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The Wave Pictures

Bamboo Diner In The Rain

The Wave Pictures - Bamboo Diner In The Rain
Chronique Album
Date de sortie : 11.11.2016
Label : Moshi Moshi
45
Rédigé par Louise Beliaeff, le 16 novembre 2016
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On ne les arrête plus. The Wave Pictures dévoilent Bamboo Diner In The Rain, nouvel album qui vient s'ajouter à la quinzaine d'autres déjà sortis depuis leur formation en 1998. Pour une fois que la quantité s'allie avec la qualité, on ne va pas s'en priver.

Enfin un groupe simple. Ils sont trois : David Tattersall à la voix et à la guitare, Franic Rozycki à la basse et Jonny Helm à la batterie. Rien de plus classique comme configuration, et pourtant si rare en ce moment. Le power trio ne verse pas dans la musique moderne, refusant tout ajout de sons électroniques, de synthétiseurs et autres effets artificiels. Non, ce qu'ils recherchent, c'est le son du rock américain pur. Pas d'enrobage, pas de fioritures, pas de concepts alambiqués. Oh mais que vois-je ? Une pochette d'album où l'on voit les trois membres habillés normalement, leur instrument respectif dans les mains, de face, sous un figuier, esquissant un petit sourire. Quoi de plus simple et naïf. On ne perd pas cinq minutes à essayer de décrypter le graphisme.

Les Londoniens enregistrent tous les ans, voire deux fois par an. C'est normal, il attachent une grande importance à la spontanéité de leur musique et voient le travail en studio comme une continuité de leurs performances sur scène. Il faut que ça s'enchaîne au gré de leur inspiration. C'est sans doute grâce à cette spontanéité que le son « live » est très présent sur Bamboo Diner In The Rain. Chaque titre est ponctué d'un moment de grâce où la guitare fait son show. Les solos sur Panama Hat, Now I Want To Hoover My Brain Clean et H.D. Rider sont particulièrement magistraux. On ne peut même pas couper la transe de la guitare sur Panama Hat, elle s'éteint doucement en fade out. Les riffs sont souvent simples et puissants, comme celui de H.D. Rider qui s'apparente à une machine qui tourne en boucle jusqu'à l'explosion du solo.

L'ambiance oscille entre un rock US (ils revendiquent sans rougir leur goût pour la musique du continent américain) aux influences multiples et des rags très tranquilles, parfaitement bien écrits et exécutés. Du Neil Young période Keep On Rocking The Free World sur The Running Man, du Tom Waits dans les percussions de H.D. Rider, cu Morrissey ou Herman Düne dans la voix. Les rags Bamboo Diner Rag et Meeting Simone At The Airport sont des morceaux légers purement instrumentaux où la guitare dialogue avec le banjo, dans une alternance de couplets/refrains. Ces titres délicats démontrent l'incroyable talent des trois musiciens, l'importance qu'il porte à la minutie de l'écriture et un sens rare de la mélodie.

Dans un autre style, Hot Little Hand sublime le blues. Posé et émouvant, c'est un vrai coup de cœur jusqu'au dernier accord parfait étonnement lumineux qui éblouit après cinq minutes de mélancolie. The Wave Pictures ont le soucis du détail. On aime la finesse des harmoniques étouffées à la guitare dans les rags, on aime le bruit des baguettes laissés intentionnellement à la fin de Pool Hall, on aime les glissades « west coast » en bottleneck sur Bamboo Dinner In The Rain. En fait, on aime tout. Qu'ils continuent à cultiver cette simplicité. Qu'ils continuent à transcender la musique. Et surtout qu'ils viennent sur les scènes française, on les attend de pied ferme.
tracklisting
    01. Panama Hat
  • 02. Now I Want to Hoover My Brain Clean
  • 03. Bamboo Diner Rag
  • 04. Hot Little Hand
  • 05. H. D. Rider
  • 06. Newcastle Rain
  • 07. Pool Hall
  • 08. Meeting Simon at the Airport
  • 09. Bamboo Diner in the Rain
  • 10. The Running Man
titres conseillés
    Panama Hat, Hot Little Hand, Bamboo Diner In The Rain
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