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Franz Ferdinand

Paris, Cigale - 13 novembre 2008

Live-report par Anne-Laure

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Ce soir, seconde soirée musicale pour le festival des Inrocks, à l’affiche particulièrement éclectique, puisque vont s’enchainer devant nos yeux ébahis (et nos oreilles grandes ouvertes) les très prometteurs Get Well Soon, Yo Majesty, et Franz Ferdinand, très attendus ! Encore une programmation haute en couleurs, et sans aucun lien, juste en rapport avec le style « Inrock », stimulant la curiosité des auditeurs tout en jouant la carte du tremplin.

Le rideau s’ouvre, sur de légers chants d’oiseaux mêlés à une douce musique qui nous ferait presque croire à cette ambiance champêtre que l’on retrouve, assis sur un banc dans un parc en automne. Tout est calme et le public attend gentiment. Arrive alors Get Well Soon, sur cette même scène qui les découvrait au public pratiquement un mois jour pour jour, en première partie de Calexico. A l’initiative d’un jeune allemand de tout juste 25 ans, Konstantin Gropper, ce groupe nourrit un univers symphonique plein de poésie qui ravira les fans de Tom Yorke, d’Arcade Fire ou encore du Pulp des débuts. Notre jeune prodige aux manettes, il en découle des chansons très construites, aux paroles d’un lyrisme envoutant, certainement écrites avant même que le groupe ne se soit formé. On imagine aisément combien Konstantin doit tenir à son Get Well Soon et avec quelle rigueur il lui a donné vie… C’est peut-être la raison pour laquelle à peine éclos, le groupe a déjà perdu sa violoniste, tout juste un mois après ce premier concert. D’ailleurs, certains titres s’en ressentent, comme Is That Hat Missing (…) dont le refrain à l’allure de comptine enfantine est un peu moins crédible qu’à l’accoutumée, dépourvue du seul timbre féminin de l’ensemble. Mais cela n’arrêta pas notre Konstantin, à l’ambition démesurée et dotée d’une frénésie créatrice à toute épreuve. Une découverte des plus prometteuses, si l’on met de coté le coté emphatique de certains titres (Tick Tack goes My Automatic Heart, We Are Safe Inside While They Burn Down Out House…) et que l’on se contente de perles telles que You Aurora You Seaside.
Après environ quarante minutes de set, le groupe se retire, laissant le public de la Cigale pas totalement conquis, mais rêveur.

Rêverie de courte durée, il est vrai, le temps d’installer la console du Dj de Yo Majesty et d’accueillir les deux américaines instigatrices de ce duo qui n’a pas froid aux yeux et le crie bien fort dès son arrivée sur scène, avec un Never Be Afraid effrayant de dissonances... Reverb à outrance, méli mélo de Fucked Up, pussy cat et j’en passe, JWLB et Shunda K jouent la carte de la provocation sur les beats insupportables d’un Dj qui, clairement, semble vivre son « fuck me I’m famous » heure de gloire. Pourtant l’audience se prend au jeu et se trémousse sur les élucubrations rageuses du duo. Mais passons…

Il est grand temps d’accueillir Alex Kapranos et ses acolytes. La foule se presse massivement dans la fosse jusqu’à devenir compacte, la tension est palpable tant le groupe se fait attendre. Finalement, les Franz Ferdinand arrivent tout sourire, et dès les premières notes de Bite Hard, le sol de la Cigale se transforme en un gigantesque trampoline humain ! Quelques slammers ont immédiatement la joie de se retrouver quelques secondes sur scène, et annoncent d’ors et déjà les prémices d’une soirée mouvementée. S’enchaine ensuite l’excellent Do You Want To qui embrase d’autant plus l’ambiance survoltée dans la salle. Les slams à répétition mettent les nerfs des agents de sécurité à rude épreuve, et commence également à agacer Nick McCarthy, qui prend un malin plaisir à repousser du pied (voire du manche de sa guitare) quelques jeunes envahissant le peu d’espace entre Alex et lui. Mais il en faut plus pour calmer un fan, et les intrusions sur scène se succèdent. Au final, cela tourne presque au défi : « sur Matinee, combien de secondes peux-tu rester sur scène avant que ne surgisse un videur ? » La liesse des plus courageux tourne vite à l’instinct de survie quand surgit du coin de la scène un agent de sécurité, les yeux rageurs, les veines du cou gonflées, près à envoyer valser ces fichus envahisseurs par la peau du jean.
Mais le fan a une autre arme : s’il ne peut plus sauter au milieu de ses petits camarades pour exprimer sa joie, il brandit son téléphone high tech pour capturer en exclusivité Kathryn, Kiss Me. Rarement une telle armée de portables aura été vue !
Le concert se poursuit, d’une grande intensité, avec notamment un Take Me Out tonitruant avant de nous dévoiler deux inédits : What She Came For et Ulysses, toujours dotés de cette « patte Franz Ferdinand » : un refrain accrocheur à chanter gorges déployées et un riff de guitare plus qu’efficace. De quoi présager le meilleur pour le futur album disponible le 26 janvier prochain. Et bon dieu que ça va être long !

Après un tonnerre d’applaudissements, les écossais reviennent nous interpréter Outsiders, sur laquelle ils se laissent totalement aller, et nous font cadeau d’un final des plus percutants, à quatre sur la batterie de Paul Thomson, plus deux caisses claires en renfort. Cette petite récréation achevée et chaleureusement saluée fait place à l’incontournable This Fire, qui clôt ce concert brillamment (et bruyamment). Un plaisir partagé aussi bien dans la salle que sur scène, sur laquelle notre quatuor a régné en maître, avec classe. De quoi donner envie de ressortir ses vieux albums, en attendant le prochain !
setlist
    Bite Hard
    Do You Want To
    Matinée
    Kathryn, Kiss Me
    Walk Away
    40 Ft.
    Turn It On
    Take Me Out
    Ulysses
    What She Came For
    Michael
    --------
    Outsiders
    This Fire
photos du concert
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