVID-19 étant passé par là, bien que le concert soit sold-out, la salle présente nombre de sièges (et pas les moins chers) vides. C'est donc naturellement et sur un ton caustique que dès son entrée sur scène Neil Hannon déclare qu'il y a ce soir 15 % d'absents « so fuck them », en invitant les plus éloignés à occuper les premiers rangs.
Entouré de la formation qui compose The Divine Comedy depuis son retour formel en tant que groupe, (Andrew Skeet au piano, Simon Little à la basse, Tim Weller à la batterie, Ian Watson à l'accordéon et Tosh Flood à la guitare), isolé au centre d'une scène très large, Neil Hannon en costume noir et lunettes sombres débute toute en sobriété (ça ne durera pas) le concert en avertissant sympathiquement qu'il ne répondra pas aux demandes farfelues, ce soir est un concert réservé aux "hits". Et c'est en effet une setlist de compétition qui nous est offerte, piochant dans le tracklisting de la compilation tout en ressortant quelques perles plus rares comme The Summerhouse (circa 1994), Love What You Do et Perfect Lovesong du sous-estimé Regeneration, ainsi que le joyeux Mother Dear issu de Victory For The Comic Muse.

Comme à l'accoutumée avec The Divine Comedy, lorsque la configuration des salles impose des parterres de sièges et des plafonds aux moulures d'époque, le set débute doucement le temps de réchauffer la température de la salle à grand renfort de petits commentaires potaches entre deux chansons, donnant ainsi toujours l'impression que Neil ne sait jamais ce qu'il fait là. Et lorsque les premiers rangs tapent furieusement du pied et les bras commencent à se lever au grand damne des plus casaniers, le feu vert est lancé pour que le parterre se lève et se précipite au pied de la scène. Et l'on sent réellement que c'est à cet instant que Neil Hannon déploie tout son charisme, quand le public composé de fans de longue date reprend en chœur les tubes tels Something For The Weekend, Becoming More Like Alfie et National Express.


Un entracte bien inutile vient casser le rythme mais le public reprend rapidement place devant la scène pour entamer la deuxième partie qui verra petit à petit Neil Hannon tomber la veste, la cravate et lui-même de tout son long pour Our Mutual Friend, aidé en cela par quelques verres de gin tonic rendant le musicien aussi pétillant que sa boisson. La magie du concert vient de la capacité de Neil Hannon à capter toute l'attention des spectateurs, qu'ils soient à ses pieds (bien qu'à une sacrée distance des musiciens, accablés en fond de scène), au fond du parterre ou dans les balcons les plus éloignés.

La tournée française étant particulièrement généreuse, The Divine Comedy continue de se rendre disponible pour ses fans aussi éloignés soient-ils des grandes capitales. Ce paradoxe dont aime à jouer Neil Hannon, à savoir s'afficher en grandes pompes grâce à une imagerie travaillée un brin snob malgré une personnalité toute en simplicité et gentillesse, rend le personnage fascinant, preuve en est le public qui lui est fidèle depuis trente ans.
Même si nous prenons conscience que cet auditoire a un peu de mal à se renouveler, la moyenne d'âge tournant sérieusement autour des quarante ans ++, on ne peut que faire confiance à l'ingéniosité et à la fraicheur d'esprit de Neil Hannon pour nous proposer après le marathon qui attend les plus accros en septembre un nouvel univers mais toujours accompagné d'un bon verre, alcoolisé cela va sans dire.
setlist
    Absent Friends
    At The Indie Disco
    More Like Alfie
    Everybody Knows (Except You)
    Bad Ambassador
    Best Mistakes
    The Certainty Of Chance
    Your Daddy's Car
    To The Rescue
    Generation Sex
    Something For The Weekend
    ---
    A Lady Of A Certain Age
    Songs Of Love
    Love What To Do
    The Summerhouse
    Mother Dear
    Norman And Norma
    Our Mutual Friend
    How Can You Leave Me On Your Own
    National Express
    I Like
    ---
    Perfect Lovesong
    Tonight We Fly
photos du concert
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