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Is Tropical
Silver Columns
Widower

Paris, Maroquinerie - 28 mai 2010

Live-report par Claire

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Au premier abord, la soirée de la marque franco-japonaise Kitsuné s'engage bien en ce vendredi soir à la Maroquinerie. L'ambiance est estivale : les groupes mangent un bout en terrasse et le public profite du soleil, clope et bière à la main. Justement, le public, lui, est plutôt éclectique : des jeunes types frangés en Ray-Ban, des ados hyperlookés, des trentenaires sortant du boulot, des couples gay et des bandes de copines, la vingtaine, venues débuter un week-end de fête.

Il est 20h. Synthé installé en position centrale, batterie et guitare de chaque côté, les Valley montent sur scène et débutent leur set sans une salle encore clairsemée au son de Nice Girl, morceau surf-électro. C'est avec Don't Get Me Wrong, très inspirée par The Virgins, que le public envahit la salle. Bonne ambiance, la Maroquinerie se met à danser. Le groupe - français - est à l'aise sur scène mais on se dit que ce début de soirée aurait gagné à être organisé en plein air tant l'atmosphère plage/cocktails du groupe donne envie d'être à l'extérieur. Dans l'ensemble, une prestation correcte pour un support band.
Un public plus nombreux arrive dans la salle pour le second groupe, entraperçu plus tôt au bar. Les anglais de Widower font une entrée sépulcrale sur scène entre jeux de lumières et effets sonores façon attaque de Stuka. Widower, c'est un groupe, mais surtout et avant tout une chanteuse, sorte de croisement halluciné entre Lady Gaga et Nina Hagen. En culotte haute - noire, rouge à lèvres - et blondeur capillaire d'une coupe Jackson 5, elle maintient tous les regards braqués sur elle. Le groupe démarre par Whisper In My Thunderstorm, le set est puissant, implacable; une véritable avancée de Panzer Divsion. Quatre titres plus tard, le groupe a acquis sa petite réputation. Que le public soit venu pour le côté rock ou le côté électro, avec les Widower, chacun en a eu pour son argent. Un groupe à suivre et à revoir pour confirmer l'impression de la soirée.

Une demi-heure plus tard, changement de plateau. Deux micros entourés de guirlandes électriques sont installés sur scène avec des platines. La salle commence à surchauffer et le barman s’active pour servir tout le monde dans les temps. Les deux DJs de Silver Columns apparaissent sur la scène et démarrent un set entièrement électronique. Diaboliquement efficace mais malheureusement peu fédérateur : le public rock quitte la salle pendant le premier titre pour remonter en surface tandis que le public électro se déchaîne. Le groupe prouve au moins une chose : il est très difficile de jouer sur les deux tableaux musicaux. Brouiller la ligne entre les deux genres relève du défi que seuls les meilleurs peuvent remporter, ce qui n'a pas été le cas ce soir. Reconnaissons tout de même au duo anglais que, côté électro, ils sont loin d'être mauvais, et qu'après tout, dans une soirée Kitsuné, on n'est pas obligé de tout apprécier, mais qu'au final il y a en a pour tous les goûts.
Trente-cinq minutes plus tard, les Colonnes Argentées quittent la scène pour laisser la place à la tête d’affiche, attendue comme le messie ce soir-là : Is Tropical. Le trio indie-new rave anglais, en tshirt hard-rock 80s, entame son set devant des premiers rangs déjà acquis à sa cause. Masqués par leurs foulards, les trois jeunes lads balancent leur électro-rock comme si avoir un public réceptif était le dernier de leurs problèmes. Les vidéos projetées sur l'écran derrière eux diffusent des images de guerre du Vietnam mélangées à celles d'explosions atomiques, de films sous-marins et de vieux montages fifties. Dans la salle, c'est l'effervescence, et lorsque commence Seasick Mutiny et le son reconnaissable façon Bontempi, c'est une explosion générale de danse, sur les coursives ou en fosse, et même ceux restés au bar profitent de la chanson pour se déhancher.

Rock électro ? Électro rock ? On ne sait plus trop et, honnêtement, on s'en fiche. A 23h, il est maintenant évident que Is Tropical méritait bien la tête d'affiche.