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The Cure

The Cure

The Cure - The Cure
Chronique Album
Date de sortie : 28.06.2004
Label : I Am/Geffen
35
Rédigé par Olivier, le 26 août 2004
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Il y a une chose qui est sûre, il serait vain de vouloir écouter ce nouvel album en se disant "tiens, je vais retrouver The Cure, groupe culte des années 80...". La première écoute serait alors forcément mitigée, voire quelque peu décevante...

Tout d'abord, dans cet opus, le groupe prend un nouveau virage musical, mais ce n'est pas la première fois. En effet, un son beaucoup plus brut et agressif, fait de basses saturées et de percussions volontaires, semble rejoindre les textes toujours autant torturés de Robert Smith. Le producteur Ross Robinson, habitué des groupes Metal (Korn, Slipknot, Limp Bizkit, At The Drive In...) y est sûrement un peu pour quelque chose. En ce sens, cet album The Cure s'éloigne du mitigé Bloodflowers qui était hanté par une volonté d'élégance superficielle bridant toutes ces sensations dérangeantes auxquelles le groupe nous avait habitué par le passé.
Ensuite, le groupe a changé ses méthodes de travail. En effet, l'album a été produit d'une manière aujourd'hui atypique puisque les morceaux ont été enregistrés en une seule prise. Une journée débutait par l'ébauche des sons et de la structure de la chanson. "Nous faisions face à la console, nous pouvions voir Ross et nous mettions au point tous les éléments techniques". À la fin de la journée, venait le moment d'enregistrer la version finale, "Nous nous retournions alors, nous allumions des bougies et éteignions les lumières, et tout devenait alors vraiment réel, je me levais et nous enregistrions..." C'était également le moment où Robert Smith faisait quelque chose qu'il n'avait jamais fait auparavant, il discutait de ses paroles avec le groupe. Finalement, la chanson était enregistrée en direct, avec le groupe en cercle, chacun se faisant face. "Ross nous a mis dans un espace vraiment confiné, les uns sur les autres, chacun pouvant voir les autres. Il a été très clair quant à son désir que je chante en direct pendant que le groupe jouait, parce que l'interaction entre mon chant et la musique du groupe est très différente que si nous avions enregistré les séquences séparément. Au moment où je me mettais vraiment à chanter, tout se mettait en place. Je n'avais jamais remarqué cela auparavant, et c'est principalement la raison pour laquelle les enregistrements de cet album sont aussi différents".
Au final, nous trouvons donc un album relativement uniforme, très inspiré et soutenu, mais sans les prises de risques qui faisaient le charme mais aussi l'inégalité des albums précédents du groupe.

Lost sert d'introduction à cette oeuvre. C'est aussi et certainement un des titres les plus troubles du disque, une des chansons qui met le plus en avant le malaise et la dissonance des pensées du chanteur. Robert Smith est perdu. Il hurle "I can't find myself" tout le long d'un crescendo de guitares inexorable. Labyrinth continue sur la même lancée et constitue le premier moment fort de l'album : composition affûtée, voix travaillée, basse ronde et structurelle, le voyage est beau ! Viennent ensuite Before Three et The End Of The World (1er single de l'album), dans la plus pure tradition des Cure, où l'on retrouve Robert Smith de nouveau utiliser toute l'étendue de ses possibilités vocales. Après un harmonique et langoureux Anniversary, nous atterrissons sur Us Or Them, à l'intro abrasive. La construction semble chaotique mais toutefois matrisée et le ton emballé et quelque peu crié de cette chanson me fait irrémédiablement penser au style de PJ Harvey, ce qui n'est pas pour déplaire ! 0ALt.End et I Don't Know What's Going sont deux de ces pop songs comme seul Cure sait les faire, à priori presque classiques mais qui finissent toujours par partir en vrille. Elles n'en sont que plus indispensables. La vraie chanson Pop made in Cure est juste derrière, Taking Off, dans la pure lignée de Just Like Heaven, morceau avec lequel les apparentés instrumentales sont flagrantes. Never rejoint un peu Us Or Them dans son style emporté et l'album clos magistralement avec The Promise sorte d'apogée où l'on retrouve tous les ingrédients qui construisent l'album et qui ont bâti l'identité du groupe : le canevas de guitares à la fois caressantes et complexes, empli d'échos et de reverb, la basse qui utilise tout l'espace et créé cette tension unique, la batterie hypnotique et touffue et puis surtout cette lente montée en puissance qui se termine dans une apothéose sonique où le chant de Robert Smith semble totalement halluciné.

The Cure nous a donc concocté un album homogène, peut-être même plus facile d'accès que ne l'a jamais été aucun des albums du groupe. The Cure se sera brillamment bien relevé de ses dernières années plutôt chaotiques où l'on s'enthousiasmait plus de la sortie de lives ou de compilations que de leurs nouvelles productions.
tracklisting
    1. Lost
  • 2. Labyrinth
  • 3. Before Three
  • 4. The End Of The World
  • 5. Anniversary
  • 6. Us Or Them
  • 7. Alt.End
  • 8. I Don't Know What's Going On
  • 9. Taking Off
  • 10. Never
  • 11. The Promise
  • 12. Going Nowhere
titres conseillés
    Labyrinth, Before Three, Us Or Them, Alt.End, Never, The Promise
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