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Editors

Violence

Editors - Violence
Chronique Album
Date de sortie : 09.03.2018
Label : [PIAS] Recordings
4
Rédigé par Julien Soullière, le 7 mars 2018
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Après Franz Ferdinand le mois dernier, c'est un autre groupe phare du milieu des années 2000 qui concrétise aujourd'hui son grand retour, non sans entraîner dans son sillage les sempiternelles questions autour du renouveau et de la pertinence. Décontenancés à l'écoute de Magazine, ravigotés ensuite par l'orageux Hallelujah (So Low), c'est avec curiosité que nous avons débuté l'écoute du nouvel opus d'Editors.



L'album en lui-même est un incroyable paradoxe. Baptisé Violence, il a été conçu avec l'aide de Benjamin John Powers, qui sous le doux nom de Blanck Mass, a publié ces dernières années des travaux aussi irrésistibles que tempétueux. Mais curieusement, le dernier-né d'Editors est de loin le moins solennel de tous (la version remaniée de No Sound But The Wind étant sans doute le titre le plus convenu de ce point de vue), au point même de nous donner l'envie subite de danser lorsque résonnent les refrains de Nothingness, Magazine, ou encore Counting Spooks, qui de titre méchamment guindé se mue en une machine à danser 80's chic et aérienne. Il y a des signes qui ne trompent pas, et il est vrai que depuis An End Has A Start, jamais plus un disque d'Editors n'avait démarré par un titre autant pétri d'espoir que Cold. En parlant de titre d'ailleurs, on ne résiste pas à la tentation de pointer du doigt ce franc décalage entre les noms des morceaux ici proposés, et la tonalité générale de ce nouvel album.

L'influence de Blanck Mass n'est pas une chimère pour autant. Omniprésente, elle se traduit par une utilisation appuyée des synthétiseurs, un son qui gagne en amplitude et retrouve en urgence, et par des sautes d'humeur qui amènent un morceau d'apparence très calme comme Magazine à, soudain, déployer ses ailes. Cette influence est également palpable à l'écoute du dernier tiers de Violence, fiévreux et purement instrumental, ou encore du morceau le plus cinglant jamais écrit par Editors, un Hallelujah (So Low) dont la puissance vous évoquera sans peine le Muse de la belle époque. Car oui, et bien qu'elles n'aient plus la priorité désormais, les guitares se font entendre sur Violence.



Avec ce nouvel opus, Editors assument pleinement le chemin parcouru depuis leurs débuts en 2005. Partis pour promouvoir l'héritage de Joy Division, les voilà hérauts d'une cold wave plus pop et à la noirceur mesurée, sur lequel Elliott Williams semble avoir heureusement pesé (il y a comme des relents d'Airship sur Belong et Darkness At The Door). Après les passages à vide qu'ont été The Weight Of Your Love et In Dreams, et plutôt que d'en revenir à un rock binaire et ténébreux, le groupe a préféré aller de l'avant, et contre toute attente, signe un retour robuste, cohérent et stimulant. Editors ont visiblement retrouvé l'envie et la vélocité qui leur faisaient tant défaut depuis quelques temps. Vivement la suite.
tracklisting
    01. Cold
  • 02. Hallelujah (So Low)
  • 03. Violence
  • 04. Darkness At The Door
  • 05. Nothingness
  • 06. Magazine
  • 07. No Sound But the Wind
  • 08. Counting Spooks
  • 09. Belong
titres conseillés
    Nothingness, Counting Spooks, Belong
notes des lecteurs
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