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Paris, Zénith - 10 octobre 2009

Live-report par Emeline

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En tournée européenne pour défendre son nouvel album Controlling Crowds, paru au début de l'année, Archive investissait le Zénith de Paris pour un concert quasi-complet. Pendant deux heures, le groupe a fait la part belle à ses nouveaux morceaux, agrémentant son set d'un rare retour en arrière discographique.

Pour ouvrir le bal, les Anglais de Birdpen s'en tirent plutôt bien avec leur mélange de trip-hop et de rock psychédélique. Le son est bon et la foule est déjà au rendez-vous.
Sur les coups de 21h, les membres d'Archive font leur entrée devant une foule fébrile et impatiente sur les notes de synthétiseurs de Controlling Crowds, juste avant que le refrain efficace de Bullets ne leur emboite le pas. Un petit quart d'heure vient à peine de s'écouler que les britanniques ont déjà eu le temps de nous asséner de leurs murs de sons traditionnels : guitares à l'appui, basse bien ronde, synthétiseurs épais et batterie puissante et réverbérée à souhait, Archive prouve qu'il est une fois de plus maître dans l'art de faire du bruit et de transformer ses chansons progressives en apothéose sonore.

Mais le problème est justement qu'il n'y a que dans ce domaine que le groupe excelle vraiment sur scène. Car si musicalement, tout semble millimétré au poil (les introductions, les montées, les interludes, les fracas, les outros), scéniquement nos Anglais incarnent davantage le côté planant et contemplatif de leur musique que leur penchant énergique et sont loin d'égaler Mick Jagger côté dynamisme et présence. Pas même le rappeur Rosko John, venu prêter main forte sur une poignée de titres (Quiet Time, Bastardised Ink, Razed to the Ground), ne parviendra vraiment revitaliser leur jeu de scène. Dommage que le MC ne soit pas toujours à l'aise car il a pourtant un bon flow...

Dés lors, pour parer le manque de présence du chanteur (et son chant faux, il faut l'admettre, sur quelques passages), il faudra se concentrer sur le jeu de lumière travaillé à la demi seconde prés des morceaux, comme en témoignera le visuel digne d'un superbe feu d'artifice sur la fin de Dangervisit, et le décor cinématographique planté derrière la scène via un écran géant sur lesquels sont projetées de belles images sombres et mystérieuses, des corps, des visages, des ombres, des écriteaux qui clignotent... Bref, tout un spectacle idéal pour rentrer dans l'univers fantastique et lunaire du groupe. C'est d'ailleurs sur ce même écran que la chanteuse Maria Q viendra « virtuellement » interpréter le titre Collapse/Collide, plus ou moins réussi.

Au final, tous ces paramètres nous font finalement nous demander si on aurait pas mieux fait de rester sur son canapé regarder le match de football France - Iles Féroé retransmis ce soir à la télévision. Mais on aurait eu finalement tort car c'est surtout sur la fin de son concert qu'Archive devient le plus séduisant. Notamment sur l'éternel et crescendo Numb, issu de l'album You All Look The Same To Me, et sur la fin du célèbre et incontournable Again, qui n'aura pas de mal à convaincre toute l'assistance de sa puissance extrême, malgré un chant totalement désincarné du (nouveau) chanteur, dont la voix ne possède pas l'empreinte délicieusement éraillé de Craig Walker, (l'ancien chanteur), parti poursuivre son aventure en solo.

Un concert en demi-ton donc, qui aurait pu valoir ses vingt euros, mais pas quarante.
setlist
    Controlling Crowds
    Bullets
    Words On Signs
    Dangervisit
    Quiet Time
    Collapse/Collide
    Clones
    Bastardised Ink
    Kings Of Speed
    Lines
    The Empty Bottle
    Funeral
    ----
    Londinium/Numb
    System/Again
photos du concert
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