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Jon Hopkins

Insides

Jon Hopkins - Insides
Chronique Album
Date de sortie : 11.05.2009
Label : Double Six/Domino Records
35
Rédigé par Johan, le 6 mai 2009
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Essentiellement reconnu pour son travail aux côtés de grands groupes anglais comme Massive Attack, Imogen Heap ou encore Coldplay, Jon Hopkins en ce début mai en est pourtant déjà à son troisième effort solo. Cinq ans après Contact Note et huit ans après son premier album Opalescent, le compositeur londonien progressivement glisse vers la mélancolie, titillant davantage le piano, notamment sur une fin d’album jonchée de spleen, que le synthé.

Dans Insides, tout démarre par The Wider Sun, première piste qui nous emmène sur une fausse avec ses violons neurasthéniques et son ambiance « terroir profond des Etats-Unis ». Introduction ni véritablement mauvaise, ni follement passionnante, The Wider Sun ne pose donc pas les bases de ce qui va suivre.

Vessel, elle, nous rassure, tout en tirant en même temps une balle dans les Entrailles. Fabuleux et inspiré, le titre l’est au final peut-être un peu trop après un truc comme The Wider Sun, notamment lorsque ses trente dernières secondes, schizophrènes et à contre-courant, viennent garnir un titre déjà proche de l’excellence.

La suite de l’album, à une ou deux exceptions près, ne sera pas du même acabit mais reste loin devant la plupart de ses adversaires qu’il côtoie dans les bacs depuis le 4 mai. A commencer par la chanson-titre Insides, parfaite continuité du final de son prédécesseur qui, avec Wire et Colour Eyes, forme le trio explosif de cet album.

Puis vient, justement placée en milieu d’album, la pièce maîtresse de ces Entrailles définissant à elle seule la musique de Jon Hopkins, Light Through The Veins. Premier single d’Insides, l’œuvre ne fait pourtant pas ses premiers pas dans l’univers musical anglo-saxon. Producteur, aux côtés de Brian Eno, sur le dernier Coldplay, Jon Hopkins a autorisé le célèbre groupe à sampler Light Through The Veins sur les deux titres qui ouvrent et clôturent Viva La Vida, Life in Technicolor et The Escapist.

De là à dire que l’univers de Jon Hopkins, où le piano se taille la part belle de ce troisième album, possède des similitudes avec ceux de Brian Eno, voire même des débuts de Coldplay, il n’y a qu’un pas qu’on franchira nonchalamment, tant l’artiste s’inspire librement de ses contemporains. On comparera toutefois plus facilement l’artiste à Kieran Hebden, tête pensante de Four Tet avec qui il partage le même label Domino Records, dans la faculté qu’il a à mêler musiques électronique et classique, de façon honnête, spontanée, singulière.

D’apparence monotones, voire même simplistes, les compositions de Jon Hopkins se déploient sur du long terme. Comme leur créateur, les plages d’Insides passent inaperçues pour se rendre compte, plusieurs jours après, qu’elles sont en fait indispensables à tout amateur d’electronica britannique. De piano pondéré en basses imposantes, ces Entrailles ne sont donc pas prêtes de lâcher tous ceux qui oseront s’y aventurer.
tracklisting
    01. The Wider Sun
  • 02. Vessel
  • 03. Insides
  • 04. Wire
  • 05. Colour Eyes
  • 06. Light Through The Veins
  • 07. The Low Places
  • 08. Small Memory
  • 09. A Drifting Up
  • 10. Autumn Hill
titres conseillés
    Light Through The Veins, Vessel
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