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Thomas Henley

Paris, Glaz'Art - 20 août 2010

Live-report par Julien Soullière

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Quand le beau temps, qui semblait nous avoir oublié en ce mois d’août, fait son grand retour parmi nous, quoi de mieux que de se rendre à la plage ? Direction, donc, celle du Glaz’Art, qui propose aux parisiens un programme plus qu’alléchant : sable, cocktails et bonne musique.

La fin de semaine commençant tout doucement à se faire ressentir, je presse le pas en direction du modeste bar aménagé au fond de la cour, en quête d’un petit remontant. C’est à ce moment précis que Thos Henley, jeune troubadour natif du sud de l’Angleterre, choisit de faire son entrée sur scène. Grand et fin, l’homme arbore des traits aussi féminins que juvéniles. Tout chez lui inspire une infinie délicatesse, si bien que lorsqu’il entame son set, guitare à la main, il passe inaperçu aux yeux de bon nombre d’entre nous, trop occupés aux abords du zinc pour remarquer sa présence.
Mais c’était sans compter sur le poète Henley, qui gagne en assurance à mesure que le soleil s’efface derrière l’horizon. Au bout de quelques minutes seulement, tous les regards sont tournés vers lui. De part et d’autre, les discussions cessent, les sourires se dessinent sur les visages, et les esprits s’échappent vers d’autres lieux, ceux-là mêmes auxquels on se prend à rêver lorsque l’on est amoureux. La musique d’Henley est simple, certes, mais elle est aussi et surtout adorable.
Seul, sans accompagnement aucun, le jeune homme nous livre ce soir quelques unes de ses plus récentes compositions, s’essayant ici et là à la conversation avec son auditoire. Mais lui, ce qu’il préfère, c’est jouer sa musique et ça se sent. Il n’aura pourtant le temps de s’exprimer qu’une petite demi-heure durant, mais ne partira pas sans délaisser son micro, pour mieux nous rejoindre les pieds dans le sable, au moment d’interpréter son dernier titre, Royal Road. Et puis le public applaudit et l’artiste se retire. Le soleil ne se couche pas toujours d’aussi belle manière.

Il commence à faire nuit. Attablé, je suis dans l’attente quand mon attention se porte soudain sur le mouvement de foule qui se joue à quelques mètres de moi : ceux qui se prélassaient auparavant dans les chaises longues se lèvent brusquement, et une partie conséquente du public se presse au devant de la scène. Get Well Soon, projet musical du leader teuton Konstantin Gropper ne va donc plus tarder à arriver. Et dont acte, sur les notes de Seneca’s Silence.
Changement d’ambiance : là où les compositions de Thos Henley sont autant d’odes au jour qui s’achève, la formation allemande, qui a mis trois longues années à accoucher de son premier album, livre des titres toujours gracieux, souvent complexes, mais également empreints d’une captivante noirceur. Get Well Soon, ou comment sublimer la nuit qui pèse au dessus de nos petites têtes. Car le groupe, à la croisée d’Interpol, d’Arcade Fire, de Radiohead et de bien d’autres choses encore, va bel et bien magnétiser le public du Glaz’Art. Des vénéneux chuchotements de 5 Steps/7 Swords, à la palpable schizophrénie de If This Hat Missing, I’ve Gone Hunting, les Allemands, emmenés par un Gropper tout aussi élégant que charismatique, livrent un set généreux et plein, qui nous replace une nouvelle fois face à l’évidence : si, par le passé, Valéry Giscard d’Estaing assurait à François Mitterand qu’il n’avait pas le monopole du cœur, il parait tout aussi évident que les anglais n’ont depuis longtemps plus celui de la musique pop. Et ainsi va le monde.
Il fait maintenant nuit noire, et la prestation parfaitement orchestrée de Get Well Soon touche à sa fin. Loin d’être repu, malgré un final d’une redoutable énergie, le public se voir offrir un rappel long de deux titres. Passé l’interlude solo et tout en français de l’ami Gropper, le groupe ressort une dernière fois trompette, violon, guitares et clavier pour conclure en beauté leur set, via un très bon We Are Ghosts.
Il est maintenant temps pour le staff du Glaz'Art de préparer comme il se doit la soirée Tsugi. On se dirige alors vers la sortie, content de la soirée que l’on vient de passer. Comme quoi, la plage, ça peut avoir du bon.
setlist
    THOS HENLEY
    Henrietta
    Le Vin Rouge de la Jeunesse
    Darling You
    Blonde Stranger
    The Oldest Tree In Netley
    Royal Road

    GET WELL SOON
    Seneca's Silence
    Safe Inside
    We Are Free
    5 Steps / 7 Swords
    A Voice In The Louvre
    Listen!
    Werner Herzog Gets Shot
    That Love
    If This Hat Is Missing I've Gone Hunting
    Red Nose Day
    A Burial At Sea
    Tick Tack Goes My Automatic Heart
    Angry Young Man
    I Sold My Hands For Food, So Please Feed Me
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    Chanson d'Hélène
    We Are Ghosts
photos du concert
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