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Yard Act

Dark Days EP

Yard Act - Dark Days EP
Chronique Single/EP
Date de sortie : 19.01.2021
Label :Zen F.C.
45
Rédigé par Jean-Christophe Gé, le 24 janvier 2021
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Alors que la planète rock a été pulvérisée en des millions d’atomes de musiciens, de spectateurs et de fourmis ouvrières éparpillés en attendant le retour des jours meilleurs, Yard Act alignent patiemment leurs étoiles. Ils n’ont pas eu de chance, ils ont sorti leur premier 45 tours en mars 2020. Dans leur malheur, au moins avaient-ils deux autres morceaux enregistrés. C’est assez pour sortir un second single épuisé quelques heures après l’ouverture des précommandes. Plateformes numériques à la rescousse, tout le monde peut désormais découvrir leurs premières productions regroupées en un EP quadruple face-A !

Les buzzomètres s’affolent au Royaume-Uni : The Guardian, le NME, la BBC Radio 6 et les gros disquaires indépendants (Rough Trade, Resident...) ont mis Yard Act sur leurs hot lists pour 2021. Le gros disquaire indépendant est d’ailleurs un concept paradoxal qui sied parfaitement à Yard Act. Le buzz est justifié est j'ai l'impression d'assister à la naissance de nouveaux Franz Ferdinand en plus politisés, 2021 oblige.

Comment un groupe avec trois concerts à son actif peut-il créer un tel engouement ? La réponse est une formule imparable : du talent, de l’expérience et une bonne dose de génie.
Yard Act sont originaires de Leeds, la pointe nord du triangle industriel formé avec Sheffield et Manchester. On entend dans leur musique les vieilles briques, l’humidité, la rudesse des inconnus et la chaleur des amis. C’est sur ce même terrain que The Fall ont développé leur post-punk à l’humour noir, Happy Mondays leur rock acidifié, John Cooper Clarke sa poésie punk et Pulp leur pop sans âge.

Leur histoire sonne comme celle d’un groupe bricolé par amitié et par accident avec deux potes, Ryan Needham (basse) et James Smith (chant), qui, il y a deux ans, empruntent une basse et une boîte à rythmes. Avec une telle base, on pense aussi à Sleaford Mods, fers de lance de la scène qui a des textes. Ils sont ensuite rejoints par George Townend à la batterie et Sam Shjipstone à la guitare, deux potes de pub (pas ces choses qui vous vendent monts et merveilles, ces lieux fermés pour boire de la bière en groupes). Et, pour finir le côté bricolage, ils créent leurs pochettes à la main pour sortir leurs disques sur Zen F.C., leur propre label.

Si l’alchimie entre les musiciens est évidente et leur permet de créer une musique directement accrocheuse et pourtant subtilement raffinée sous ses airs bruts, ses protagonistes n’en sont pas à leur coup d’essai. James et Ryan n’étaient pas vraiment des nouveaux venus, et s’ils ont dû emprunter leurs instruments, c’est parce qu’ils étaient chanteurs, respectivement dans Post War Glamour Girls et Menace Beach. A la production, on retrouve Bill Ryder-Jones (ex-The Coral, maintenant en solo) et Ross Orton pour le mixage (Arctic Monkeys, Working Men's Club, MIA...).

Il faudra désormais attendre la fin du confinement pour que le groupe entre en studio pour enregistrer un premier album. Longue attente...
tracklisting
    01. Dark Days
  • 02. Peanuts
  • 03. Fixxer Upper
  • 04. Trapper's Pelts
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