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Metronomy

Love Letters

Metronomy - Love Letters
Chronique Album
Date de sortie : 10.03.2014
Label : Because Music
3
Rédigé par Cyril Open Up, le 11 mars 2014
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Peu avant le retour du printemps, les anglais de Metronomy amorcent donc leur retour. Le nom du groupe et le titre du disque, Love Letters, comme tamponnés au milieu d'une nuée de nuages rosés sont là pour nous mettre en garde. Non, cet album ne sera pas la prochaine « bible à danser ». Pourtant, après Nights Out, nombreux étaient ceux à avoir prédit une carrière toute tracée sur les sommets de la vague électro pop à nos compères. Depuis le changement de line-up opéré avec The English Riviera, le groupe a entamé sa mue. On est ainsi passé des rois du dancefloor aux petits princes du tube pour emballer.

A y regarder de plus près, ce nouveau disque est plutôt dans la lignée du précédent et pas seulement parce qu'on y parle de « riviera » dès le titre d'ouverture, comme pour mieux faire la transition entre les deux albums. Le thème abordé par cet opus est suggéré par son titre, chez Metronomy, l'amour se fait lentement et langoureusement. Le tempo s'en trouve donc ralenti. On laisse la bestialité au vestiaire. Certains grognons pourraient y ressentir de l'ennui mais cela serait aller un peu vite en besogne. Comment ne pas se laisser emporter par l'entêtant instrumental Boy Racers qui ravira les fans de la première heure ayant décroché après Pip Paine (Pay the £5000 You Owe) ? Les nappes de synthé s'y croisent, s'y entrecroisent puis s'y décroisent comme pour transporter nos esprits vers les coins les plus reculés de l'espace.

Le single I'm Aquarius, de bonne facture, reste bien en tête grâce aux répétitions conjuguées du titre de la chanson et des « shoo doo doo ah ». L'étrange et tranquille ode faite à la capillarité peroxydée de Connan Mockasin dans The Most Immaculate Haircut signe le sommet de la mélancolie nostalgique qui imprègne l'ensemble. La guitare jouée délicatement, le phrasé se tournant vers le côté désabusé, l'orgue, les bruits de baignade et de grillons entremêlés, tout cela donne la nette impression que cette chanson plonge dans le futur tout en ressassant des souvenirs ensevelis et non digérés.

Loin d'être parfait, ce disque possède cependant le charme de ses défauts. Alors, oui, Joseph Mount en fait trop sur le titre éponyme et sur Month Of Sundays en tentant de coller son timbre sur la voix du grand David Bowie période Ziggy Stardust. Sur The Upsetter, comme sur d'autres morceaux, alors qu'Anna Prior renforce désormais l'équipe derrière la batterie, c'est étonnamment une boîte à rythmes qui est mise en avant. Que penser également du désespéré Never Wanted dont le minimalisme et le manque d'entrain devraient faire quitter le navire à certains avant l'arrivée à bon port ? En cours de route, Reservoir relève cependant un peu le plat, se rapprochant le plus de ce que le groupe produisait par le passé et pourrait presque rejoindre la famille de tubes composée par Holiday, Radio Ladio et autre A Thing For Me.

Pas vraiment à la hauteur de ses prédécesseurs, tel le bon vin, ce quatrième effort mérite cependant d'être vieilli sous les coups du diamant de la platine ou bien le laser du lecteur pour mieux en délivrer sa relative saveur. Même si ce disque ne devait nous suivre que le temps d'un été, un peu comme un amour de vacances, nous devrions quand même en conserver quelques bons souvenirs.
tracklisting
    01. The Upsetter
  • 02. I'm Aquarius
  • 03. Monstrous
  • 04. Love Letters
  • 05. Month Of Sundays
  • 06. Boy Racers
  • 07. Call Me
  • 08. The Most Immaculate Haircut
  • 09. Reservoir
  • 10. Never Wanted
titres conseillés
    Boy Racers, I'm Aquarius, Love Letters, Reservoir
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