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Noah And The Whale

Peaceful, The World Lays Me Down

Noah And The Whale - Peaceful, The World Lays Me Down
Chronique Album
Date de sortie : 04.08.2008
Label : Young & Lost Club Records
45
Rédigé par Kris, le 10 août 2008
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A la fin d’une confrontation avec une œuvre d’art, en tant qu’observateur, une seule question essentielle est à se poser. Plaît-elle ? Est-ce que ce tableau nous a tapé dans l’œil ? Est-ce que ce livre nous a soufflé à sa dernière ligne ? Est-ce que cette chanson nous trotte ? Si l’intention de l’artiste se trouve dans le désir de combler un manque chez l’autre – même si cet autre est lui-même -, celui de l’observateur est de faire travailler sa subjectivité. L’objectivité implique l’analyse, la subjectivité nécessite l’indicible. On se remet aisément au second pour décrire Peaceful The World Lays Me Down. Et pour répondre à la question initiale : Oui, Noah and the Whale plaît. Enormément.

Ce ne sont pas tant les musicalités empruntées à une pop-rock indie contemporaine qui font le charme des anglais, même si les rapprochements avec Beirut ou Arcade Fire ne sont pas pour déplaire. C’est bien plus une certaine insouciance qui prédomine l’écoute de Peaceful The World Lays Me Down. Et ainsi, une splendide facilité. Tellement facile que la musique juvénile de Charlie Fink et ses acolytes peut en paraître indécente. Pas particulièrement virtuose, les mélodies entraînantes et légèrement pop s’avèrent d’une séduction et d’un charme insubmersible. L’ouverture 2 Atoms In A Molecule ou bien l’irrésistible premier single 5 Years Time montre cette forte identité d’écriture, joignant adulescence et festivité contagieuse.

Dans la lignée de la nouvelle scène folk-pop-rock anglaise, portée par une génération enthousiaste représentée par Lightspeed Champion, Los Campesinos ! ou encore Cajun Dance Party, les quatre gamins de Noah and the Whale se démarquent par un mélange entre dynamique pop et maturité mélodique. Tout l’univers culturel entourant les jeunes londoniens attestent d’une certaine vision absolument indie de la culture pop. Que ce soit Will Oldham (Do What You Do), Jens Lekman (Second Lover) ou rien que la référence au réalisateur Noah Baumbach et son beau et résolument atypique film de 2006, The Squid And The Whale (Les Berkman Se Séparent), le groupe montre ainsi, peut-être un peu trop vigoureusement leur volonté de tirer leur certaine idée de la culture vers le haut.

Entre ces moments de pure euphorie musicale et de virevoltements mélodiques, s’immiscent toutefois quelques légers bémols. Parfois trop d’ornements harmoniques, parfois la voix barytone de Charlie joue trop. La vérité est que Noah and the Whale dérange au même point qu’il fascine. Leur audace intrinsèque contre-balance en effet avec une aisance qui distance, que ce soit par les influences ou bien les interprétations qui ne trahissent ni leur jeune âge, ni leur forte maturité musicale pour un debut album. Mais là encore, à la seule fin ne compte que l’essentiel.

La musique de Noah And The Whale plaît-elle ? Jocasta nous donne-t-elle envie de faire du handclap sans retenue ni mesure ? Le duo vocal Charlie Fink / Laura Marling sur les parfaitement jouissives et équilibrées Rocks And Daggers et 5 Years Time nous laissent-elles avec cette inestimable sensation d’allégresse, et de joie ? Noah and the Whale nous donnent-ils cette urgente envie d’aimer ? Peaceful The World Lays Me Down fait-il de nous des âmes meilleures ? Probablement pas, mais la perspective de pouvoir y croire, aussi candidement, aussi naturellement, nous charme et nous comble. Enormément.
tracklisting
    01. 2 Atoms in a Molecule
  • 02. Jocasta
  • 03. Shape of My Heart
  • 04. Do What You Do
  • 05. Give a Little Love
  • 06. Second Lover
  • 07. 5 Years Time
  • 08. Rocks and Daggers
  • 09. Peaceful, the World Lays Me Down
  • 10. Mary
  • 11. Hold Me Hand as I’m Lowered
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    2 Atoms In A Molecule, 5 Years Time, Rocks And Daggers
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