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White Lies

Big TV

White Lies - Big TV
Chronique Album
Date de sortie : 12.08.2013
Label : Fiction Records
35
Rédigé par Julien Soullière, le 7 août 2013
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2009, 2011, 2013. Comme placés sous le joug d’un métronome tyrannique, White Lies reviennent en ce milieu d’année pour travailler au corps une popularité toujours plus difficile à confirmer, quand elle n’est pas tout bonnement à acquérir : relativement confidentiel en France, comme dans d’autres pays d’ailleurs, le groupe anglais espère sûrement que Big TV lui permettra de gravir quelques marches supplémentaires, et de passer du statut de gentil imitateur à celui de mètre étalon.

Car en l’état, la meilleure façon de parler de White Lies, et donc de pointer du doigt un manque flagrant d’originalité, c’est d’user de comparaisons plus ou moins avantageuses, de plus ou moins bon goût aussi. Comment ne pas les voir comme des cousins germains et moins maniérés de The Killers ? Comme de fervents adeptes d’Echo & The Bunnymen, à qui ils auraient cru bon de tout emprunter à l’exception de leur sensibilité à fleur de peau ? Comme étant à Interpol ce que Mr. Hyde et au Dr. Jekyll ? Comme le remake assourdissant et bourré d’effets spéciaux de New Order?

Oui, White Lies, donnent dans le revival new-wave du genre grandiloquent, c’est comme qui dirait de l’esbroufe, de la musique spectacle, du prêt à réchauffer bruitiste, mais c’est aussi un sens inné de la mélodie et du rythme, et c’est là ce qui les maintient à flot.
Getting Even et There Goes Our Love Again nous avaient prévenus, Harry McVeigh et ses deux comparses ont toujours dans leurs poches quelques pincées de ce sel si goûtu qui avait divinement relevé des titres comme To Lose My Life ou Bigger Than Us, leur offrant ainsi une place de choix au rang des hymnes pompiers et autres plaisirs coupables. Si le clavier vintage fait parfois grincer des dents, et que la voix de McVeigh ne cesse de flirter avec la parodie tant elle est caverneuse, il y a toujours un riff de guitare saignant, un déferlement d'émotions, ou un refrain bien senti pour atténuer l'amertume éventuellement ressentie, pour que nous nous imaginions, le temps d’un concert du moins, sauter et lever les bras au ciel comme si notre propre vie en dépendait.

Et avec ce que Big TV comporte de bons moments, on n’aurait d’ailleurs plus grand-chose à faire pour charpenter une bien agréable setlist : exception faite de Space i (mais pourquoi les groupes actuels ont-ils un tel besoin d’interludes ?), la première partie de l’album n’est rien de moins qu’un bel enchainement de tubes. Alors, on connaissait déjà Getting Even et There Goes Our Love Again, mais des titres comme Mother Tongue ou First Time Caller n’ont rien à leur envier. En apparence inoffensif, le premier devient tout simplement imparable à l'occasion de refrains imposant l'urgence comme maître mot; plus calme, le second n’en reste pas moins savamment rythmé, sorte de valse étrange et joliment rehaussée par l'intervention d'un orchestre à cordes. Alors, si Change la douce est agréable, c'est quand il font parler la poudre que White Lies sont les meilleurs : dire que leur musique sait mettre l'ambiance est une vérité franchement difficile à contredire.

Plus jouissif que Ritual, Big TV permet donc aux White Lies de se remettre en selle, et devrait assez logiquement les aider à aller de l'avant. Parisiens, parisiennes, rendez-vous le 1er Décembre prochain au Trianon pour (re)découvrir le groupe sur scène !
tracklisting
    01. Big TV
  • 02. There Goes Our Love Again
  • 03. Space i
  • 04. First Time Caller
  • 05. Mother Tongue
  • 06. Getting Even
  • 07. Change
  • 08. Be Your Man
  • 09. Space ii
  • 10. Tricky To Love
  • 11. Heaven Wait
  • 12. Goldmine
titres conseillés
    Big TV, First Time Caller, Getting Even
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