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Fink

Hard Believer

Fink - Hard Believer
Chronique Album
Date de sortie : 14.07.2014
Label : Ninja Tune
4
Rédigé par Emeline, le 10 juillet 2014
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Derrière sa relative discrétion médiatique, Fink, de son vrai nom Fin Greenall, ne chôme jamais. Et pour cause : c'est seulement un peu moins d'un an après avoir coffré son live avec l'Orchestre Royal du Concertgebouw que l'Anglais revient avec un nouveau disque studio, Hard Believer, dont on avait déjà pu avoir un aperçu ces dernières semaines avec la sortie du single éponyme, une folk-électronica hypnotique aux jolis accents jazzy.

En dix titres, le guitariste de Brighton revient titiller son instrument au service de mélodies profondes et célestes, toujours aussi progressives et intenses, lesquelles sont devenues sa véritable marque de fabrique. Aidé à l'écriture par les musiciens Tim Thornton (batterie/guitare) et Guy Whittaker (basse), l'artiste fait ici la part belle à une folk et un blues religieux et définitivement modernes.
Enregistré en dix-sept jours dans les mythiques studios Sound Factory à Hollywood et produit par Billy Bush (Garbage, Beck, Foster the People), Hard Believer oscille en permanence entre douceur et entrain, intimité et expressivité extrême, offrant autant de réveils matinaux que de sursauts énergiques, un peu comme si le calme précédait toujours la tempête...

A partir de voix graves et sensuelles, posées sur quelques accords de guitare acoustique, viennent régulièrement s'ajouter des boucles de chant et de choeurs et une horde d'instruments (piano, cordes, guitares électriques...) cimentant tout au long du disque de vraies tensions épiques et de beaux moments de dramaturgie et d'émotions. Il n'y a qu'à écouter la belle montée électrique et quasi post-rock de l'hymne Shakespeare ou l'élévation céleste mais contrôlée de Green And The Blue, beau morceau mid-tempo en apesanteur, ou encore le mystère permanent qui plane autour de Pilgrim, qui entraîne petit à petit l'auditeur dans des chemins de plus en plus sinueux, complexes et denses.

Plutôt que de s'écouter singulièrement, les titres, tour à tour épurés ou plus symphoniques, semblent faire partie d'un puzzle global et prennent toute leur dimension dans leur alliage les uns avec les autres. Toujours fidèle à sa base folk sur Keep Falling, chouette titre très lo-fi ou sur Truth Begins, une hymne solennelle aux longs chœurs réverbérés, Fink n'hésite pas à s'infiltrer aussi dans le dub et le trip-hop, comme sur White Flag, à la résonance et puissance rythmiques impeccables, tout en proposant de puissantes conclusions rock.

Hormis quelques titres un peu plus monotones, comme Two Days Later, à l'ambiance cinématographique saisissante, mais un peu répétitive, ou Too Late - dont on aurait aimé qu'ils aient tous deux un petit grain de folie ou de liberté supplémentaire dans leur construction -, ce nouveau Fink a de quoi vous faire vivre de grandes émotions cet été.
tracklisting
    01. Hard Believer
  • 02. Green and The Blue
  • 03. White Flag
  • 04. Pilgrim
  • 05. Two Days Later
  • 06. Shakespeare
  • 07. Truth Begins
  • 08. Looking Too Closely
  • 09. Too Late
  • 10. Keep Falling
titres conseillés
    Pilgrim, Shakespeare, Looking Too Closely
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