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Laura Marling

Once I Was An Eagle

Laura Marling - Once I Was An Eagle
Chronique Album
Date de sortie : 27.05.2013
Label : Virgin
45
Rédigé par Esther Vilar, le 11 juin 2013
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Once I Was An Eagle, un album très cinématographique. Au cinéma, il serait à la fois un film d'Almodovar et un western de Clint Eastwood. Laura Marling, on la connait de ses récompenses (un Brit Award et le prix NME de la meilleure artiste en 2011, ainsi que deux nominations au Mercury Music Prize).

Ses trois précédents albums l'ont révélée comme une artiste talentueuse, à la voix remarquable, mais aucun d'entre eux n'avait divulgué cette Laura Marling là. Pour son quatrième disque, la jeune anglaise nous propose seize morceaux. Sa durée s'explique par l'architecture des titres, celui-ci étant assemblé de sorte à suivre un itinéraire, celui des mille et unes vies vécues par la jeune femme qui voyage à travers elles par des assemblages de titres. Ainsi, on passe d'un drame andalou, à un désert du farwest puis une forêt vierge. Laura Marling se dévoile comme elle ne l'avait jamais fait, en femme libre, sombre et épatante.

Le morceau instrumental Interlude divise l'ensemble en deux parties. Deux parties bien distinctes. A l'image de sa pochette, Once I Was An Eagle est un disque du contraste, classieux, sobre en toute circonstance. On pourrait croire à un concept album. Quatre morceaux s'enchainent et posent pendant une quinzaine de minutes l'atmosphère de cette quatrième production menée par Ethan Johns (Kings Of Leon, The Vaccines) au studio Three Crows. Mais pas de concept album non, puisque les énonciations varient d'un morceau à l'autre, comme si plusieurs histoires s'entrelaçaient dans un même décor. L'aigle étant le symbole qui les relient entre eux.
Au cours de l'écoute, des titres se répondent, les histoires se croisent, mais parfois ne se retrouvent jamais. Fondations d'un édifice, les quatre premières perles du disque nous font rentrer par différentes portes dans l'album. Guitares sèches, bruitages (d'oiseaux), didjéridoo, violoncelle (celui de Ruth de Turberville, son amie de longue date), djembés, piano, autant d'arrangements autour de la voix de Laura Marling dont les paroles se détachent sur un phrasé doux et paisible.

Du haut de ses 23 ans, elle nous livre un disque ambitieux, d'une étonnante maturité, dans l'écriture des textes et la structure des titres. Elle crée de nouvelles sonorités, plus sombres que sur ses précédentes compositions, qui confèrent à son disque une dimension étrangement divine. Country, bluesy et folk, cet album hybride puise ses influences dans des esthétiques communautaires, des cultures urbaines. Laura Marling revendique une forme de liberté féminine à travers un son longtemps utilisé par la gente masculine. Pourtant, on ne peut pas parler de morceaux biographiques. Ses narrations relèveraient plus de la fiction que de confessions. C'est donc dans cette hybridation que Laura Marling réalise son album le plus fort, le plus rude et saisissant.

Voici précisément un disque qui s'écoute avec fluidité. Les morceaux s'enchaînent avec une grâce incontestable. On ne se lasse pas d'en percevoir les enchaînements subtils, de le réécouter. Quand une corde de guitare suffit à vous faire chavirer du premier au dernier titre sans décrocher d'une seule note, c'est que l'on tient là une œuvre épique.
tracklisting
    1. Take The Night Off
  • 2. I Was An Eagle
  • 3. You Know
  • 4. Breathe
  • 5. Master Hunter
  • 6. Little Love Caster
  • 7. Devil's Resting Place
  • 8. Interlude
  • 9. Undine
  • 10. Where Can I Go?
  • 11. Once
  • 12. Pray For Me
  • 13. When Were You Happy? (And How Long Has That Been)
  • 14. Love Be Brave
  • 15. Little Bird
  • 16. Saved These Words
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    Master Hunter, Undone, When Were You Happy ?
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