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Mystery Jets

Paris, Maroquinerie - 12 octobre 2010

Live-report par Hybu

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Cela faisait plus de deux ans et demi que nous attendions les Mystery Jets. Armés d'un solide troisième album, ils démontrent qu'ils ont la peau dure et que malgré la morosité de la pop anglaise, ils restent certainement l'une des plus talentueuse formations. C'est donc avec un plaisir non dissimulé que nous nous sommes présentés à ce concert à la Maroquinerie.

Mais avant nos petits chouchous britannique, nous avons le droit à une belle tranche de rigolade avec les français de Dissonant Nation. En dépit de leur placement impeccable (ce qui reste relativement rare chez les petits groupes français), ils réunissent à eux seuls toutes les poses et les clichés ringards du rock teenage : paroles rudimentaires, voire franchement ridicules (« no sex, no drugs, no rock'n roll »), mèches étudiées, musique pseudo pop punk en trois accords et final absolument fantastique avec sortie sur les Hives, foule haranguée, serrage de mains des potes présents et lancée de bouteille d'eau ouverte dans la fosse... trop rock'n roll ! Ils nous ferraient presque regretter les Naast.
Au milieu de la soirée, quatre morceaux des mignons Oh Othello : eux, au moins, ne sont pas trop en contradiction avec la pop des Mystery Jets. Jolies voix, compositions sympathiques, ils ont le mérite de faire oublier le groupe précédent.

En parlant de pop, le début du concert des Mystery Jets est plutôt surprenant. Les quatres de Eel Pie Island nous sortent le gros son. Les Mysetery Jets ont rarement été aussi efficaces et les quelques premiers morceaux sont bien plus gonflés et plus rock que ce que nous leurs connaissions, sonnant parfois moins subtiles et fins que sur disque. La faute peut-être au volume, plutôt plus élevé que d'habitude à la Maroquinerie. Le public, jeune et très féminin, largement renouvelé depuis le premier album, semble y trouver son compte. Avouons que le groupe nous a préparé une setlist aux petits oignons, enchainant tube sur tube, le passage allant de Half In Love With Elizabeth jusqu'à Young Love étant assez savoureux, retombant légèrement avec le moins bon The Girl Is Gone. Nous regretterons surtout la triste absence de morceaux du premier album, lequel contenait pourtant son lot de pop songs canons telles que You Can't Fool Me Dennis, Diamonds In The Dark ou The Boy Who Ran Away, qui ne souffriraient aucunement de la comparaison avec les nouvelles chansons, d'autant qu'elles demeurent compatibles avec l'orientation plus eighties prise avec Twenty One.

Les fans de la première que nous sommes auraient appréciés, sans même aller jusqu'à demander le bon vieux Zoo Time, délire psyché qui semble bien loin dorénavant. Comme à son habitude, le groupe communique énormément avec le public français, il faut dire que Kai et Blaine parlent parfaitement la langue de Molière, à l'exception peut-être de l'argot que la fosse prend plaisir à leur rappeler. Après treze chansons et bientôt une heure de concert, le groupe se retire, avant de revenir quelques instants plus tard sur le sublime Flakes, qui contrairement à d'autres n'a pas trop subi le lessivage du gros son, et se révèle un des moments forts du concert. Enfin, les Mystery Jets finissent leur prestation sur Dreaming Of Another World et le plus expérimental (tout est relatif, ça reste de la pop) et noisy Lorna Doone.

Si nous regrettons les morceaux de Making Dens et, surement, leurs géniales petites imperfections d'éternels outsiders, le nouveau costume que revêtent désormais les Mystery Jets leur sied très bien. Force est de constater qu'aussi confiants et sûrs d'eux qu'ils ont été ce mardi, ils sont toujours capables de choses magnifiques, mais aussi qu'ils pourront certainement enfin atteindre le statut qui leur ait depuis toujours destiné, et largement mérité, celui d'un des tout meilleurs groupes de pop à l'heure actuelle.
setlist
    Alice Springs

    Half In Love With Elizabeth
    Serotonin
    Waiting On A Miracle
    Young Love
    The Girl Is Gone
    Hand Me Down
    Flash A Hungry Smile
    Hideaway
    Show Me the Light
    Melt
    Two Doors Down
    Behind The Bunhouse
    ---
    Flakes
    Dreaming Of Another World
    Lorna Doone
photos du concert
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