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Klaxons

Surfing The Void

Klaxons - Surfing The Void
Chronique Album
Date de sortie : 23.08.2010
Label : Polydor/Because Music
2
Rédigé par Thibaud, le 19 août 2010
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A peine avais-je lu le communiqué de presse accompagnant Surfing The Void que j’en voulais déjà aux Klaxons. Selon Jamie Reynolds, le bassiste, « Klaxons est un projet artistique qui a dérapé, mais maintenant nous sommes un groupe ». A la lecture d’une telle phrase, je me dis : « Myths Of The Near Future, ce n’était rien alors ? Ça comptait pour du beurre ? C’était juste... pour déconner ? ».

Oui, c’est une chronique qui ne commence pas vraiment sur une note positive, mais comment pourrait-il en être autrement après avoir été conquis par le premier opus des Klaxons, paru il y a maintenant trois ans, et qui avait marqué de son empreinte une époque où l’on ne savait trop vers où le rock se dirigeait. On a appelé ça la « nu rave ». En réalité, mises à part quelques influences bien prononcées (la reprise de The Bouncer était là pour le rappeler), les Klaxons livrèrent un album de pop aux influences parfois disco ou electro, avec un ton purement dansant, quelques textes aux accents futuristes et psychédéliques, et sans verser dans le kitsch à outrance (mis à part au niveau vestimentaire). Quelques temps après, les Late Of The Pier poussaient plus loin encore le concept.

Mais revenons au présent ! Il est très difficile d’appréhender ce Surfing The Void. Premier constat, il faut oublier son prédécesseur, puisque la formation a décidé de changer de nombreuses choses. Plus d’ambiances « nu-rave », exit les claviers pétaradants, ceux-ci étant même très discrets sur l’album. Disons le tout de suite et très simplement : Surfing The Void n’est en vérité qu’un disque de rock plutôt banal, et qui aurait pu être l'œuvre d’un groupe américain quelconque (américain de par la production assez typique de Ross Robinson sur cet opus, plus proche des pontes du métal américain que des groupes de rock « so british » à la Franz Ferdinand). Surfing The Void est sans doute l’objet d’une forte attention car il est signé « Klaxons », mais effectivement, au bout de ces quarante minutes d’écoute, le constat est plutôt amer. Même si l’on sent que les anglais en ont toujours dans le coffre, le disque est un échec.

Entrons un peu plus profondément dans le cœur de l’album. Il faut en premier lieu souligner l’excellente introduction, choisie comme premier single. Echoes représente le quatuor que l’on a aimé, même si l’on sent déjà que le changement de voie artistique provoque une sorte d’insatisfaction : si ce titre était repris par les Klaxons de 2006, nous aurions sans doute face à nous un tube explosif. Malheureusement, Echoes n’est ici qu’une très bonne chanson... en comparaison avec le reste de l’album.
L’un des plus gros problèmes de celui-ci ne réside pas en ce durcissement des ambiances, puisqu’au fond les Klaxons aimaient déjà ponctuellement créer des murs du son dès le début de leur carrière. Le problème, ici, c’est le chant. Si Golden Skans et son refrain s'étaient insérés dans toutes les têtes, ou si l'on retenait le tempérament de feu de Jamie Reynolds sur Atlantis To Interzone, jamais les voix ne tiennent leurs promesses sur Surfing The Void. A quelques exceptions près toutefois, à l'image d'un Flashover restant sûrement la meilleure chanson de cet album avec une ambiance apocalyptique proche de celle de Four Horsemen of 2012.
Mais à côté de cela, les nouveaux titres proposés ici sont définitivement... plats. Twin Flames est incapable de retenir l'attention après la bombe sonore qu’est Extra Astronomical, et l’on peine à accrocher à ces trois minutes où le groupe s'échappe dans toutes les directions, avec des chœurs parfois faux et un Jamie Reynolds qui en fait définitivement trop et offre à l’album ses pires moments.

Au final, il ne reste que Cypher Speed et l’excellent The Same Space, sorte de Golden Skans 2.0 méritant de devenir le prochain single du groupe, pour nous donner l’envie d’aller jusqu’au bout. A côté de cela, on ne trouve pas du remplissage mais... de mauvaises compositions. La volonté de Klaxons d'aller vers un résultat de qualité est palpable (et ils en sont capables), mais le bilan, après trois ans d’attente, ne peut que décevoir. Le fameux « syndrome du deuxième album » ? Les expérimentations rejetées par la maison de disque étaient-elles meilleures ? Nous ne le saurons sans doute pas avant très longtemps…
Qu’en est-il de l’envie de former une trilogie, avec un premier album centré sur le futur et les deux suivants sur le présent puis le passé ? Si Klaxons sont toujours dans cette perspective, il n’y a qu’une seule conclusion : le présent se révèle bien fade.
tracklisting
    01. Echoes
  • 02. The Same Space
  • 03. Surfing The Void
  • 04. Valley Of The Calm Trees
  • 05. Venusia
  • 06. Extra Astronomical
  • 07. Twin Flames
  • 08. Flashover
  • 09. Future Memories
  • 10. Cypher Speed
titres conseillés
    Echoes, Flashover, The Same Space
notes des lecteurs
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