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Laura Marling

Short Movie

Laura Marling - Short Movie
Chronique Album
Date de sortie : 23.03.2015
Label : Virgin EMI
45
Rédigé par François Freundlich, le 18 mars 2015
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A seulement vingt-cinq ans, la vie de Laura Marling n'est pas un court-métrage puisque Short Movie est déjà son cinquième disque en sept ans. Une telle productivité force l'admiration, surtout quand on connaît la qualité de chacune de ses compositions. De cet album ressort l'évolution de la musique de Laura Marling vers l'indie rock avec l'introduction d'une production plus électrique mais aussi plus méticuleuse, qu'elle a elle-même dirigée. Son exil à Los Angeles y est surement pour beaucoup puisqu'elle explique que ce brouhaha constant qu'on entend dans cette mégalopole l'a fortement inspirée. De cette Californie où elle ne disait jamais qu'elle était cette chanteuse renommée, gagnante aux Brit Awards, et où personne ne la connaissait, elle a ramené un certain mysticisme et une rupture avec son habituelle solitude.

Laura Marling, c'est avant tout cette voix chaleureuse, brute et aérienne que l'on reconnaît immédiatement avec ces textes forts et poétique. Mais ce cocon folk en guitare acoustique/voix que l'on connaissait sur ses précédentes livraisons semble cette fois comme entouré d'un halo psychédélique. Dès l'ouverture sur Warrior où elle clame « I'm just a horse with no name », une légère reverb prolonge la voix et des échos lointains semblent adosser au titre des résonances spatiales. Short Movie marque un virage dans la carrière de Laura Marling avec des chansons plus rythmées, moins traditionnelles, dotée d'une batterie binaire et d'une voix moins sage, semblant s'énerver davantage. Elle fait pencher un psych-folk habituellement masculin vers son pôle aimanté féminin, comme une Patti Smith qui aurait vingt-cinq ans en 2015. Les ballades folk ne sont cependant pas oubliées et alternent avec des titres électriques. Elles s'imposent dans une grande délicatesse, portées par des arrangements de violons et violoncelles d'une profondeur incandescente.

On entre à nouveau dans les déliés complexes imposés par les doigts de Laura sur ses cordes, mais cette fois avec une clé différente, celle d'une dichotomie entre ces notes de guitare traditionnelles et cette touche pop sautillante. Sur False Hope, la guitare électrique prend le dessus pour aboutir à l'un des refrains les plus accrocheurs jamais composé par l'anglaise pour une exquise pop-song qui pourrait flirter avec les sommets des charts. Les compositions sont toujours de haut vol comme sur la folk introspective de Walk Alone ou la très brute Strange, qui semble avoir été enregistrée sur le moment, avec ce phrasé parlé. On ne reconnaît parfois plus du tout ce qui faisait Laura Marling, à part la voix, comme sur les instrumentations planantes de Don't Let Me Bring You Down. Le disque s'achève avec un lot de compositions fragiles et bouleversantes, tout simplement belles.

Laura Marling a changé d'apparence physique avec cette coiffure à la garçonne mais également de style musical. Short Movie fait encore plus entrer Laura Marling dans le cercle des grandes compositrices folk avec cet album qui assume son héritage pop. Si on pouvait parfois lui reprocher de tourner en rond, on a cette fois la preuve que l'anglaise n'est plus retenue par aucun carcan, proposant un disque teinté de sa liberté. Jusqu'où ira-t-elle ?
tracklisting
    01. Warrior
  • 02. False Hope
  • 03. I Feel Your Love
  • 04. Walk Alone
  • 05. Strange
  • 06. Don’t Let Me Bring You Down
  • 07. Easy
  • 08. Gurdjieffs’s Daughter
  • 09. Divine
  • 10. How Can I
  • 11. Howl
  • 12. Short Movie
  • 13. Worship Me
titres conseillés
    False Hope, Short Movie, Walk Alone
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