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The Leisure Society

Alone Aboard The Ark

The Leisure Society - Alone Aboard The Ark
Chronique Album
Date de sortie : 01.04.2013
Label : Full Time Hobby/PIAS France
45
Rédigé par Cyril Open Up, le 27 mars 2013
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Nick Hemming et Christian Hardy sont deux amis qui ont fondé The Leisure Society dans le but de sortir de leurs multiples petits boulots pénibles et du ronron quotidien. Ils ne semblent pas avoir misé à côté puisque à la sortie de leur premier disque The Sleeper, Brian Eno déclarait qu'il s'agissait d'« un bien bel album » et les différentes nominations pour souligner les qualités lyriques et musicales de leurs chansons en étaient une preuve supplémentaire. En décembre 2011, ils achevaient leur tournée au Barbican Centre de Londres avec l'Heritage Orchestra devant un public hétéroclite conquis (je peux en témoigner) avant de retourner en studio. En 2013, alors que les Fleet Foxes (auxquels ils sont souvent comparés) battent un peu de l'aile suite au départ de leur batteur, ils sortent donc leur troisième opus.

Revêtant plusieurs habits, tour à tour triste, enjoué ou encore nettement plus nerveux, Alone Aboard The Ark pourrait dérouter à la première écoute. Les anglais ne font cependant que refléter les différentes facettes de la vie avec des humeurs changeantes. Le morceau d'ouverture Another Sunday Psalm, où se marient un piano avec une guitare et un tambourin frappés en boucle, donne le ton. Les compositions de The Leisure Society sont comme des omni (objets musicaux non identifiés) de notre époque. Pariant sur l'efficacité de la mélodie plutôt que sur la surenchère sonore, ils se font, et nous font, plaisir avec des structures dépouillées. L'ensemble semble désuet mais ne l'est finalement pas. Enregistré avec des microphones d'une autre époque, c'est toute la chaleur des instruments et des voix qui prend une autre dimension ici. Ce retour à la simplicité apporte un supplément d'âme, un charme fou que tant d'enregistrements d'autres artistes récents n'ont pas.

Quarante quatre minutes suffiront à s'en convaincre, l'univers de ce groupe est bien multiple. Mélangeant les genres et les styles, Nick et Christian couvrent aussi bien les gentilles comptines, les ballades tire-larmes que les morceaux plus forts en décibels. Avec Tearing The Arches Down, on se croirait revenu en pleine période Ziggy Stardust. La guitare électrique, les effets sur la voix ou le synthétiseur nous replongent dans l'univers du personnage imaginé par Bowie mais sur un air plus joyeux ici.
Experts en mélodies ciselées, ils nous apportent également notre lot d'émotions grâce au point culminant de l'album, le déchirant The Sober Scent Of Paper qui rappelle un peu le très touchant We Were Wasted du premier opus. Le morceau débute par des cordes de guitare sèche qui murmurent suivies d'une voix douce et de passages à la flûte. Puis des choeurs font des « oh, oh, oh » avant que le titre ne s'achève sur un silence après une note de guitare rageuse comme pour mieux figurer le suicide dont la chanson parle.
Dans un registre plus frais et revigorant, la pop de The Leisure Society n'a pas grand chose à envier à celle de The Divine Comedy dont elle se rapproche dans les textes et la musique, surtout dans les trente dernières secondes de Life Is A Cabriolet. On sent très clairement aussi l'influence des années folles, d'où le nom de leur groupe est originaire, sur le très jazzy Forever Shall We Wait avec ses instruments à vent et les envolées de la voix qui pourraient presque le faire passer pour une reprise.

En variant les plaisirs, pour ceux qui en doutaient encore, il est donc possible de donner le sourire et de faire verser une larme sur un même disque. The Leisure Society y parviennent encore une fois haut la main en y mêlant les nombreuses influences. Un peu comme l'homme de dos sur la pochette du disque, leur musique semble perdue en pleine nature. Il serait bien dommageable qu'elle ne sorte pas de cet écrin pour que chacun puisse en apprécier les multiples contours. On ne peut donc que t'encourager vivement à partir à sa rencontre et ainsi partager un peu d'oisiveté en son agréable compagnie.
tracklisting
    1. Another Sunday Psalm
  • 2. A Softer Voice Takes Longer Hearing
  • 3. Fight For Everyone
  • 4. Tearing The Arches Down
  • 5. The Sober Scent Of Paper
  • 6. All I Have Seen
  • 7. Everyone Understands
  • 8. Life Is A Cabriolet
  • 9. One Man And His Fug
  • 10. Forever Shall We Wait
  • 11. We Go Together
  • 12. The Last In A Long Line
titres conseillés
    The Sober Scent Of Paper, Tearing The Arches Down, Forever Shall We Wait
notes des lecteurs
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